Pourquoi dormons-nous mal? Nos ancêtres détiendraient la réponse

10 décembre 2015

Il nous a toujours été recommandé de dormir entre 7 et 8 heures par jour sans interruption, pour bénéficier d’une qualité de sommeil qui contribuerait également à une meilleure qualité de vie.

Cette recommandation nous préoccupe lorsque nous nous réveillons au milieu de la nuit et que nous dormons seulement une heure ou deux.

Cependant, « cette modification du sommeil » considérée comme telle jusqu’à présent, se révèle être tout à fait naturelle et nous serait même bénéfique.
Au début des années 90, le psychiatre Thomas Wehr a mené une enquête dans laquelle un groupe de personnes a été plongé dans l’obscurité pendant 14 heures par jour pendant un mois.

Il a fallu un certain temps pour obtenir des résultats, mais dans la quatrième semaine de l’enquête, il a été déterminé que les habitudes de sommeil avaient changé.

Bien que toutes les personnes avaient l’habitude de dormir plus de six heures d’affilée, dans la quatrième semaine de l’étude elles dormirent pendant 4 heures, puis elles se réveillèrent pendant une ou deux heures et enfin, elles retombèrent dans un sommeil de 4 heures.

Les résultats de l’étude ont impressionné de nombreux scientifiques du sommeil, mais malgré cela, ils ont considéré qu’il était préférable de conserver l’habitude de dormir 8 heures par jour sans interruption.

Les habitudes du sommeil se sont modifiées avec le temps…

Dormir

 

En 2001, l’historien Roger Ekirch, de l’institut polythechnique et de l’université de Virginie ( Etats-Unis d’Amérique), a publié un travail de recherche de plus de 15 ans, qui révèle les évidences historiques qui démontrent que les êtres humains dorment seulement en deux étapes distinctes.

En 2005, il a publié un livre intitulé “At Day’s Close: Night in Times Past” (“A la fin de la journée : la nuit dans le passé”), dans lequel il a inclus près de 500 références à un modèle de sommeil segmenté.

Ces références comprennent des journaux, des livres de médecine, de la littérature et différentes sources telles que l’odyssée d’Homère ou les tribus du Nigéria.

Cette grande recherche a révélé que les êtres humains ne sont pas toujours dans la capacité de dormir 8 heures consécutives sans interruptions.

Au lieu de cela, il suggère que pour beaucoup d’entre nous, il est bien plus facile de dormir en deux périodes plus courtes, totalisant au final le nombre d’heures recommandées par les experts.

Dans le passé, la période de sommeil commençait avec 3 ou 4 heures de sommeil suivies de 2 ou 3 heures de réveil.

Tout ce processus se déroulait en 12 heures, ce qui était la norme pour bénéficier d’un sommeil réparateur. 

Cependant, à la fin du siècle XVII, cette façon de dormir commença à changer pour devenir ce que nous connaissons aujourd’hui.

sommeil

 

Selon les recherches d’ Ekirch, le sommeil en deux périodes commença à disparaître dans les classes élevées de la société du nord de l’Europe, au siècle XVII. En une période de 200 ans, elle s’est étendue au reste de la société occidentale.

Dans la décennie des années 20, l’idée de dormir en deux périodes de sommeil durant la nuit disparut complètement.

Pour certains experts, le sommeil segmenté est quelque chose de naturel pour le corps et beaucoup en font encore fréquemment l’expérience au cours de leurs nuits.

Selon les conclusions  d’Ekirch, après des années de recherche, de nombreux troubles du sommeil seraient dus à la préférence du corps à segmenter le sommeil en deux périodes de temps.

Ekirch s’appuie sur le fait qu’à la fin du siècle XIX, commencèrent à apparaître les troubles connus aujourd’hui sous le nom « d’insomnie de maintien », qui se caractérise par un état où les personnes se réveillent et n’arrivent plus à se rendormir en plein milieu de la nuit.

Cet état a commencé à surgir précisément au moment de la disparition du mode de sommeil segmenté.

Pour le psychologue Greg Jacobs, l’idée de dormir en une seule fois sans segmenter le sommeil pourrait se révéler nuisible, car certaines personnes peuvent être réveillées au milieu de la nuit par des troubles d’anxiété extrême, ce qui pourrait affecter le retour au sommeil au point de rester éveillé toute la nuit.

habitudes-dormir

Dans le passé, le temps intermédiaire entre le sommeil était mis à profil pour méditer sur les rêves, lire, prier ou pratiquer la spiritualité.

Jacobs estime que ce type d’activité était la clé pour réguler le stress de manière naturelle.

C’est pour cela qu’aujourd’hui il n’est pas rare que les personnes souffrent d’anxiété, de stress, de dépression ou d’alcoolisme en autres, en particulier si l’on considère que la technologie a également changé les habitudes de sommeil des personnes.

 

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