L’addiction à la course à pied : comment peut-on l’identifier ?

17 avril 2021
Abuser des sorties pour courir peut provoquer des dommages significatifs dans la qualité de vie des personnes. Découvrez comment reconnaître et traiter les symptômes de cette addiction comportementale.

Aller courir est une chose positive car la course améliore la circulation, l’oxygénation cérébrale et aide à maintenir un indice de masse corporel adéquat. Néanmoins, le faire de manière obsessionnelle est nocif pour la santé. Nous allons donc ici nous intéresser à ce qu’est l’addiction à la course à pied.

N’importe quelle activité peut se transformer en problème pour les êtres humains, même celles qui ont originellement été conçues pour améliorer la qualité de vie. Rien de ce que l’on fait en excès n’est sain ; dans la vie, il est nécessaire de conserver un équilibre.

Qu’est-ce que l’addiction à la course à pied ?

Même s’il s’agit d’une activité physique qui a pour but d’améliorer l’esthétique et la santé en général, la course à pied en excès peut se transformer en sérieux problème pour certaines personnes. Ainsi, l’addiction à la course à pied se définit comme une dépendance de type comportemental.

Les personnes qui commencent à prendre l’habitude de faire du sport le font dans le but d’améliorer leur qualité de vie. Or, cela peut finir par générer une dépendance pathologique vis-à-vis de l’activité.

Dans le cas de l’addiction à la course à pied, le problème est que la personne perd complètement de vue son objectif de sortir courir. Elle ne le fait plus pour tous les bénéfices sains que lui offre l’exercice mais parce qu’elle cherche à satisfaire un désir irrationnel qui lui génère un plaisir momentané.

L’influence sociale représente l’un des principaux facteurs de risque pour l’acquisition d’addictions comportementales. Par exemple, une personne qui n’est pas à l’aise avec son aspect physique peut être influencée par les stéréotypes de beauté, qu’elle voudra atteindre de manière agressive.

Les bienfaits de la course à pied.

Quand le fait de sortir courir ou trottiner devient obsessionnel, on perd les bénéfices pour la santé que l’on recherchait avec l’exercice.

Poursuivez votre lecture : Conseils à prendre en compte si vous aimez courir

Comment peut-on l’identifier ?

Comme pour tout autre type d’addiction, le principal indicateur pour reconnaître l’addiction à la course à pied est la fréquence à laquelle on réalise l’activité. Si le running se fait au quotidien, comme une sorte de rituel, nous sommes face à un indicateur de prévalence.

Bien évidemment, il sera aussi nécessaire de reconnaître le niveau d’importance que les personnes lui accordent. Par exemple, quelqu’un qui est incapable de rater un jour d’entraînement sans ressentir de l’angoisse se retrouverait face à un indicateur de comportement irrationnel.

Dans le même ordre d’idées, un autre signe pour établir si la course à pied est devenue un problème est l’intensité du comportement. Les cas intenses se produisent quand une personne ne peut pas s’arrêter, même si elle ne se sent pas bien. Un exemple pourrait être le fait d’aller courir alors que l’on n’a pas encore récupéré d’une lésion.

Le surentraînement n’est pas la même chose que l’addiction à la course à pied. Le fait qu’une personne s’entraîne excessivement pourrait être dû à l’anxiété ressentie vis-à-vis d’une compétition. L’addiction à la course à pied, elle, ne répond pas à la quête d’un objectif mais au besoin de maintenir ce comportement de manière constante et irrationnelle.

Quels sont les signes de l’addiction à la course à pied à prendre en compte ?

Les indicateurs d’addiction se reflètent souvent à travers une symptomatologie assez claire. Si nous prenons en compte que, dans ce cas, il s’agit d’un comportement, voyons quels sont les signes les plus évidents :

  • Obsession : la personne se retrouve plongée dans sa routine de course, au point de ne plus pouvoir arrêter de le faire tous les jours.
  • On retrouve des conséquences négatives dans les domaines importants de la vie : travail, études, famille.
  • Incapacité à garder le contrôle.
  • Négation : il est difficile, pour une personne accro, de reconnaître qu’elle a un problème, à cause de son comportement addictif.

Quelles sont les conséquences physiques et sociales ?

Les conséquences négatives de l’addiction au running peuvent être regroupées en deux points :

  • Physiques : des lésions musculaires à la perte exagérée de masse.
  • Sociales : la personne néglige les relations importantes avec ses proches et amis.

Dans certains cas, les personnes finissent par se fâcher avec leur cercle social le plus proche car les membres de ce dernier essaient de leur faire ouvrir les yeux sur leur addiction. Les conséquences physiques et sociales que présentent les personnes accros affectent toujours leur famille et leurs amis.

Découvrez aussi : La négation dans l’addiction

Comment peut-on surmonter l’addiction à la course à pied ?

Pour surmonter une addiction comportementale, il faudra accepter que l’on a un problème. À partir de là, les personnes pourront entamer un processus de désintoxication de leur comportement. Ainsi, elles devront acquérir de nouvelles habitudes qui gagneront progressivement du terrain.

L’attention psychologique pourra être requise dans les cas d’addiction au running. La thérapie cognitive et comportementale est la plus employée dans ce type de cas car elle fonctionne assez bien pour restructurer les schémas mentaux qui maintiennent l’addiction.

Le soutien des membres de la famille et des amis peut marquer la différence entre le succès ou l’échec du processus de guérison des addictions. Quand les proches sont capables de comprendre que cette personne fait face à une addiction, le plus adéquat est d’éviter tout jugement.

La meilleure façon d’apporter du soutien est de faire preuve de compréhension, en faisant en sorte que la personne touchée se sente comprise et soutenue. On ne doit pas minimiser le problème. Des phrases comme « tu dois seulement arrêter de le faire, tu en es capable » ou « ce n’est pas si difficile d’arrêter de courir » sont contreproductives.

Une femme qui fait du running.

Les addictions comportementales modifient négativement les relations sociales, en affectant le lien et en favorisant l’isolement.

Recommandations pour prévenir l’addiction à la course à pied

Certaines idées pour éviter l’addiction à la course à pied partent de l’auto-perception, c’est-à-dire le fait qu’une personne ait un bon concept de soi. Ce principe se base sur l’idée selon laquelle la bonne estime de soi favorise des habitudes saines de soin personnel.

Il est recommandé de renforcer son estime de soi en procédant à une évaluation objective des choses qui nous rendent fiers de nous. L’idée est de ne pas uniquement nous concentrer sur les choses que nous considérons comme négatives.

Enfin, il est important de prendre en compte la façon dont nous structurons les routines. Par exemple, être rigide au moment de créer un plan d’exercice n’est pas une bonne idée. Le plus adéquat est d’avoir des jours de repos, au cours desquels nous pourrons faire d’autres choses bénéfiques.

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