Je préfère gêner avec la vérité qu’éblouir avec des mensonges

1 juin 2016
Lorsqu'on dit la vérité, nous devons le faire selon les règles du respect, toujours avec tact pour que notre interlocuteur ne se sente pas attaqué par nos mots.

La fausseté fait partie de notre vie et de la société. Pour beaucoup, c’est un mode de survie et d’intégration.

À l’inverse, pour d’autres, c’est une dimension que l’on préfère éviter car cela amène plus de problèmes qu’autre chose.

Selon une étude menée par le psychologue social Robert Feldman, 60% des personnes sont capables de dire 3 mensonges par jour. Certains sont inoffensifs et d’autres, bien sûr, sont bien plus sérieux.

Le mensonge, la trahison et la fausseté sont des attitudes très fréquentes chez les personnes qui nous entourent. Nous en protéger n’est pas si simple, tout comme pratiquer la sincérité qui dans bien des cas, a tendance à gêner plutôt qu’à plaire.

Cela vous est arrivé ? Nous vous invitons à réfléchir à cela.

La fausseté, un instinct de survie à double tranchant

Jean-Paul Sartre disait que : « Quiconque est authentique, assume la responsabilité d’être ce qu’il est et se considère comme étant libre d’être ce qu’il est ».

C’est une grande phrase qui nous invite à penser à la difficulté de toujours dire la vérité. Lorsque nous sommes sincères, comme nous le dit Sartre, nous devons être responsable de ce que nous disons et faisons.

Dire à un collègue de travail, par exemple, que son comportement est gênant et qu’il nous empêche d’être productif, peut faire qu’il ne nous parle plus voire pire, que d’autres collègues nous critiquent car nous avons été trop sincères.

Le simple fait de devoir se taire à chaque chose qui nous fait du mal ou nous gêne suppose de vivre en infériorité. On préfère le mensonge ou le silence à la gêne ou au déséquilibre que l’on pourrait générer en disant la vérité.

Pourtant, ce n’est pas une bonne chose.

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L’usage des mensonges pour se sentir accepté

Parfois, nous avons le sentiment que la société paraît nous imposer de mentir pour mieux nous adapter et ainsi nous sentir accepté.

  • Peu à peu, nous finissons par donner une image si différente de nous-même que nous ne nous reconnaissons plus, et cela suppose une source de stress et de douleur émotionnelle que nous devrions tous pouvoir gérer.
  • Nous évitons de dire certaines choses à nos proches car nous savons qu’ils ne vont pas accepter la critique de manière constructive.
  • Il y a ceux qui disent des mensonges sur eux-mêmes pour se sentir accepté (très fréquent, par exemple, chez les adolescents).
  • Nous mentons sur nos goûts face à certaines personnes pour ne pas nous sentir rejeté, nous utilisons la fausseté dans les fêtes ou dans les réunions sociales pour nous « harmoniser » avec le reste, même si cela ne nous plaît pas.

Ce sont des pratiques que nous avons tous adoptées plus d’une fois et à long terme, qui nous ont fait du mal. C’est pour cela qu’il arrive toujours un moment où nous refusons de continuer à avoir ce type de comportement.

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Parfois, l’usage constant de la sincérité nous apporte aussi des problèmes

Dire la vérité sans anesthésie et sans avertissement, fait mal. Lorsque l’on utilise la sincérité, il est nécessaire de le faire avec tact, modération et intelligence.

  • Nous ne pouvons pas, un beau jour, dire à notre conjoint que nous ne l’aimons plus. La vérité soudaine fait mal et c’est pour cela qu’il est préférable de l’utiliser au quotidien (ce qui s’est passé ne m’a pas plu, je me rends compte que les choses ne vont pas bien entre nous…)
  • L’usage de la sincérité n’est pas quelque chose que tout le monde accepte. De fait, il est possible que vous même l’ayez expérimenté dans votre propre chair : quand vous dites une vérité, on peut vous rétorquer que vous êtes égoïste ou insensible.
  • Tout comme la fausseté, la sincérité est une arme à double tranchant. Utiliser la vérité dans toutes les sphères de notre vie nous amène des conséquences inattendues.

Cependant, comme on dit souvent dans ces cas, si notre conscience est tranquille et que nous nous sentons bien (et même libérés), cela en aura valu la peine.

La vérité doit être utilisée avec intelligence, et non pas comme une arme d’agression

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Tout comme la fausseté fait du mal, la sincérité la plus crue peut aussi amener des conséquences douloureuses qu’il est préférable de savoir gérer.

Vous connaissez sûrement quelqu’un qui se vante d’être très sincère. C’est la personne typique, qui n’est pas mauvaise langue, mais qui est toujours en train d’attaquer (Marie est de plus en plus grosse, tu sembles de plus en plus bête, ce que tu as fait est ridicule…).

  • Nous sommes capables d’offrir une vérité qui « nous permet d’élever les autres » et non pas de les humilier. 
  • L’usage de la vérité doit nous permettre d’être libres de ceux qui nous font du mal et de mettre des limites à notre vie mais, nous devons être capable de l’utiliser avec respect.

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Parfois, nous gênons avec notre sincérité, c’est évident. Cependant, la gêne ne doit jamais être une agression, mais un chemin sur lequel chacun respecte le chemin des autres dans une vie en commun paisible.

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