Les douches vaginales aggraveraient le risque de souffrir d’un cancer des ovaires

· 2 novembre 2016
Même si vous pensez qu'elles vous apportent davantage d'hygiène, les douches vaginales éliminent la barrière naturelle qui protège cette zone et nous rendent donc plus fragiles face à certains problèmes de santé.

De nombreuses études se sont penchées ces dernières années sur la relation entre les douches vaginales et les infections, les inflammations et les grossesses ectopiques.

Cette pratique hygiénique serait également en lien avec l’augmentation du cancer du col de l’utérus, une diminution de la fertilité, un plus grand risque de contracter le VIH et d’autres maladies sexuellement transmissibles.

En partant de cette base, les études scientifiques ont fait un pas en avant en observant les effets des douches vaginales sur le développement du cancer ovarien.

Les chercheurs sont même parvenus à déterminer que ces douches vaginales pouvaient doubler le risque de survenance de ce type de cancer.

Voyons plus en détails les résultats de ces enquêtes dans la suite de cet article.

“Sister Study”, l’étude à l’origine de cette découverte

pommeau-de-douche-500x349

Ce projet dédié à la santé des femmes est sous-titré : « De femme en femme, de sœur en sœur, faisons la différence« .

La « Sister Study » est donc à l’origine de cette découverte fondamentale dans la lutte contre le cancer des ovaires.

Son plan de départ est fascinant, car il alterne plusieurs pistes de recherches sur la santé des femmes, dans le but d’en savoir plus sur certaines pathologies et de développer des méthodes de prévention efficaces.

La revue Epidemiology s’est faite l’écho des résultats de cet étude qui, depuis 2003, a observé et suivi plus de 41 000 femmes aux États-Unis et à Porto-Rico.

Toutes ces femmes ont entre 35 et 74 ans, mais ce n’est pas leur seul point commun, car elles ont toutes une sœur qui a développé un cancer du sein.

En juillet 2014, 154 cas de cancer des ovaires ont été détectés, mais le chiffre a doublé lorsque les scientifiques ont ajouté au compte total les femmes qui faisaient des douches vaginales.

Étonnés par les résultats, les scientifiques ont isolé les femmes qui n’avaient pas de gênes les prédisposant à souffrir d’un cancer du sein, ce qui a permis de renforcer le lien entre les douches vaginales et le cancer des ovaires.

Nous vous recommandons également : Selon une étude, cet « aliment » pourrait nous protéger contre le cancer du sein

femme-probleme-vaginal-500x277

En quoi les douches vaginales consistent-elles ?

Les douches vaginales utilisent des mélanges de produits antiseptiques et de parfums qui ont pour objectif de nettoyer et de rafraîchir le vagin.

Elles sont vendues sous différentes présentations, par exemple avec des applicateurs qui permettent de propulser le liquide à l’intérieur de la zone intime des femmes.

Mais une douche vaginale peut aussi consister à appliquer directement un jet d’eau à l’intérieur de cette partie du corps de la femme.

Si le vagin se nettoie de manière naturelle, toutes les femmes ont tendance à lui appliquer de l’eau abondamment et à utiliser des produits d’hygiène intime vendus dans les pharmacies et vantés par les médias.

Voir également : 9 mesures à prendre pour éviter les infections vaginales

Même si elles sont de plus en plus déconseillées, ces douches vaginales sont en vente libre dans le commerce, ce qui entraîne de nombreuses femmes à les utiliser sans supervision médicale.

Même si elles apportent assurément une sensation de fraîcheur et de propreté apparente, elles nuisent au pH naturel du vagin et altèrent son équilibre naturel.

Ainsi, selon les différentes études citées, une utilisation répétée des douches vaginales favorise :

  • Le développement de bactéries dangereuses
  • Les infections
  • La pénétration de bactéries dans l’utérus, les trompes de Fallope et les ovaires
  • Le cancer des ovaires

Alors que la plupart des médecins déconseillent le douches vaginales, de nombreuses femmes continuent à les utiliser car elles seraient censées leur apporter de nombreux bienfaits, comme une meilleure hygiène par exemple.

Voilà pourquoi il est nécessaire que la prévention fasse son travail et que les femmes soient mieux informées sur le sujet.

zone-intime

Les pratiques alternatives aux douches vaginales

L’ampleur du phénomène est préoccupante : bien qu’elles soient déconseillées par de nombreux professionnels de santé, de nombreuses femmes continuent à utiliser quotidiennement des douches vaginales.

Nous sommes toutes en mesure de comprendre les motivations qui nous poussent à les intégrer dans notre routine quotidienne.

Que ce soit pour la sensation de fraîcheur et de propreté, ou à cause de la fausse croyance selon laquelle « les produits vendus en pharmacie ne peuvent pas nous faire du mal« , elles nous apparaissent inoffensives et bénéfiques.

Pourtant, nous devons réaliser certaines choses à leur sujet et sur notre hygiène intime.

  • Nous devons prendre conscience que cette pratique n’est pas nécessaire et qu’elle est malsaine.
  • Nous devons éviter de les utiliser sauf si elles nous sont explicitement recommandées par un gynécologue professionnel.
  • Nous devons changer de sous-vêtements tous les jours pour avoir une bonne hygiène.
  • Nous ne devons pas humidifier notre vagin de manière artificielle.
  • Nous devons opter pour une alimentation saine et faire de l’exercice pour avoir un vagin sain.
  • Nous devons laisser notre vagin se nettoyer seul et ne jamais lui introduire quoi que ce soit, ne serait-ce qu’un filet d’eau.
  • Nous devons nettoyer la zone extérieure de notre vagin avec de l’eau tiède et un savon neutre, adapté spécialement au soin de cette zone.
  • Nous n’avons pas besoin de faire cela plus d’une fois par jour. Lorsque vous urinez, contentez-vous de sécher la zone avec du papier hygiénique, sans utiliser l’eau d’un bidet par exemple.

REMARQUE AU LECTEUR : Ces information sont essentielles pour toutes les femmes, mais nous ne devons pas oublier que les études scientifiques ne font que mettre en exergue les pratiques les plus saines pour notre santé générale.

Cela ne vous dispense pas de consulter régulièrement votre gynécologue pour en savoir plus sur ces pratiques et pour connaître les bons gestes qui sont adaptés à votre corps en particulier.