6 effets de la maltraitance psychologique que vous devez connaître

6 juin 2019
Les effets d'une maltraitance physique sont faciles à voir, et même à estimer. Personne ne peut cacher un bras cassé, un œil violet, une brûlure, une lèvre enflée, un coup...

Il ne faut jamais penser que nous sommes coupables de la maltraitance psychologique à laquelle nous sommes soumis-es. Personne n’a le droit de porter atteinte à notre personne.

Les conséquences de la maltraitance physique sont faciles à voir et à estimer. Personne ne peut cacher un bras cassé, un œil violet, une brûlure, une lèvre enflée, un coup…

Cependant, lorsque nous parlons d’abus psychologique, de manipulation, de maltraitance et d’agression émotionnelle, les choses changent.

On ne peut le voir de manière objective, ni à première vue, ni avec une radio. La complexité est telle, comme l’impact invisible qu’elle laisse, que la victime se retrouve souvent incapable de demander de l’aide.

Comment l’expliquer, comment espérer que l’on me croit si c’est l’estime de soi qui en prend un coup, sa propre identité et l’entièreté de notre être ?

Ce n’est pas facile. Notamment parce que, bien souvent, il n’existe pas de mécanismes adaptés pour que la femme ou l’homme qui souffre de cet abus puisse faire le pas et oser exposer sa réalité.

Parfois, nous n’osons pas. La peur est là et nous craignons les possibles conséquences… Surtout, de ne pas êtres cru-e-s.

La maltraitance psychologique est dévastatrice et anéantit des vies entières pour une raison très concrète : elle vient des mains des personnes très proches, des personnes en qui nous avons confiance et que parfois, nous aimons.

Regardons à présent l’impact de cette violence sur notre esprit et nos émotions.

  1. Sentiment de honte et de culpabilité – maltraitance psychologique

la maltraitance psychologique.

S’il y a bien quelque chose de désolant, c’est d’arriver à nous rendre coupable de tout ce qui nous arrive.

Il existe quelque chose de très commun chez les personnes qui voient la manipulation psychologique d’un point de vue externe.

Nous faisons référence à certaines phrases : « si la personne est maltraitée c’est parce qu’elle se laisse maltraiter », « qu’elle est faible parce qu’elle se laisse humilier, blesser et contrôler ».

  • Il faut faire attention avec ce type de phrases car la personne qui souffre d’abus est soumise à un chaos émotionnel et subit une situation très complexe de laquelle il est très difficile de sortir.

Il est fréquent qu’elles ressentent de la honte en se demandant comment elles en sont arrivés là.

De même, elles se sentent souvent incapables de réagir, elles se sentent seules et isolées, ce qui rend difficile la possibilité de sortir de cet abyme personnel.

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2. Perte de mémoire ou sentiment d’irréalité

Lorsque nous sommes soumis-es à un haut niveau d’anxiété, de stress et de souffrance constante, il est fréquent que les structures cérébrales comme l‘hippocampe, lié à la mémoire, perdent du volume et de la connectivité.

  • La personne a des trous de mémoire, elle ne peut pas se concentrer, ni prendre des décisions avec l’esprit clair.
  • D’autre part, le sentiment d’irréalité est un autre facteur commun.

C’est un mécanisme de défense par lequel l’esprit établit une distance avec la réalité afin de la dépersonnaliser, afin de penser « ça ne m’arrive pas à moi ».

3. Instabilité émotionnelle, de forts hauts et bas

Parfois, nous pensons que les choses peuvent changer, que tout peut s’améliorer et qu’il est possible de retrouver le bonheur, l’intégrité et l’équilibre.

Cependant, l’abîme et la rechute arrivent rapidement. Apparaît alors la frustration, la colère, la rage puis le désespoir et la peur.

Il est fréquent d’éprouver un complexe caléidoscopique de sensations et d’émotions ou la personne est consciente de ne pas contrôler sa vie.

4. La maltraitance psychologique et la douleur physique récurrente

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Les victimes de maltraitance psychologique ne se plaisent pas physiquement, mais la souffrance dont elles souffrent tôt ou tard dans leur corps les font souffrir de la même manière.

Le mal être émotionnel chronique finit par apparaitre à travers une symptomatologie caractéristique du type fatigue, insomnie, céphalées, douleur musculaire et articulaire, mauvaises digestions, multiples infections contractées à cause d’un système immunitaire affaibli…

C’est, sans aucun doute, quelque chose de très fréquent.

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5. Le sensation « qu’il n’y a pas d’issue »

La vulnérabilité est un autre symptôme habituel. La personne qui souffre de maltraitance arrivera à penser à un moment que rien de ce qu’elle ne fera ne lui servira.

  • Bien souvent, elles arrivent à dire d’elles-mêmes qu’aucun mot, aucune action ou changement qu’elles pourraient mettre en marche ne pourrait stopper cette maltraitance.
  • Cela nous rappelle, une fois de plus, l’importance essentielle de faire attention de manière réceptive et sensible à toutes les personnes qui, d’une certaine manière, souffrent d’un certain type d’abus.

Au moment où l’on doute ou que l’on prononce à voix haute des mots comme « mais qu’est-ce qu’il me dit ? », « tu es sûr qu’il te fait ça ou c’est toi qui exagère les choses? »…

En disant cela, les personnes peuvent chuter encore plus dans la dépression. Elles s’éloignent et ressentent la solitude de manière encore plus intense.

6. Pensées suicidaires et maltraitance psychologique

Au moment où la personne pense qu’il n’y a plus d’issue, les pensées suicidaires commencent alors à surgir. Cependant, ce ne sont que des idée subites au début, des désirs momentanés.

Toutefois, le moment fatidique où le suicide apparaitra comme la solution finira par arriver.

Il est nécessaire que l’entourage soit très sensible à tous les indicateurs, les mots, les gestes, les conduites.

Car la maltraitance psychologique, plus encore que ce que nous croyons, laisse des traces, des marques évidentes sur le comportement des gens.

Soyons conscient-e-s de ces réalités et aidons celleux qui en ont le plus besoin.