Un simple test sanguin pourrait permettre de localiser les tumeurs

· 13 mai 2017
Grâce aux changements qui se produisent dans l'ADN des cellules cancéreuses qui passent dans notre flux sanguin, un simple test pourrait nous permettre de détecter les tissus touchés par des tumeurs dans les années à venir.
La détection précoce du cancer est l’un des principaux objectifs de la communauté médicale pour pouvoir lutter efficacement contre cette pathologie.
Malgré les avancées de la science, il demeure toujours extrêmement difficile d’établir un diagnostic précoce et précis de la maladie, même lorsque sa présence est fortement suspectée.

De nos jours, des examens cliniques et des tests divers existent et nous permettent d’identifier la présence de cellules malignes, notamment lorsque le cancer est dans une phase très avancée.

Les analyses de sang donnent d’excellents résultats à ce niveau, car elles permettent d’identifier l’ADN modifié que libèrent les cellules tumorales qui meurent dans notre flux sanguin.

Cependant, c’est un test très superficiel, car il ne nous permet en aucun cas de savoir où se trouve la tumeur.

Mais ce test pourrait pourtant devenir l’un des plus importants dont nous disposons, grâce aux travaux d’un groupe de bio-ingénieurs de l’Université de Californie de San Diego, aux Etats-Unis.

Ces experts sont parvenus à mettre au point un tout nouveau type de test sanguin qui, en plus de détecter la présence d’un cancer, peut permettre de le localiser précisément dans l’organisme.

Ce nouveau test promet donc d’établir un diagnostic précoce et précis du cancer, évitant ainsi aux patient-e-s d’avoir à se soumettre à des procédures chirurgicales très invasives.

L’étude

Les bio-ingénieurs de l’Université de Californie ont donc développé un tout nouveau test sanguin qui, à la différence des tests existants, permet de détecter un cancer de manière plus précoce et plus précise.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Nature Genetics. Ils expliquent en quoi ce nouveau test peut devenir l’une des clés les plus importantes dans la lutte contre cette maladie dévastatrice.

Les travaux ont permis de déterminer que lorsqu’une tumeur commence à croître dans une partie de l’organisme, elle entre en compétition avec les cellules saines pour l’appropriation des nutriments et de l’espace, générant par là même la mort de ces cellules.

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L’ADN des cellules mortes passe alors dans le flux sanguin, ce qui pourrait permettre de faciliter la détection des tissus qui sont attaqués par la tumeur.

Concrètement, les chercheur-se-s ont découvert une signature ADN qui pourrait permettre d’identifier la localisation précise de la tumeur : les haplotypes de méthylation CpG, situés au cœur des molécules ADN.

Chaque tissu de notre corps dispose d’une signature unique, de ses propres haplotypes de méthylation.

Kun Zhang, professeur à l’école d’Ingénierie de l’Université de Californie de San Diego, et responsable de l’étude, nous indique que :

Nous avons réalisé cette découverte de manière accidentelle. Nous cherchions les cellules cancérigènes pour trouver leur origine, mais nous avons vu les signaux d’autres cellules.

Nous nous sommes alors rendu compte que si nous intégrions les deux ensembles de signaux, nous pouvions déterminer la présence ou l’absence d’une tumeur, ainsi que sa localisation.

Pour tester leur méthode, les chercheur-se-s ont créé une base de données dans laquelle iels ont compilé tous les modèles de méthylation CpG des tissus des organes suivants :

  • Le foie
  • Le gros intestin
  • Le côlon
  • Les poumons
  • Le cerveau
  • Les reins
  • La rate
  • Le pancréas
  • Le sang

Dans le même temps, ils ont mené à bien une analyse des tumeurs et des résultats sanguins des patient-e-s du Centre du Cancer Moores de l’Université de Californie, dans le but d’identifier les marqueurs génétiques spécifiques de cette pathologie.

Iels ont alors observé les tests sanguins de tous les patient-e-s, sain-e-s ou atteint-e-s de tumeurs, dans le but de détecter les marqueurs cancérigènes et les modèles de méthylation de leurs tissus.

Cette combinaison de facteurs est nécessaire pour obtenir une réponse positive. Voilà pourquoi les chercheur-se-s qualifient ce test comme un processus dual d’authentification.

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Malgré leurs excellents résultants, les chercheur-se-s préfèrent rester prudent-e-s et précisent que leur test n’est pour l’instant qu’un concept, qu’il va leur falloir du temps pour le développer.

“Nous avons besoin de travailler avec des oncologues pour optimiser et affiner notre méthode, avant de passer à la phase des tests cliniques » nous précise Kun Zhang.