Johnson and Johnson : condamné pour un cas de cancer en lien avec le talc

13 mai 2016
Même si Johnson & Johnson refuse d'assumer sa part de responsabilité, il y a des investigations qui affirment qu'il existe un lien entre l'usage de talc dans l'hygiène intime et une plus grande incidence de cancer.

Le talc Johnson & Johnson, provenant de la fameuse entreprise de produits pour le soin personnel, est gravement mis en cause, ainsi que la sécurité que la société assure à ses consommateurs.

La multinationale a été condamnée à payer 72 millions de dollars à la famille d’une femme qui est morte d’un cancer de l’ovaire et apparemment, après avoir utilisé ce produit pendant de nombreuses années.

Selon l’accusation, Johnson & Johnson connaissait les risques qu’entraînaient les composants du produit mais n’a pas alerté ses consommateurs.

La compagnie se défend et affirme que jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas de preuves scientifiques suffisantes affirmant la relation entre la poudre de talc et le cancer.

Jackie Fox, la victime du talc de Johnson and Johnson

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Jackie Fox, une femme d’Alabama (États-Unis), est morte en 2015 à 62 ans, après avoir utilisé du talc pour bébés pendant des décennies, ainsi que d’autres produits d’hygiène féminine de la compagnie Johnson & Johnson.

Jere Beasley, l’un de ses avocats, a affirmé sur la chaîne BBC Mundo que le juge a condamné l’entreprise pour « responsabilité vis à vis d’un produit défectueux, pour négligence et conspiration ».

Cela oblige Johnson & Johnson à payer 10 millions de dollars par dommages personnels et 62 millions de dollars pour dommages punitifs à la suite du décès de la patiente.

Marvin Salter, fils de la victime, a initié cette plainte, qui fait partie d’une plainte plus large au tribunal d’appellation de St Louis (Missouri), à laquelle ont participé près de 60 personnes.

Selon Salter, sa mère défunte utilisait le talc de Johnson & Johnson comme un élément de base de sa toilette et de fait, pour elle, son usage était aussi fréquent que celui de se laver les dents.

Cependant, la multinationale refuse les accusations et aujourd’hui elle évalue quelle sera la prochaine étape légale.

Dans des déclarations recueillies par l’agence AP, Carol Goordrich, une porte-parole de l’entreprise, a affirmé que le verdict “allait contre des décennies d’évidence qui prouvaient la sécurité du talc comme ingrédient cosmétique dans de nombreux produits”.

De plus, elle a cité les études de l’Agence d’Aliments et de Médicaments des États-Unis (FDA, selon son sigle en anglais) et l’Institut National Contre le Cancer pour démontrer que les risques n’avaient pas été prouvés scientifiquement.

Les preuves…

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Pour convaincre le juge de la relation entre le produit et ses risques de cancer, les avocate de la victime ont introduit comme preuve un mémorandum interne de 1999, élaboré par un médecin consultant de l’entreprise.

On y affirme que “toute personne niant les risques » entre l’usage du talc et le cancer de l’ovaire sera considérée comme toute personne niant le lien entre le tabac et le cancer.

Allen Smith, un autre des avocats de l’accusation, a montré au jury l’une des recherches les plus récentes, réalisée par Daniel Cramer, professeur à l’Université de Harvard, et son équipe, qui conclut que le talc peut augmenter jusqu’à 33% le risque de cancer de l’ovaire.

“L’entreprise connaissait tous les résultats depuis 30 ou 40 ans”, a dit Smith au juge.

Ainsi, les charges contre celle-ci indiquent qu’elle a été irresponsable de mettre sur le marché un produit dangereux sans en avertir les consommateurs.

En réponse à cela, Gene Williams, l’un des avocats de la compagnie a affirmé que ce sont les agences gouvernementales des États-Unis qui ont rejeté l’obligation de mettre les avertissements sur les étiquettes des produits qui contiennent du talc.

Le jugement est alors allé en faveur de la famille de Fox et c’est le premier cas aux États-Unis qui oblige à réparer les dommages et les préjugés occasionnés par les effets nocifs du talc. 

Cependant, seulement aux États-Unis, il y a des milliers de cas qui sont en attente pour le même problème et on pense que cette plainte pourrait en déclencher bien d’autres.

Malgré des cas évidents comme celui de Madame Fox et beaucoup d’autres preuves présentées depuis des décennies, beaucoup d’organisations spécialisées considèrent encore qu’elles requièrent plus de preuves scientifiques pour affirmer ces informations.

Par exemple, l’organisation de soutien à la recherche sur le cancer du Royaume-Uni, Cancer Research, considère que le lien entre l’usage de talc et le cancer de l’ovaire est « encore incertain » et même, que s’il y a un risque, il est minime.

Une autre organisation britannique centrée sur la même maladie, explique que les causes de cette maladie sont encore méconnues car elle provient sûrement de l’association de divers facteurs génétiques et environnementaux, et pas seulement d’un produit comme le talc.

Dans tous les cas, le juge a trouvé les preuves présentées par les avocats de la famille de Fox convaincantes, et l’entreprise devra en assumer les responsabilités.

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