Test anticorps anti-nucléaires : comment procéder et à quoi sert-il ?

Le test anticorps anti-nucléaires est l'un de ceux qui s’utilise le plus en consultation médicale, tant en rhumatologie qu'en médecine générale. Il se réalise auprès de patients chez lesquels une maladie auto-immune est suspectée.
Test anticorps anti-nucléaires : comment procéder et à quoi sert-il ?

Dernière mise à jour : 26 août, 2021

Les maladies auto-immunes sont celles qui surviennent parce que le système immunitaire reconnaît comme étrangers les propres tissus. Le lupus, la sclérodermie et la polyarthrite rhumatoïde en sont quelques exemples.

Nombre de ces pathologies produisent des symptômes similaires. Le test anticorps anti-nucléaires peut donc aider à réaliser un diagnostic précis. Nous vous expliquerons donc en quoi il consiste et comment il se réalise.

Que sont les anticorps anti-nucléaires ?

Les anticorps sont des protéines qui produisent les globules blancs du système immunitaire. Ils se chargent de reconnaître les molécules d’agents externes potentiellement agressifs pour l’organisme. Par exemple, les micro-organismes infectieux.

De sorte que les anticorps reconnaissent les particules étrangères et déclenchent des réponses pour combattre l’infection. En d’autres termes, ils déclenchent le processus inflammatoire. Le problème est que des mauvais anticorps sont parfois synthétisés. Ils reconnaissent les molécules normales dans le corps comme étrangères. C”est pourquoi nous les connaissons également sous le nom d’auto-anticorps.

Selon une publication de l’American College of Rheumatology, les anticorps anti-nucléaires (ANA) sont ceux qui attaquent les protéines du noyau des propres cellules. La plupart des personnes possèdent des auto-anticorps en petites quantités.

Une concentration d’anticorps anti-nucléaires haute indique par ailleurs généralement une maladie auto-immune. De sorte qu’ils constituent l’un des aspects principaux du diagnostic de ces pathologies.

Comment se déroule le test anticorps anti-nucléaires ?

Le test anticorps anti-nucléaires est relativement simple ; au moins pour le patient. Cela nécessite un échantillon de sang, comme s’il s’agissait d’une analyse conventionnelle. Si la seule chose que vous souhaitez étudier est la présence des anticorps, il n’est pas nécessaire de jeûner au préalable.

L’échantillon se réalise généralement dans le bureau d’une infirmière ou directement au laboratoire d’analyse. Une sorte de bandage compressif se place sur le bras pour localiser facilement la veine. L’aiguille est insérée et une petite quantité est retirée.

Le patient doit ensuite appuyer sur la zone de ponction pendant quelques minutes avec une gaze stérile. Le sang est alors envoyé au laboratoire, où il est analysé avec le test fluorescent des anticorps anti-nucléaires.

Il s’agit d’une méthode qui permet de colorer les anticorps. Ils s’observent au microscope afin de déterminer l’intensité de ladite fluorescence et à qu’elle pathologie elle appartient.

Des analyses de sang.
En soi, il s’agit d’un test de laboratoire qui a lieu après une prise de sang du patient.

Quand le test anticorps anti-nucléaire est-il nécessaire ?

Le test anticorps anti-nucléaires s’utilise pour orienter le diagnostic des maladies auto-immunes. Par exemple, en cas de suspicion de lupus, de polyarthrite rhumatoïde ou de sclérodermie.

Comme l’expliquent les spécialistes de la Mayo Clinic, le test anticorps anti-nucléaires ne confirme pas spécifiquement le diagnostic. Il permet toutefois d’orienter le processus et le protocole. Ceci est utile car de nombreux pathologies présentent des symptômes très similaires et non spécifiques, tels que la fatigue et les douleurs articulaires.

Le diagnostic est pratiquement exclu lorsque les anticorps anti-nucléaires sont négatifsCependant, s’ils sont positifs et avec des titres élevés, cela alerte sur la probabilité d’être en présence d’une maladie auto-immune.

Ce test est particulièrement fiable pour évaluer le lupus. Plus de 95% des personnes atteintes de la maladie sont positives. En tout état de cause, de nombreuses personnes en bonne santé (jusqu’à 15%) présente une  certaine quantité de titre.

De sorte que les résultats doivent se considérer dans le contexte du bilan clinique du patient. De plus, d’autres tests sont souvent nécessaire pour aider à confirmer le diagnostic ou obtenir davantage d’informations.

Les anticorps se quantifient en titres, qui s’obtiennent en créant des dilutions de ces derniers dans des solutions salines. C’est-à-dire que le sang est mélangé et différents tubes sont créés en fonction de la dilution (par exemple, 1 partie de sang pour 40 parties de solution saline).

Le résultat se considère comme positif si le sang a été dilué dans 160 parts de solution saline et qu’il subsiste encore des valeurs d’anticorps. En outre, le test informe également du modèle auquel les anticorps se rapportent.

Risques et erreurs possibles

Les principaux risques du test anticorps anti-nucléaires proviennent d’une mauvaise interprétation. Que l’on considère qu’il n’y a pas d’auto-anticorps lorsque l’on obtient un résultat négatif. Cela entraîne alors l’exclusion de maladies auto-immunes.

Certains aspects doivent toutefois être considérés lorsque le résultat est positif. Jusqu’à 37% des personnes en bonne santé de plus de 65 ans présentent des titres. Les infections, en particulier celles résultant de virus, peuvent également provoquer des faux positifs. Il en va de même avec certains types de cancer et leurs médicaments.

Il est essentiel que le titre anticorps soit en corrélation avec les symptômes et l’examen physique. Des tests de quantification des immunoglobulines totales ou le test du complément se prescrivent souvent pour réduire les risques d’erreur et comparer les résultats.

Une femme qui souffre de rosacée.
Bien que le lupus soit la maladie classique associée aux anticorps antinucléaires, il existe d’autres maladies auto-immunes qui s’étudient avec cette méthode.