Pourquoi se souvient-on davantage de ce que l'on n'a pas terminé ? L'effet Zeigarnik expliqué

T’est-il déjà arrivé de ne pas pouvoir t’empêcher de penser à un message resté sans réponse ou à un projet que tu as laissé en suspens ? Ce n’est pas un défaut de ta mémoire. Il s’agit de l’effet Zeigarnik, cette tendance de l’esprit à se souvenir beaucoup plus vivement des tâches interrompues que de celles que tu as déjà terminées.
Dans les années 1920, la psychologue Bluma Zeigarnik a remarqué dans un café que les serveurs se souvenaient bien des commandes des tables qui n’avaient pas encore réglé leur addition, mais que cette information disparaissait de leur esprit dès que la note était payée. En menant des recherches sur ce phénomène, elle a confirmé que le cerveau crée une boucle mentale qui consomme de l’énergie en permanence jusqu’à ce que l’on parvienne à boucler le cycle.
L’esprit déteste laisser les choses en suspens et vous le rappellera sans cesse, mais si vous apprenez à le gérer, vous pouvez tirer parti de cette énergie sans qu’elle devienne un fardeau.
Comment utiliser cet effet pour être plus productif
Une fois que vous avez ouvert une boucle, votre esprit ressentira le besoin naturel d’aller de l’avant pour la boucler. Vous pouvez alors tirer parti de cette opportunité grâce aux stratégies suivantes :
- Commencez par de petits blocs : si vous avez un gros projet, engagez-vous à ne travailler que dix minutes. En franchissant cette première étape, vous avez déjà « ouvert le dossier » dans votre tête et l’effet Zeigarnik fera en sorte qu’il vous sera plus difficile de l’abandonner.
- Laissez volontairement un fil conducteur en suspens : lorsque vous terminez une session de travail, ne le faites pas juste après avoir terminé un chapitre ou une tâche difficile. Arrêtez-vous lorsque vous savez exactement ce qui va suivre.
- Facilitez la reprise : en laissant un point en suspens dans la tâche, vous éliminez la résistance liée au fait de vous retrouver face à une page blanche le lendemain. Votre esprit restera motivé et vous retrouverez le rythme beaucoup plus facilement.
Stratégies pour réduire le stress
Bien que cette dynamique soit utile pour travailler, elle peut également vous épuiser si vous avez trop de tâches en cours. Garder votre système d’alerte activé toute la journée peut vous priver de tranquillité. Pour éviter cela, suivez ces conseils :
- Terminez de petites tâches avant de vous coucher : répondre à un message court ou laver cette tasse sale permet de faire le vide dans votre mémoire. Ces petites actions facilitent la transition et aident votre corps à comprendre qu’il est temps de se reposer.
- Faites un bilan quotidien : consacrez cinq minutes en fin de journée à passer en revue votre liste. Décider de ce que vous ferez demain avec ce qui reste à faire donne à votre esprit la structure dont il a besoin pour ne pas continuer à ruminer pendant la nuit.
- Externalisez vos tâches en suspens : utilisez un carnet ou une application pour noter ce qui vous préoccupe. Lorsque vous sortez ces informations de votre tête pour les confier à un système fiable, votre esprit comprend que ces données sont en sécurité et se détend.
Autres éléments à prendre en compte
Cet effet connaît toutefois des exceptions : si vous traversez une période de stress intense ou d’épuisement, essayer de « boucler des boucles » pour gagner en productivité peut s’avérer contre-productif. Dans ces moments-là, le plus sain est de privilégier le repos et de réduire vos obligations au strict minimum.
Pour commencer à mettre ces conseils en pratique, choisissez cette tâche que vous repoussez depuis des jours. Consacrez-y seulement cinq minutes (utilisez un minuteur si nécessaire). Une fois que vous aurez commencé, observez comment votre esprit commence à vous envoyer des rappels pour que vous la terminiez ; c’est le signe que l’effet Zeigarnik est déjà à l’œuvre pour vous.
Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.







