L’intime héritage émotionnel des mères à leurs filles

· 23 septembre 2016
L'union émotionnelle entre mères et filles, au-delà d'être un composant psychologique, a une explication scientifique liée au système limbique qui fait que leurs mécanismes de réactions sont similaires.

L’héritage des mères à leurs filles va bien au-delà du lien de l’éducation, de l’affection et d’un même contexte où grandir et créer du lien social.

Il existe une curieuse donnée qui nous a été révélée d’une étude dans la revue Science Daily : la structure cérébrale qui régit nos émotions pourrait se transmettre des mères à leurs filles.

Grâce à cela, les neurologues, les psychiatres et les psychologues ont une base qui leur permet de mieux comprendre la prédisposition à développer un type déterminé de caractère ou même, le fait d’avoir plus ou moins de risque de souffrir, par exemple, de dépression.

Il faut savoir que ce travail mené à l’Université de Californie ne veut pas dire que si notre mère a tendance à souffrir de crises d’anxiété, nous allons forcément les vivre également : il y a seulement un risque, une probabilité.

En plus de cela, il est intéressant de savoir que cette capacité de beaucoup de femmes pour faire face à l’adversité et pour puiser des forces dans des recoins insoupçonnés face à des situations complexes, est quelque chose qui se transmet également via ce lien féminin.

C’est quelque chose de merveilleux et d’exceptionnel. Nous allons vous donner plus d’informations à ce sujet dans la suite de cet article.

Le lien invisible entre mères et filles

Aujourd’hui, nous savons qu’il existe beaucoup de maladies qui « ont un genre ». La migraine, la fibromyalgie ou les dépressions affectent plus les femmes que les hommes. 

C’est comme si la structure cérébrale des femmes, avec leur réseau de neurones ou ce système nerveux central capable d’amplifier la douleur dans le cas de fibromyalgie, était devenu inhérent à la génétique .

Aujourd’hui, la science n’a pas pu expliquer les raisons de cela.

Lisez aussi : Je suis une femme active et une mère : quelqu’un qui lutte pour les siens chaque jour

Cependant, concernant le monde des émotions, il semble que nous ayons déjà des réponses à cette inconnue : pourquoi les mères et les filles partagent cette « union émotionnelle » parfois positive et parfois plus complexe.

Voyons tout cela en détail.

Bebe-uterus-profitant-de-l'intelligence-emotionnelle-500x322

Le système limbique

Nous parlerons tout d’abord d’une structure cérébrale aussi importante que puissante : le système limbique.

Nous pourrions le décrire comme l’artisan de nos émotions.

  • Le système limbique est chargé de réguler et de transformer tout notre monde émotionnel. Et plus encore, c’est ici que se trouve notre mémoire émotionnelle, et où se développent nos modèles de personnalité.
  • Le système limbique est formé d’autres structures, comme l’hippocampe ou les amygdales, également responsables d’émotions comme la peur ou notre capacité à intégrer des souvenirs.
  • La directrice de cette étude est la psychiatre Fumiko Hoeft, spécialiste de l’enfance et de l’adolescence.
    Son principal but était de vérifier s’il existait des similitudes dans diverses régions cérébrales entre parents (mère et fille, père et fils…).
  • Ce qu’elle a découvert grâce à plusieurs tests de résonance magnétique non invasive, c’est que les mères et les filles partagent une même forme d’activité neuro-chimique dans le système limbique, une zone qui est intimement liée au monde émotionnel.

Découvrez aussi : Les meilleurs exercices physiques pour maintenir en forme… votre cerveau !

Sante-cerebrale-500x334

Il y a une « prédisposition » à souffrir des mêmes problèmes émotionnels

Il existe donc une prédisposition, ce qui ne signifie pas que ce soit une cause directe, car c’est seulement un risque, une probabilité.

Cette donnée est si importante pour le champ médical, pour les raisons suivantes :

  • Tout problème émotionnel, comme le stress ou la dépression, a comme base la même activité neurochimique où il y a des fluctuations entre la dopamine, la norépinéphrine, l’épinéphrine…
  • Si mères et filles partagent cette même activité cérébrale, avec des déficits et des fluctuations similaires dans le système limbique, cela signifie que face aux mêmes stimulations, situations ou problèmes, les mécanismes de réactions seront semblables.

Avec ces données, nous pourrions, sans aucun doute, prévenir des types déterminés de maladies psychologiques avec comme base ce composant génétique.

Les filles ne sont pas des copies de leurs mères

En lisant cela, peut-être que certaines personnes vont penser que les filles sont des copies de leurs mères, au moins en ce qui concerne la dimension émotionnelle.

Mere-calins-enfants-500x383

Ce n’est pas vrai. Pour le comprendre, pensons par exemple à plusieurs choses : si nos mères souffrent d’hypertension, de diabète, de thrombose veineuse profonde ou d’obésité, cela ne veut pas dire que nous ayons 100% de risques de développer ces mêmes problèmes.

Lisez aussi : Les baisers et les câlins sont les meilleurs médicaments pour vos enfants

  • Nous devons prendre cette information comme elle vient : c’est une donnée dont il faut tenir compte pour prévenir certaines choses, tout simplement.
  • Une fille ne sera jamais une copie de sa mère. Chaque situation personnelle est propre, chaque éducation, personnalité, et attitude est différente d’une personne à l’autre, même entre mère et filles.
  • Parfois, quand une fille a grandi en voyant sa mère isolée dans la chambre, faisant face à ses tourments, sa solitude et ses complexités émotionnelles, elle prend conscience d’une réalité qu’elle voudra éviter demain.
  • Son approche personnelle sera différente. Même si cette prédisposition existe, l’expérience vécue dans le foyer lui offrira des stratégies adaptées pour être résiliente, pour être plus forte et éviter ce même trouble dépressif.

Pour conclure, il faut savoir que dans cette étude, on a bien sûr découvert que l’héritage maternel était lié au monde émotionnel mais que la charge génétique du père peut prédisposer à la dyslexie ou à l’autisme.