5 formes d’abus émotionnel que nous ne détectons pas toujours à temps

5 septembre 2017
La pire partie de l'abus émotionnel est que la personne affectée peut mettre beaucoup de temps à en percevoir les signes et à remarquer que son auto-estime est en train de se déliter, sans recours possible.

 

L’abus émotionnel, sans laisser de marques sur la peau, impacte notre esprit de manière discrète, lente et corrosive.

Les personnes qui ont été soumises à ce type de maltraitance pendant une longue période de leur vie mettent plus de temps à récupérer, à pouvoir affronter le traumatisme qui amène à ce type de situations.

C’est très compliqué, avant tout, car quand une personne reçoit un coup, elle sait instinctivement qu’elle doit reculer, qu’elle doit défendre son intégrité physique.

Mais avec la maltraitance physique, ce n’est pas pareil.

L’abus émotionnel surgit avec cette ironie constante, avec le mépris subtil, avec le vide et l’indifférence…

Et la victime ressent alors un profond sentiment de culpabilité s’immiscer en elle.

Il est habituel de penser que si on se comporte ainsi avec nous, c’est que « l’on a fait quelque chose de mal ».

Finalement, les victimes de la maltraitance émotionnelle laissent passer beaucoup de petits « riens » jusqu’à ce que ces petites blessures, charges et mépris se transforment en un « beaucoup », en un grand trou qui les invalide complètement.

Il n’est pas facile de sortir du cercle vicieux de l’abus émotionnel et dans cet espace, nous vous proposons de découvrir 5 comportements face auxquels il est impératif de réagir.

1. Iels sont parfait-e-s et enchanteur-esse-s, et vous ne serez jamais à leur hauteur

Les personnes habituées à exercer un abus émotionnel sur les autres sont trop préoccupées par leur image publique.

Elles amusent la galerie, ce sont les être les plus enchanteurs que l’on peut trouver.

  • En elleux, il n’existe pas de fissures. Iels sont accessibles, aimables, drôles, sympathiques et attentif-ve-s. À tel point que personne ne vous croira ou ne sera d’accord avec vous si vous dites quelque chose de négatif sur cette personne.
  • Généralement, on ne les voit pas arriver. On ne peut pas reconnaître, à première vue, un-e abuseur-se émotionnel-le, mais au bout d’un moment de quotidien partagé, vous percevrez de petites ironies et mépris envers vous, qui lui servent à « briller ».
  • Iels n’hésitent pas non plus à faire de petites blagues sur vous en public. Ainsi, iels fixent l’attention des autres sur leur propre personne.
    La victime, pendant ce temps, reste au second plan où petit à petit, elle plonge dans l’abîme profond de l’agression psychologique.

Lisez aussi : 6 effets d’une maltraitance psychologique sur notre esprit et nos émotions que vous devez connaître

2. Une empathie déformée

Nous commettons souvent l’erreur de dire ce les abuseur-se-s manquent d’empathie.

  • Ce type de manipulateur-trice-s et d’abuseur-se-s sont tout à fait conscient-e-s des émotions des autres, iels peuvent faire une rapide lecture émotionnelle sur ce qu’iels ressentent pour ensuite, l’utiliser en leur faveur.

Prenons un exemple. Vous avez eu une mauvaise journée au travail, et en arrivant chez vous, votre conjoint capte votre mal être, votre abattement et votre tristesse dans la seconde.

Au lieu de vous aider, d’être cet appui émotionnel proche et aimable, l’abuseur-se émotionnel-le vous fait culpabiliser et fragilise davantage votre estime de vous-même pour avoir un plus grand contrôle sur vous.

« Bien sûr que tu as passé une mauvaise journée, parce que tu ne sais pas te défendre. Tout le monde te marche dessus et c’est pour cela que tu dépends de moi pour tout, pour que je résolve les choses à ta place. »

Il faut savoir que l’empathie est une faculté qui n’est utile et significative que si l’autre personne est capable de nous aider, de nous accompagner et pas de nous faire plonger encore plus.

3. La comparaison : quoi que vous fassiez, vous lui rappellerez quelqu’un

« La voiture est arrêtée au milieu de l’autoroute ? Tu es comme ta sœur, maladroit-e et nul-le au volant ». « Si j’aime ce jean que tu as acheté ? Je ne sais pas, il ressemble à celui d’un collègue à moi dont tout le monde se moque. »

  • Quoi que vous fassiez, l’abuseur-se émotionnel-le vous comparera toujours à quelqu’un et généralement pas en bien.
  • Son immaturité psychologique l’empêche de pouvoir faire des jugements de valeur cohérents, utiles et respectueux.

De plus, l’une de ses activités préférées est de comparer ses partenaires avec les précédent-e-s et ainsi faire davantage souffrir son conjoint.

4. Quiconque exerce l’abus émotionnel ne se met jamais à votre place

Ni dans les petites choses, ni dans les grandes. Iel ne sera jamais capable de comprendre votre point de vue, d’enfiler vos lunettes ou vos chaussures, de voir comme vous voyez les choses.

Iel peut savoir ce que vous ressentez car iel fait preuve d’empathie, mais iel ne se « connecte » pas à vous, c’est-à-dire qu’iel se fiche de savoir si telle ou telle chose vous fait du mal ou vous fragilise.

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5. Vos objectifs, vos goûts et vos habitudes sont des bêtises à ses yeux

Ridiculiser ou ironiser sur vos objectifs ou vos buts est une manière de vous garder sous son contrôle.

  • En utilisant la critique et la moquerie sur ce qui vous plaît, ce dont vous rêvez ou ce que vous projetez, iel parvient à détruire votre estime de vous-même.
  • N’oubliez pas qu’une personne qui a une faible estime d’elle-même est plus facilement contrôlable. Et c’est ce qu’iel recherche.
    C’est ce que veut l’abuseur-se émotionnel-le : vous annuler pour s’envoyer des fleurs.

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Tenez compte de chacune de ces dynamiques et essayez de les gérer et de les freiner pour sauvegarder votre identité, votre bien-être et votre santé émotionnelle.

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