Les bébés nés par césarienne reçoivent un « bain » de bactéries vaginales

· 18 mai 2016
Une nouvelle technique permet aux bébés nés par césarienne de rentrer en contact avec la flore bactérienne du vagin de leur mère. De cette manière ils peuvent recevoir une partie des bienfaits des micro-organismes maternels.

L’une des principales différences entre l’accouchement par voie basse et la césarienne est le microbiome qu’acquièrent les nouveaux-nés.

Tandis que dans le premier cas le bébé entre en contact avec la flore bactérienne du vagin de sa mère, dans le second cas il en est privé, et dans ce microbiome prédominent les bactéries de la peau.

En prenant en compte que les micro-organismes qu’obtiennent les nouveaux-nés à travers l’accouchement par voie basse contribuent à renforcer leur système digestif, métabolique et immunologique, les chercheurs se sont demandés si les petits nés par césarienne étaient désavantagés.

Pour le vérifier, et par la même occasion trouver une méthode qui permette d’enrichir ses bactéries même si la naissance se fait par une intervention chirurgicale, une équipe de chercheurs nord-américains a créé une technique qui consiste à incuber des gazes stérilisées dans le vagin de plusieurs mères sur le point d’accoucher. 

L’objectif était de nettoyer les bébés avec ces gazes, dans les deux minutes qui suivent la naissance par césarienne pour leur transmettre les micro-organismes maternels.

La recherche…

La recherche

Pour déterminer si l’application de flore vaginale a des effets positifs sur les bébés nés par césarienne, le groupe de chercheurs a analysé les preuves de 18 enfants : 7 nés par accouchement normal et 11 à travers la chirurgie, dont 4 avec cette nouvelle méthode.

Après un mois de suivi, on a trouvé que les enfants nés par césarienne et baignés dans les bactéries de leur mère avaient un microbiome aux caractéristiques très similaires à celui des enfants nés par voie basse, en comparaison avec ceux qui n’ont pas reçu l’application des gazes. Toutefois, le transfert des microbes n’est pas complet.

José Clemente, professeur de l’Ecole Icahn de Médecine de l’hôpîtal Monte Sinai de New-York et co-auteur de cette étude, explique « qu’avant de naître, les enfants se développent dans une environnement sans bactéries. C’est en passant par le vagin qu’ils sont baignés dedans ».

Il ajoute également que cette méthode est importante car « en naissant par césarienne et en n’étant pas exposé aux microbes vaginaux, le bébé acquiert un microbiome très différent des bébés nés par la voie vaginale ».

Comme lui, beaucoup d’autres scientifiques se rejoignent sur le fait que la flore bactérienne de la femme n’aide pas seulement à éviter l’attaque de dangereux pathogènes, mais en se transférant par l’accouchement, elle joue également un rôle protecteur sur son enfant.

Dans ce sens, le microbiote vaginal est le premier inoculateur bactérien que le bébé reçoit en passant par le canal de l’accouchement, et selon l’hypothèse, il est fondamental pour le développement d’un système immunologique fort.

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Étude préliminaire…

Etude préliminaire

En prenant en compte que le coût de cette méthode est minime, on pense qu’à l’avenir nous pourrions arriver à l’employer de manière habituelle.

Cependant, les scientifiques déclarent que les découvertes font pour le moment partie d’une recherche préliminaire, car on a besoin de davantage d’analyses et de recherches pour déterminer quels bienfaits reçoit le bébé en étant soumis à cette restauration du microbiome.

« Ceci est une étude pilote qui est faite pour déterminer si une méthode est sûre et envisageable, ce qui est précisément ce que nous avons testé dans cet article », remarque Clement.

Les naissances par césarienne augmentent

Césarienne

L’Organisation Mondiale de la Santé assure que seuls 10% à 15% des naissances exigent cette intervention chirurgicale, que ce soit pour protéger les vie de la mère ou de l’enfant.

Cependant, en 2013, en Espagne ce taux est monté à 27,3% des naissances, tandis que dans d’autres pays le pourcentage est encore plus haut.

La Colombie enregistre un taux de 43,4%, le Mexique monte jusqu’à 46,2% et le Brésil enregistre le plus fort taux avec 55,6%.

Ce qui interpelle le plus dans ces cas-là c’est qu’à mesure qu’ont augmenté les césariennes, a également augmenté l’indice de troubles immunitaires comme l’asthme, l’arthrite juvénile ou diverses inflammations intestinales.

Même si nombre de ces problèmes ont pour origine les changements alimentaires ou l’usage d’antibiotiques, on n’écarte pas la possibilité d’une relation avec des altercations dans le microbiome, car la majorité des cas se présentent parmi ceux qui sont nés par césarienne.

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Cependant, à part dans quelques études faites sur des rongeurs, nous n’avons pas encore déterminé la relation entre la manière de naître, les bactéries et les maladies dont ils finissent par souffrir.