Arrêt de travail de 3 jours pour « menstruations douloureuses » : seriez-vous d’accord ?

· 25 août 2017

Bien qu’il y ait des personnes qui s’opposent à cette mesure parce qu’elles considèrent qu’elle stigmatise les menstruations, ce qui est sûr c’est que certaines femmes ont de nombreux problèmes pendant ces jours-là.

La polémique est servie. Le parlement italien a débattu au mois d’avril la proposition concernant le fait d’accorder 3 jours de repos par mois aux femmes qui souffrent de menstruations douloureuses.

Cette idée a beau nous surprendre, elle n’est pas nouvelle.

  • Au Japon, par exemple, cette licence existe depuis 1947.
  • En Argentine, il existe également l’opportunité d’avoir un jour d’arrêt de travail volontaire par mois pour les femmes qui en ont besoin, bien que ce ne soit que dans certaines entreprises et dans certains secteurs professionnels.

Toutefois, depuis quelques mois cette nouvelle fait partie de l’actualité dans plusieurs pays européens, comme au Royaume-Uni.

Là-bas, dans le but de donner une impression d’ouverture, d’intégration et de progrès, certaines entreprises ont déjà inclus ce droit dans leurs politiques internes.

Il est possible que bons nombre de nos lecteurs aient déjà une opinion sur le sujet. Doit-on accorder quelques jours d’arrêt aux femmes si elles souffrent de règles douloureuses ?

Certains secteurs de notre société sont très partisans du sujet, mais il existe également des détracteurs, qui ne voient pas une bonne idée dans le fait d’accorder ces quelques jours aux femmes.

Ci-dessous nous allons vous donner davantage d’informations à ce sujet très intéressant.

Arrêt de travail pour menstruations douloureuses : informations en faveur

Les menstruations douloureuses et leur invisibilité

Chaque femme est un monde et a ses menstruations ainsi que ses propres caractéristiques. Certaines femmes vivent leurs menstruations sans trop de gênes.

  • D’autres peuvent les supporter avec un type d’analgésique. Toutefois, un part d’entre elles vit des menstruations avec une symptomatologie aussi intense qu’affaiblissante.
  • Les gynécologues nous rappellent que les périodes douloureuses peuvent être de deux types : un premier, où l’on ne connaît pas la cause, et un second, où il y a un problème précis comme, par exemple, l’endométriose.
  • Une femme avec des menstruations douloureuses dort mal, souffre de migraines, d’un syndrome dysphorique (changement d’humeur) et avant tout, d’une douleur qui devient le seul protagoniste pendant quelques jours.
  • Une personne souffrant de ce genre de symptômes est une personne qui ne peut pas se donner à 100 % et si elle le fait, c’est sous l’effet d’une forte médication – qui ne fonctionne pas toujours.

Reconnaître cette réalité est, selon plusieurs secteurs, une manière de lutter pour l’égalité au travail.

Des initiative comme la proposition en Italie est également une manière de donner de la visibilité à ce problème.

Grâce à elle nous allons permettre, par exemple, à de nombreuses femmes d’avoir une meilleure qualité de vie et donc une meilleure productivité.

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Arrêt de travail pour menstruations : les voix contre

Les menstruations ne doivent pas être vues comme une maladie

Cela a beau être curieux, la majeure partie des détracteur-trice-s de cette proposition concernant l’accord d’entre 1 et 3 jours d’arrêt de travail pour menstruations douloureuses sont principalement des femmes.

  • Les principaux arguments qu’elles défendent sont que, si l’on applique cette norme, nous finirons tou-te-s par voir ne plus voir les menstruations comme quelque chose de naturel, mais comme une maladie.
  • De plus, on craint l’existence de ces arrêts comme des excuses pour de nombreuses entreprises pour ne pas employer des femmes car elles supposent un coût, car personne ne va compenser le fait d’avoir une employée qui, tous les mois, va s’absenter quelques jours.
  • D’autre part, on suspecte la manière dont la loi pourrait s’articuler, on définit cet arrêt comme « arrêt pour indisposition ». Cela pour être très stigmatisant et transmettre une image de faiblesse, de « non-disposition », pour une maladie quand, en réalité, ce n’est pas vraiment une maladie.

A un moment où la femme se voit offrir des positions dans notre société, on se méfie beaucoup de ce type de loi dans les groupes féministes qui cherchent, avant tout, à travailler dans des conditions égalitaires.

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Le besoin de prendre une mesure à ce sujet

Si l’Italie a voulu ouvrir le débat au mois d’avril, ce fut à cause d’un fait très concret : les femmes qui souffrent de dysménorrhée posent des arrêts de travail réguliers.

C’est une réalité, ce n’est pas une forme de discrimination et on ne prétend pas mettre des étiquettes. Ce qu’ils souhaitaient c’était mettre en place un certain mécanisme avec lequel, grâce au respect et au choix des bons termes, on chercherait une solution.

Propositions possibles

Les règles douloureuses sont incapacitantes, c’est une réalité évidente que l’on ne doit pas ignorer.

  • L’idéal serait, sans aucun doute, d’obtenir un bon diagnostique sur les raisons de cette douleur intense et de savoir également que grâce à un point de vue sanitaire, pharmacologique ou stratégique, l’on pourrait avoir une meilleure qualité de vie.
  • De son côté, la possibilité d’avoir quelques jours d’arrêts par mois est toujours mieux. Toutefois, comme au Japon, chaque femme est libre de les utiliser ou non.
  • Certains mois il sera nécessaire d’avoir un jour, car le corps ne répond pas, car il est pratiquement impossible d’effectuer son travail.

Toutefois, certains mois elles pourront être productives et elles n’auront pas besoin de leur arrêt.

Comme nous le disions, chaque femme vit différemment ses menstruations, et le simple fait de donner de la visibilité à cette réalité est une avancée.