La première transplantation de tête aura lieu dans moins de 10 mois

4 octobre 2017

Après que le premier candidat se soit décidé pour d’autres méthodes plus traditionnelles, le nom du nouveau patient qui se soumettra à la première opération de transplantation de tête n’est pas encore connu.

La première transplantation de tête sera réalisée en Chine dans moins de dix mois.

C’est ce qu’a révélé le neurochirurgien italien Sergio Canavero durant un entretien accordé à la revue allemande Ooom en avril dernier.

Au-delà des considérations éthiques dont elle fait preuve sans aucun doute, au-delà de la polémique et de l’aspect controversé de ce sujet, il reste pour la communauté scientifique une révolution et un défi auquel nous devons rester très attentif-ve-s.

De la même manière, si nous connaissions depuis quelques mois le nom de Valery Spiridonov, comme étant le premier patient à recevoir cette chirurgie, il a finalement décidé de décliner l’offre.

De nos jours, celui que tout le monde connaît comme le « Frankenstein » du XXème siècle dispose d’un nouveau patient chinois, une personne qui souhaite rester anonyme.

Il deviendra dans les mois prochains la première personne à se soumettre à une transplantation de tête.

Le rêve d’un neurochirurgien, l’échec d’un défi pour la science

Sergio Canavero
Sergio Canavero est un membre du Groupe de Neuromodulation Avancée à Turin (Italie).

Comme il l’explique dans chaque entretien, son plus grand souhait en tant que scientifique c’est de devenir le premier médecin à réussir la première transplantation de tête.

  • Il est important de souligner l’emploi du terme « réussir ». Jusqu’alors, toutes les tentatives réalisées sur des animaux ont échoué.
  • Le docteur Canavero explique que jusqu’à aujourd’hui, la technologie n’a pas accompagné un tel défi.
  • Toutefois, les barrières technologiques sont désormais moindres, le personnel plus qualifié et les moyens beaucoup plus satisfaisants. Tout cela augmente considérablement les possibilités d’une réussite.
  • D’autre part, et malgré qu’il ait une grande partie de la communauté scientifique contre lui, notre « Frankenstein » actuel du XXème siècle base une partie de son travail sur la seule personne qui a réussi à transplanté la tête d’un singe sur un autre corps.
  • Cet évènement important fut réussi par le docteur Robert White dans les années 70. Bien qu’il n’ait pas réussi à connecter la partie la plus essentielle : le système nerveux.
  • C’est en 2013 que le neurochirurgien Sergio Canavero a écrit un article dans lequel il expliquait la viabilité de la transplantation d’une tête pour des raisons évidentes : De nos jours nous disposons d’une technologie adaptée pour établir une bonne connexion de la moelle épinière. Le projet est – selon lui – plus que viable.

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Transplantation de tête : une réalité toujours plus proche ?

Si rien ne change : la première opération de transplantation de tête sera réalisée en Chine au cours de cette année 2017. Ceci pourrait supposer, selon le docteur Canavero, plusieurs choses.

  • La première c’est de rendre la mobilité à n’importe quelle personne tétraplégique ou paraplégique.
  • De plus, en disposant d’un « nouveau corps » (offert, évidemment, par un donneur décédé de mort cérébrale) la personne peut éviter des maladies comme le cancer, les dégénérescences nerveuses et bien d’autres types de maladies.
  • L’implication éthique, ainsi que les polémiques éthico-religieuses, poursuivent depuis le début le responsable de cet objectif, de ce rêve scientifique.
  • Toutefois, et c’est là la nuance et la nouveauté à laquelle il faut faire référence, le jeune qui s’était porté volontaire a décliné l’offre.

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Nouveau patient, nouvelle date et nouveau contexte pour la première opération

Sergio Canavero et son patient

Valery Spiridinov était jusqu’alors le précieux patient « 0 ». Ce jeune souffre d’atrophie musculaire spinale et d’une faible espérance de vie.

Toutefois, après deux années de travail avec le docteur Canavero, il ne peut lui assurer ce qu’il désirait le plus : marcher à nouveau, pouvoir avoir une vie normale et même « survivre » à l’opération.

  • C’est pourquoi, le jeune russe a décidé de se soumettre à une chirurgie beaucoup plus « conservatrice » grâce à laquelle il souffrira beaucoup moins et pourra affronter le reste de ses jours plus dignement.
  • Le docteur Sergio Canavero, de son côté, a trouvé un autre patient handicapé et avec de graves problèmes de mobilité, avec qui il pourra continuer son projet.

Le pays choisi et qui lui a offert le plus de facilités est la Chine.

Ainsi, après une conférence de presse réalisée dans ce pays il y a quelque semaines, il a été annoncé que l’opération révolutionnaire sera menée à bien dans un hôpital habilité pour cela.

On ne connaît pas encore le jour exact, mais l’intervention durera au moins 72 heures.

Jusqu’alors, et pour chaque information transmise par les responsables de ce défi scientifique, tout paraît être en leur faveur : les risques de rejet, par exemple, sont inexistants parce que le cerveau, selon leurs explications, est un organe « neutre », à la différence du cœur, du foie ou des reins…

Ils disposent des meilleurs équipements et des meilleurs moyens.

Les espoirs sont très élevés et il ne reste qu’à attendre le dénouement de ce projet qui, au-delà de son aspect surprenant et inquiétant, peut amener, sans aucun doute, à renverser le monde de la science et de la médecine.

C’est pourquoi nous resterons attentif-ve-s à de nouvelles informations…

 

 

 

 

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