Blessures qui ne cicatrisent pas : neuropsychologie de la maltraitance des femmes

19 septembre 2016
Même si elle n'est acceptable sous aucune de ses formes, la maltraitance physique est moins dangereuse que la maltraitance psychologique, car nous ne considérons pas cette dernière à sa juste valeur et elle peut faire très mal.

La lutte contre la maltraitance des femmes est un travail dans lequel nous devrions tous nous impliquer.

Il y a quelque temps, l’ONU Femmes, l’Organisation des Nations Unies dédiée à promouvoir l’égalité de genre et « l’empowerement » des femmes a parlé du besoin pressant de lutter contre la violence sexuelle des femmes pendant les conflits armés.

Bien que nous sachions tous que les hommes souffrent également d’agressions, de violences et de maltraitance physique ou émotionnelle, selon les données de cette organisation, presque 35% des femmes du monde entier ont déjà souffert d’un type de violence.

Ce sont des chiffres qui ont un impact important, et d’autant plus si nous nous intéressons à des pays où la protection sociale ou légale tourne le dos aux femmes.

Un exemple clair de cela est l’Inde, où presque 92% de la population féminine a déjà souffert d’agression.

Les pires blessures ne sont pas celles qui se voient à l’extérieur. Un coup, une blessure ou un bleu vont au-delà d’une simple agression corporelle.

La blessure est bien plus profonde. La maltraitance génère de sérieuses séquelles neuropsychologiques que nous allons vous expliquer dans cet article.

La maltraitance et l’impact sur le cerveau des femmes

Aujourd’hui, il existe de multiples études qui nous révèlent comment la maltraitance affecte le cerveau des enfants.

Ce sont des traumatismes profonds dont l’impact affecte ultérieurement la maturation et l’équilibre émotionnel.

Mais… qu’arrive-t-il dans le cerveau adulte ? La violence envers les femmes a un composant complexe et particulier dont il faut tenir compte.

Dans de nombreux cas, il s’agit d’une personne heureuse, sûre d’elle-même et avec une bonne auto-estime qui, petit à petit, est détruite par cette maltraitance qui atteint sa santé émotionnelle.

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Loin de ce que beaucoup peuvent penser, la violence peut affecter toutes les femmes, quel que soit leur statut, leur âge, leur religion ou leur culture (même si, de fait, il y a une plus grande incidence dans les contextes défavorisés ou dans les pays de Tiers Monde).

Voici une donnée importante dont il faut tenir compte et sur laquelle il faut réfléchir : aujourd’hui, les adolescentes qui souffrent de la maltraitance psychologique de la part de leur partenaire sont nombreuses.

Voyons à présent en détails de quelle manière la violence physique et émotionnelle impacte le cerveau des femmes.

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La violence envers les femmes et la dépression

Selon une étude publiée dans la revue ScienceDaily, les femmes qui souffrent de violence domestique pendant plusieurs années ont un risque plus élevé de souffrir de dépression.

  • Le rapport a été écrit par un groupe de chercheurs de l’Institut de Psychiatrie, Psychologie et Neuroscience du King’s College de Londres (Angleterre), l’Institut Universitaire de Santé Mentale de Montréal (IUSMM) et l’Université de Montréal (Canada).

La maltraitance des femmes affecte leur santé et augmente le risque de souffrir de dépression, d’anxiété et même de troubles psychotiques. 

  • L’impact de ces situations peut s’aggraver dans les cas où les femmes ont également souffert dans leur enfance d’abus ou de maltraitance.

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Les blessures neurologiques

Nous devons distinguer deux types de blessures cérébrales :

  • Les blessures traumatisantes à proprement parler, générées par les agressions physiques.
  • Les altérations cognitives, provenant du traumatisme de la violence et de la maltraitance subie.

Dans le premier cas, les neurologues affirment qu’en général, on identifie facilement les agressions physiques liées à la violence domestique.

  • Ce sont des traumatismes directs qui peuvent survenir ponctuellement ou continuellement dans le temps. Toutes ces blessures peuvent se voir dans les tests de diagnostic.
  • De même, dans de nombreux cas, on souffre aussi de petites anoxies pendant ces agressions, des moments où le cerveau cesse de recevoir de l’oxygène.

C’est quelque chose de très grave, sans aucun doute.

  • Tout cela génère des pertes de mémoire, un manque de concentration, une diminution de la capacité à prendre des décisions, à communiquer et même un ralentissement des mouvements physiques.
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Les marques cognitives et émotionnelles

Nous avons vu que la maltraitance physique génère de sérieuses séquelles dont les femmes peuvent souffrir toute leur vie.

Cependant, et ce n’est pas de moindre importance, il y a d’autres situations qui affectent l’équilibre émotionnel et psychologique.

  • Parfois, nul besoin d’avoir reçu un ou plusieurs coups pour que les processus cognitifs comme l’attention, la mémoire ou la compréhension soient sérieusement affectés.
  • Il a été démontré, par exemple, que le niveau de cortisol dans la salive des femmes maltraitées était très élevé.

Le cerveau souffre d’un type de stress post-traumatique si élevé qu’il provoque non seulement une détérioration cognitive patente, mais également une sensation de manque de défense et de peur incontrôlable.

Pour conclure, tout cet impact neuronal fait que le monde de cette femme, précédemment sûre d’elle et heureuse, s’écroule tout d’un coup. Ce sont des situations dévastatrices.

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Il est nécessaire de prendre conscience de cette réalité qui est parfois bien plus proche que ce que nous pensons.

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La maltraitance fait du mal et brise l’âme et l’esprit en morceaux, mais il est nécessaire de se relever et de croire à nouveau en la vie en comptant sur l’aide de ses proches et d’une société sensible à cette réalité. 

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