Grande nouvelle : l’Afrique dit NON à la mutilation génitale féminine

· 6 octobre 2016
Le problème de la mutilation génitale féminine est la conscientisation, et le fait que beaucoup de personnes pensent que c'est une pratique nécessaire pour que les femmes soient acceptées par les communautés.

C’est sans aucun doute ce type de nouvelles que nous adorons partager avec vous. L’Afrique a dit « NON » à la mutilation génitale féminine.

Le Parlement africain est arrivé à un accord au mois d’août pour enfin interdire cette pratique rituelle, tragique et discriminatoire.

Cela ne fait pas longtemps que nous vous expliquions que des pays comme le Nigéria, on avait pris l’initiative de réguler et de poursuivre cette tradition.

Aujourd’hui, ce petit grain de sable est de plus en plus grand et plein d’espoir car il a un plus gros soutien.

On est finalement arrivé à un accord commun où le Parlement africain, dont le siège est en Afrique du Sud, s’est engagé à réguler, à poursuivre et à en finir avec ce drame qui touche aujourd’hui presque 200 millions de femmes dans le monde entier, selon les données de l’UNICEF.

Dans cet article, nous allons vous donner tous les détails.

La mutilation génitale féminine, un drame qui a fait trop de victimes

La mutilation génitale n’est pas un problème qui provient uniquement d’Afrique, loin de là. L’ablation du clitoris est également présente dans tous les pays musulmans du continent asiatique.

Les communautés kurdes, ainsi que celles d’Afghanistan, du Tadjikistan, de Malaisie et d’Indonésie la pratiquent aussi. Dans ces pays, on trouve même des excisions bien plus radicales.

L’infibulation, qui consiste en l’extirpation du clitoris et des grandes et des petites lèvres.

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Nous savons que c’est une bataille qui n’est pas prête d’être gagnée. Nous savons aussi que cette étape qui a lieu en Afrique n’est pour l’instant qu’un accord d’intention qui doit encore être entériné.

Car aujourd’hui, nous n’avons qu’une proposition qui n’a pas encore été traduite dans le corps légal.

Cependant, comme nous le disions, c’est une grosse étape face à un fléau qui a touché bien trop de victimes.

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Ce n’est pas une pratique rituelle, c’est une violation des droits humains

La mutilation génitale féminine fait partie de ce que l’on connaît comme un rituel d’initiation des petites filles vers l’âge fertile ou mature.

  • On dit souvent qu’elle a pour origine l’Égypte Ancienne. Cependant, cette pratique a aussi différents antécédents en Asie, Europe, Océanie et même l’Amérique.
  • Alors, et même si aujourd’hui elle est très liée au monde musulman, dans le passé, elle était aussi pratiquée dans les peuples animistes, musulmans, chrétiens ou juifs.
  • Quoi qu’il en soit, aujourd’hui elle continue à exister et c’est un acte brutal qui cherche avant tout à priver les femmes de leur sensibilité ou de leurs sensations de plaisir.
  • La manière de pratiquer cette excision n’a pas changé depuis l’Antiquité. On mutile le clitoris avec du verre, des couteaux ou des rasoirs.

Les mesures hygiéniques ne sont pas maximales. Le danger d’infection est donc extrêmement élevé. Les pertes humaines dues à cette pratique sont trop nombreuses.

Toute cette réalité nous amène à une conclusion nette. Ce n’est pas une pratique rituelle. C’est une violation des droits humains. C’est un acte incompréhensible et sauvage dont des millions de petites filles souffrent, et même avant leur cinquième anniversaire.

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Un accord et l’espoir

L’Afrique a dit NON à la mutilation féminine et tout le monde a bien accueilli la nouvelle. Cependant, il faut regarder les détails.

  • L’accord a été trouvé après des négociations très longues entre la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes (CEDAW, selon son sigle anglais) et les groupes sociaux et politiques du continent.
  • Ils pouvaient aussi compter sur le soutien du Fond pour la Population des Nations Unies (FPNU).
  • L’accord qui a été trouvé c’est un programme d’action.
  • Les 250 députés signataires du Parlement Africain ont l’obligation de débuter les mécanismes formels de ce programme.
  • On cherche à créer des canaux de coordination avec les autorités nationales et locales. De cette manière, les services de santé exigeront à toutes les familles qu’elles renoncent par écrit à réaliser l’ablation de leurs filles. 
  • Presque 90% de cette pratique est concentrée dans les pays suivants : l’Égypte, le Soudan, l’Érythrée, Djibouti,  L’Éthiopie et la Somalie. On attend donc un changement de conscience et une véritable sensibilisation.

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Une bataille difficile qui demandera du temps

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L’objectif est d’atteindre la même réussite qu’au Nigéria. Cependant, les autorités signataires sont consciences de la difficulté qu’il représente.

Certains pays, comme la Guinée, même s’ils ont dit « non », continuent à la pratiquer. Et elle le fait pour une raison très concrète.

  • Les hommes et les femmes qui croient que c’est une pratique nécessaire pour être acceptés dans leurs communautés sont très nombreux.
  • Tout cela forme une réalité sociale très difficile à changer, aussi complexe que dure.

Cependant, comme nous le disent les organisations humanitaires, le changement de conscience vient petit à petit. À tel point que beaucoup pensent que dans quelques décennies, nous réussirons enfin à éradiquer la mutilation génitale féminine. 

Espérons que cela se passera ainsi !