La dépression atypique : symptômes du trouble le plus complexe à diagnostiquer

· 6 juillet 2017
Le problème de la dépression atypique est que la personne affectée n'est pas consciente de ce qui lui arrive. Elle se sent fatiguée et les choses l'affectent plus, mais elle n'est pas capable de l'identifier.

 

La dépression atypique est un sous-type de dépression majeure.

Elle n’est pas facile à diagnostiquer car sa symptômatologie est liée à d’autres conditions, telles que la fatigue, le stress ou même des maladies métaboliques.

Il ne faut jamais oublier que dans ce type de trouble du moral, les personnes ne sont pas toujours conscientes de ce qui se passe.

Et plus encore, que ce qui arrive n’est pas simplement dû à l’épuisement ou à une mauvaise période.

Les médecins traitants sont, sans aucun doute, les premiers à devoir être attentifs à cette symptômatologie qui est parfois camouflée par une prise de poids et de la somnolence.

Ce n’est pas facile. Parler de dépression atypique, c’est parler d’une maladie qui, aujourd’hui, peut toucher de nombreuses personnes qui ne sont pas au courant.

Dans cet article, nous voulons avant tout mettre en évidence ces caractéristiques auxquelles nous devons tou-te-s être attentif-ve-s.

La dépression atypique : quand le corps fait mal car l’âme pleure

La plupart des professionnel-le-s de la santé disposent d’un protocole de base pour identifier une dépression : des pensées négatives récurrentes, un manque de défense, des insomnies et des envies suicidaires.

À partir de là, on peut faire un diagnostic plus ajusté pour établir la typologie et le traitement pharmacologique et thérapeutique à suivre.

Cependant, la dépression atypique n’est pas totalement claire jusqu’à ce que la personne montre des pensées suicidaires, tire la sonnette d’alarme qui la pousse à demander de l’aide.

Avant que ces pensées n’arrivent, la personne voit sa qualité de vie entamée dans de nombreux aspects.

Voyons quelles sont les caractéristiques de base.

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Symptômes physiques que l’on confond avec d’autres conditions médicales

Les personnes atteintes de dépression atypique prennent du poids sans en connaître la raison. Il suffit d’avoir plus faim : le métabolisme du patient change et a plus tendance à accumuler de graisses.

  • Un autre symptôme fréquent est la fatigue et la douleur physique, surtout dans les bras et les jambes : on les ressent plus lourds, et il y a même des moments où l’on a des difficultés à bouger.
  • Cet épuisement fait que l’on n’a peu ou pas d’envie de réaliser les tâches quotidiennes, et petit à petit, on s’exclut tout-e seul-e des activités sociales.

L’hypersomnie

Dans le reste des dépressions, les gens ont de sérieux problèmes à trouver le sommeil, alors que dans la dépression atypique il est fréquent d’avoir un sommeil extrême.

On peut dormir jusqu’à 10 heures d’affilée, ce qui plonge la personne dans un état de fatigue continu, de fragilité et d’impression d’être dans un rêve éveillé, où l’on ne prend pas part à la situation.

L’hypersensibilité

Ce trouble du moral provoque une mauvaise humeur, de l’irritabilité et l’incapacité à transmettre des émotions positives.

Les bonnes nouvelles, les moments de divertissement, de rires ou de festivité sont perçus avec distance, ils sont désagréables ou même incompréhensibles. Ils ne peuvent pas se transmettre à partir des émotions liées au bonheur.

De même, il est courant d’avoir des pensées catastrophistes.

On pense que toute chose qui débute va mal finir, que cela ne vaut pas la peine de réagir et d’agir car on sent qu’on a le contrôle sur rien.

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Périodes de grande anxiété

L’anxiété élevée est aussi liée à ce type de dépression.

Aussi curieux que cela paraisse, la personne atteinte de dépression atypique est très consciente de son état de vulnérabilité et se sent mal pour cela. Ainsi, elle peut développer un auto-rejet qui génère encore plus d’anxiété.

Il est fréquent de passer par des époques plus calmes et somnolentes, et des mois où les nerfs, le stress et l’anxiété tenaillent l’esprit, le corps et chaque recoin de la vie.

C’est quelque chose qui a un impact sérieux au niveau social et professionnel.

Qu’est-ce qui déclenche la dépression atypique ?

La dépression atypique affecte autant les hommes que les femmes.

Cependant, comme dans tout type de maladies, ce sont les femmes qui demandent de l’aide avant et qui ont plus de facilités à gérer ou à faciliter le soulagement émotionnel.

D’autre part, il faut savoir qu’il n’y a pas une cause unique et exclusive à la dépression atypique. C’est une réalité multifactorielle.

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Voyons en détail les possibles déclencheurs.

Souvent, il s’agit d’une cause génétique.

Si vos parents ont souffert de cette maladie, vous avez plus de risque d’en souffrir si, par exemple, vous devez affronter un fait difficile tout d’un coup : une perte, une séparation affective, un fait traumatisant…

  • Les expert-e-s nous expliquent qu’elle se développe avec l’association de deux faits : cela peut être un accident de voiture et une prédisposition génétique qui active par exemple la dépression.
  • D’autres fois, ce sont beaucoup de petites choses qui font un tout. Des problèmes familiaux, de l’insatisfaction personnelle, du stress quotidien et les dynamiques apprises pour gérer notre monde émotionnel déclenchent cet état.

Pour finir, en ce qui concerne le traitement, comme toujours dans une maladie de ce type, l’approche doit être multiple : médicaments, thérapie psychologique, soutien social…

La dépression atypique apparaît et disparaît souvent sur une période de deux ans.

Mais, c’est un sous-type de dépression majeure et nous sommes donc face à une réalité grave, où l’environnement familial doit toujours être proche, vigilant, patient et compréhensif envers la personne affectée.