Deux hôpitaux espagnols essaient un nouveau médicament espagnol contre le cancer

Il a été testé sur des patient-e-s souffrant de tumeurs avancées, mais ce nouveau médicament d’administration locale pourrait également être utilisé pour combattre le cancer dès sa première apparition.

Selon de recettes nouvelles, deux hôpitaux espagnols sont en train de tester un médicament 100% espagnol contre le cancer.

Le nouveau traitement va être testé sur un maximum de 24 personnes souffrant de tumeurs solides et ayant un mauvais pronostic.

La première phase dans cette recherche contre le cancer

Les recherches sont menées à l’hôpital Gregorio Marañón et à la Clinique Universitaire de Navarre.

Lors de la première phase de ce traitement contre le cancer, cinq patient-e-s souffrant de tumeurs et avec un mauvais pronostic pour qui d’autres traitements n’ont pas fonctionné ont déjà commencé à être traité-e-s avec ce médicament (BO-112). 

Ces 5 patient-e-s seront les premier-ère-s d’un groupe d’entre 12 et 14 malades oncologiques qui participeront à la première phase de cet essai clinique.

Voir également : Des études prouvent la relation entre la dépression et le cancer

Un médicament d’origine espagnole

Ce médicament est né dans le Centre Médical de Recherches Oncologiques (CNIO) et se développe dans les centres sanitaires de Madrid et de Pampelune.

Bien qu’il s’agisse d’un médicament espagnol, il ne tardera pas à s’internationaliser.

  • Quant au délais, les premiers résultats des études pourront être connus en juin. 
  • Pendant ce mois, sera célébré le prochain congrès de l’Association Américaine du cancer, le premier rendez-vous où sont présentées les principales avancées en Oncologie.
  • Sa commercialisation pourrait début dans 3 ou 4 ans.

L’immunothérapie

Il s’agit d’un des processus qui est en train de révolutionner le traitement de certains cancers.

Au lieu de lutter directement contre les cellules tumorales comme le fait la chimiothérapie classique, on attaque les maladies avec les défenses naturelles de l’organisme. 

Ainsi on stimule non seulement le système immunitaire, mais on lui apprend également à identifier les cellules malignes.

Avec l’entraînement adapté, nos défenses naturelles pourront continuer d’agir contre la tumeur. L’immunothérapie arrive à réduire la tumeur avec moins d’effets secondaires en réduisant les dommages collatéraux sur les tissus sains.

Grâce à ces progrès on change peu à peu le pronostic des tumeurs comme le mélanome et le cancer du poumon.

Typologie des tumeurs pour un médicament espagnol

Il existait déjà sur le marché plusieurs médicaments d’immunothérapie et ce nouveau médicament espagnol développé par le CNIO vient s’ajouter à la liste.

En principe il a été développé pour des tumeurs solides (cancer du sein, du poumon, de l’ovaire, du foie, le mélanome, cancer endocrinien, sarcomes…) qui sont les plus fréquents.

Lors des essais réalisés, on a choisi des patient-e-s avec des tumeurs palpables et accessibles au mauvais pronostic (parmi eux les mélanomes avec des métastases cutanées).

En ce qui concerne l’administration des médicaments, elle se fera par une injection directe dans la tumeur, guidée par échographie, pour y déposer localement le médicament. 

Détails sur le nouveau médicament

Cette thérapie espagnole va être testée chez des patient-e-s qui ont déjà reçu, sans succès, tous les traitements disponibles, ainsi que d’autres formes différentes d’immunothérapie.

Une fois que ce nouveau médicament contre le cancer montrera son efficacité, il pourra être utilisé sur des formes précoces de la maladie, même avant de devoir passer par une chirurgie.

Le nom du médicament, BO-112, dénomination précédent sa future commercialisation, nous suggère déjà qu’il s’agit d’un produit en phase expérimentale. Toutefois, les attentes sur les résultats qu’il peut avoir sont hautes.

Il serait le premier médicament à combiner deux voies d’action avec un fort potentiel contre le cancer : l’immunothérapie et ce qu’on appelle l’autophagie, un mécanisme qui a reçu le Nobel de Médecine en 2016 par le japonais Yoshinori Ohsumi.

Ce médicament espagnol n’a pas de raison de fonctionner en solitaire. Il pourra être combiné à l’avenir avec d’autres immunothérapies. On est également en train d’essayer ces options lors de différents essais cliniques.

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Un projet entre le public et le privé

Ces essais sont une excellente preuve de ce que peut être une collaboration public-privé.

En 2010, le Centre National de Recherches Oncologiques (CNIO) a donné la licence du médicament à une entreprise espagnole émergente, une petite biotechnologie qui est née précisément de cet accord, Bioncotech.

Ces recherches, réalisés au CIO, ont été dirigées par Marisol Soengas, chef du groupe des mélanomes de Bioncotech.

D’après ses mots : « Nous les scientifiques nous n’avons en général que peu d’opportunités de voir les résultats en laboratoires s’approcher directement des patients. Cet essai clinique est le fruit des efforts de la collaboration des chercheurs de plusieurs disciplines, avec une équipe fantastique à la tête de Bioncotech. Depuis le CNIO nous sommes très fiers de cette grande avancée. »

Comme nous l’avons vu, les résultats de ces essais seront présentés lors du plus grand congrès d’oncologie du monde, celui de la Société Américaine d’Oncologie Clinique (ASCO), célébré à Chicago, du 2 au 6 juin.