Cancer des ovaires : le danger des douches vaginales

26 février 2019
Les douches vaginales pourraient doubler le risque de survenance de ce type de cancer. Voyons cela plus en détail dans la suite de cet article.

De nombreuses études se sont penchées ces dernières années sur la relation entre les douches vaginales et les infections, les inflammations et les grossesses ectopiques.

Cette pratique hygiénique serait également en lien avec l’augmentation du cancer du col de l’utérus, une diminution de la fertilité, un plus grand risque de contracter le VIH et d’autres maladies sexuellement transmissibles.

En partant de cette base, les études scientifiques ont fait un pas en avant en observant les effets des douches vaginales sur le développement du cancer ovarien. Les chercheurs sont même parvenus à déterminer que ces douches vaginales pouvaient doubler le risque de survenance de ce type de cancer.

Voyons plus en détail les résultats de ces enquêtes dans la suite de cet article.

“Sister Study”, l’étude à l’origine de cette découverte

Pommeau de douche

Ce projet dédié à la santé des femmes est sous-titré : « De femme en femme, de sœur en sœur, faisons la différence« . La Sister Stud est donc à l’origine de cette découverte fondamentale dans la lutte contre le cancer des ovaires.

Son plan de départ est fascinant. Il alterne plusieurs pistes de recherches sur la santé des femmes dans le but d’en savoir plus sur certaines pathologies et de développer des méthodes de prévention efficaces.

La revue Epidemiology s’est faite l’écho des résultats de cette étude qui, depuis 2003, a observé et suivi plus de 41 000 femmes aux États-Unis et à Porto-Rico.Toutes ces femmes ont entre 35 et 74 ans. Mais ce n’est pas leur seul point commun : elles ont toutes une sœur qui a développé un cancer du sein.

En juillet 2014, 154 cas de cancer des ovaires ont été détectés. Le chiffre a doublé lorsque les scientifiques ont ajouté au compte total les femmes qui faisaient des douches vaginales.

Étonnés par les résultats, les scientifiques ont isolé les femmes qui n’avaient pas de gênes les prédisposant à souffrir d’un cancer du sein. Cela a permis de renforcer le lien entre les douches vaginales et le cancer des ovaires.

Nous vous recommandons également : Mythes autour des aliments cancérigènes

En quoi les douches vaginales consistent-elles ?

Zone intime

Les douches vaginales combinent produits antiseptiques et parfums dans le but de nettoyer et de rafraîchir le vagin. Elles sont vendues sous différentes présentations. Par exemple, avec des applicateurs qui permettent de propulser le liquide à l’intérieur de la zone intime des femmes.

Mais une douche vaginale peut aussi consister à appliquer directement un jet d’eau à l’intérieur de cette partie du corps de la femme.

Même si les experts les déconseillent, ces douches vaginales sont en vente libre dans le commerce. Conséquence de cela : de nombreuses femmes les utilisent sans supervision médicale.

Même si elles apportent assurément une sensation de fraîcheur et de propreté apparente, elles nuisent au pH naturel du vagin et altèrent son équilibre naturel.

Selon les différentes études citées, une utilisation répétée des douches vaginales favorise :

  • le développement de bactéries dangereuses
  • les infections
  • la pénétration de bactéries dans l’utérus, les trompes de Fallope et les ovaires
  • le cancer des ovaires

Cet article peut aussi vous intéresser : Premiers symptômes hormonaux du cancer du pancréas 

Les pratiques alternatives aux douches vaginales

L’ampleur du phénomène est préoccupante. Bien qu’elles soient déconseillées par de nombreux professionnels de santé, de nombreuses femmes continuent à les utiliser quotidiennement.

Nous sommes toutes en mesure de comprendre les motivations qui nous poussent à les intégrer dans notre routine quotidienne. Que ce soit pour la sensation de fraîcheur et de propreté, ou à cause de la fausse croyance selon laquelle « les produits vendus en pharmacie ne peuvent pas nous faire du mal« , elles nous apparaissent inoffensives et bénéfiques.

Il faut :

  • prendre conscience que cette pratique n’est pas nécessaire et qu’elle est malsaine
  • éviter de les utiliser sauf si votre gynécologue vous le recommande explicitement
  • changer de sous-vêtements tous les jours pour avoir une bonne hygiène
  • ne pas humidifier notre vagin de manière artificielle
  • opter pour une alimentation saine et faire de l’exercice pour avoir un vagin sain
  • laisser notre vagin se nettoyer seul et ne jamais lui introduire quoi que ce soit, ne serait-ce qu’un filet d’eau
  • nettoyer la zone extérieure de notre vagin avec de l’eau tiède et un savon neutre, adapté spécialement au soin de cette zone
  • ne pas faire cela plus d’une fois par jour.

Ces information sont essentielles pour toutes les femmes. Les études scientifiques ne font que mettre en exergue les pratiques les plus saines pour notre santé générale.

Cela ne vous dispense pas de consulter régulièrement votre gynécologue pour en savoir plus sur ces pratiques et pour connaître les bons gestes adéquats pour votre corps.

  • Étude : http://www.scielo.org.pe/scielo.php?pid=S1726-46342009000300006&script=sci_arttext
  • Martino, J. L., & Vermund, S. H. (2002). Vaginal douching: Evidence for risks or benefits to women’s health. Epidemiologic Reviews. https://doi.org/10.1093/epirev/mxf004
  • Zliang, J., George Thomas, A., & Leybovich, E. (1997). Vaginal douching and adverse health effects: A meta-analysis. American Journal of Public Health. https://doi.org/10.2105/AJPH.87.7.1207
  • McKee, M. D., Baquero, M., Anderson, M. R., Alvarez, A., & Karasz, A. (2009). Vaginal douching among latinas: Practices and meaning. Maternal and Child Health Journal. https://doi.org/10.1007/s10995-008-0327-3