Marieke Vervoort, l’athlète paralympique qui a prévu son euthanasie

· 18 novembre 2016
Après lui avoir diagnostiqué sa maladie, les médecins ont recommandé à Marieke Vervoort de se maintenir active. Elle a trouvé dans le sport une raison d'aller de l'avant. Avec celle obtenue à Rio, elle compte désormais trop médailles paralympiques.

Marieke Vervoort est une combattante. Cette athlète belge de 37 ans a prévu son euthanasie, ou suicide assisté, en 2008.

Même si elle ne voulait pas le faire immédiatement, elle savait qu’un jour elle ne supporterait plus la souffrance. Ce geste lui permet de garder le contrôle sur sa propre mort.

Nous savons tous que nous ne pouvons pas contrôler tout ce qui se passe dans notre existence : les maladies, les accidents, les événements inattendus, etc. Ce sont des coups qui nous frappent, qui nous changent et qui nous mettent à l’épreuve.

Nous ne pouvons pas choisir ce que la vie nous réserve, mais nous pouvons décider de la manière dont nous allons mourir.

Marieke Vervoort a rouvert avec fracas le débat sur l’euthanasie, car une rumeur a circulé sur le fait qu’elle mettrait fin à ses jours juste après les Jeux Paralympiques de Rio de Janeiro.

Mais rien n’est moins sûr. Ce n’est pas encore son heure. Les propos pleins de courage, de sagesse et de sensibilité de Marieke ont impressionné tout le monde.

Que nous soyons d’accord ou pas avec l’euthanasie, l’unique chose que mérite cette femme est notre profond respect et notre plus grande admiration.

Dans la suite de cet article, nous allons vous raconter son histoire.

La dernière course de Marieke Vervoort

Marieke Vervoort croque la vie à pleines dents. Chaque jour nouveau, chaque image, chaque son est une bouffée d’oxygène.

  • Elle pratique l’athlétisme, le char à voile et, avant que sa maladie ne réduise sa mobilité, elle était triathlète. Il nous faut signaler qu’en plus de sa médaille d’argent obtenue aux Jeux de Rio en 2016, elle a d’autres titres dans son armoire à trophées.
  • Elle a participé aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012, en y obtenant une médaille d’or et une médaille d’argent.
  • Elle a gagné toutes les compétitions de son pays. Son titre le plus prestigieux, selon elle, est celui qui lui a été décerné par l’Association Flamande des Journalistes Sportifs, qui a reconnu ses efforts, son caractère et le modèle qu’elle représente pour les autres.

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Cependant, Marieke Vervoort a assuré qu’elle avait bien couru sa dernière course aux Jeux Paralympiques de Rio.

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Sa maladie dégénérative

Marieke souffre d’une maladie musculaire dégénérative qui l’a clouée dans un fauteuil roulant à un âge précoce.

Son problème ne réside pas tant dans son invalidité, mais plutôt dans la souffrance physique qu’elle ressent au quotidien.

  • Cela fait plus de 20 ans qu’elle lutte quotidiennement contre cette pathologie, et son corps répond de moins en moins à ses commandements.
  • Elle souffre de vertiges, de crises d’épilepsie, de douleurs importantes et elle perd peu à peu la vue. Elle n’a plus que 20% de sa vue originelle. Dans quelques mois, voire quelques années, elle sera totalement plongée dans l’obscurité.
  • Sa vie n’est que le récit d’une invalidité grandissante, d’une déconnexion lente mais inexorable de son corps qui va peu à peu lui ôter la vie.

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L’euthanasie

Marieke sait depuis longtemps ce qui va lui arriver. Après avoir été diagnostiquée, elle a immédiatement pensé au suicide, comme elle a pu le raconter à la presse.

Cependant, il s’est produit quelque chose qui lui a redonné de l’espoir.

  • Ses médecins lui ont recommandé de faire du sport pour améliorer sa qualité de vie. Le sport est une question de lutte et de survie, ce qui collait parfaitement à la personnalité de Marieke. Elle avait dès lors trouvé une motivation pour aller de l’avant.
  • Elle a commencé par jouer au handibasket. Plus tard, elle a essayé la plongée et la natation, mais c’est dans le triathlon qu’elle est parvenue à se retrouver. C’est ce sport qui lui a apporté ses premières médailles et le début d’une reconnaissance qui n’allait faire que grandir.
  • En 2006, elle est devenue championne du monde de para-triathlon, un titre qu’elle est parvenue à conserver l’année suivante.

Cependant, en 2008, sa maladie s’est aggravée à un point tel qu’elle a dû abandonner le triathlon. Ce fut un nouveau coup dur dans la vie de Marieke, mais son histoire intéressait beaucoup son pays, et elle fut invitée sur de nombreux plateaux de télévision pour la raconter.

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Marieke Vervoort se plia à l’exercice médiatique. Elle a également publié un livre « Wielemie, du sport pour la vie« . Mais c’est également à cette époque qu’elle prépara une autre étape de sa vie : elle signa les papiers nécessaires à son suicide programmé.

Son corps ne pouvait plus lui permettre de pratiquer sa discipline favorite, et elle savait à ce moment précis qu’elle ne pourrait plus voir dans quelques années.

Son heure n’est pas arrivée, mais elle arrivera

Après avoir laissé de côté le triathlon, Marieke se lança dans le char à voile, un sport où des véhicules se déplacent rapidement grâce à l’action du vent. Elle devint vice-championne du monde la discipline en 2011.

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Elle se lança ensuite dans une autre discipline : l’athlétisme. Après avoir été acceptée dans la catégorie paralympique T-52, elle pulvérisa littéralement tous les records d’Europe.

  • Ses succès aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012 furent un grand moment de bonheur pour elle. Elle avait à nouveau une raison de vivre, de supporter cette douleur qui ne la laissait pas tranquille au quotidien.
  • Aujourd’hui, elle ne peut dormir que par phases de 10 minutes, tant les douleurs qu’elle ressent sont puissantes.
  • Ses crises d’épilepsie ne font également qu’empirer. Elle sait que son corps est en plein déclin, mais elle essaye tout de même de continuer à profiter de la vie.
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Lorsqu’elle ne pourra plus voir, lorsque son corps ne sera plus qu’une immense souffrance et que sa paralysie sera totale, elle dira adieu à ce monde dans la dignité. L’euthanasie n’est pas une reddition. C’est le repos des justes.

Elle a déjà choisi le contexte de ses funérailles : ses cendres seront dispersées dans la mer à Lanzarote, aux Iles Canaries en Espagne.

Elle veut que les siens se souviennent d’elle comme d’un sourire, car c’est la dernière chose qu’elle veut laisser avant de se reposer en paix. Sans plus jamais souffrir.