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« Prendre des risques, c'est perdre momentanément l'équilibre. Ne pas prendre de risques, c'est se perdre soi-même », Søren Kierkegaard, philosophe danois

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Pour le philosophe, toute décision valable comporte une certaine part de risque. La peur du changement et l'incertitude font partie intégrante du processus.
« Prendre des risques, c'est perdre momentanément l'équilibre. Ne pas prendre de risques, c'est se perdre soi-même », Søren Kierkegaard, philosophe danois
Publié: 01 septembre, 2026 20:00

Même si Søren Kierkegaard a formulé cette idée au XIXe siècle, elle décrit encore aujourd’hui une situation assez courante : certaines personnes évitent de prendre des décisions importantes pendant des années, car l’incertitude liée à l’action leur semble plus coûteuse que le malaise silencieux de l’inaction. Cette sécurité apparente a un prix.

Cette phrase ne vise pas à idéaliser le risque ni à l’assumer sans y réfléchir au préalable. Elle signifie plutôt que toute décision qui compte modifie l’équilibre, et que vivre en évitant ce changement peut coûter plus cher que le déséquilibre momentané qu’entraîne le fait de choisir.

Pourquoi ne pas décider est aussi une décision

Lorsqu’une personne reporte indéfiniment un changement d’emploi, la fin d’une relation qui ne fonctionne plus, un déménagement ou le lancement de sa propre entreprise, elle ne préserve pas l’équilibre. Au contraire, elle choisit de rester où elle est, avec toutes les conséquences de ce choix. Parfois, c’est une façon de vivre par inertie plutôt que par choix.

La peur et le doute qui surgissent face à une décision importante font naturellement partie du processus ; ce ne sont pas des signes indiquant que la décision est mauvaise. Kierkegaard décrivait cela comme une expérience d’angoisse face à la liberté de choisir : le sentiment d’exposition qui apparaît lorsque l’on prend conscience que l’on peut choisir et que ce choix a des conséquences réelles.

Conseils pour prendre des risques de manière plus réfléchie

Prendre des risques personnels ne signifie pas agir de manière impulsive. Il existe des moyens de le faire de manière plus réfléchie :

  • Évaluer les conséquences réelles: avant de prendre une décision, il faut distinguer les conséquences concrètes de la peur imaginaire. Souvent, le scénario redouté est exagéré.
  • Accepter que la certitude ne viendra pas: attendre d’avoir une certitude totale avant d’agir revient souvent à ne jamais agir. La certitude ne précède pas la décision ; elle arrive parfois après, une fois que l’on est déjà en chemin.
  • Ne pas confondre immobilisme et sécurité: éviter systématiquement le risque ne protège de rien. Ce que l’on évite ne disparaît pas, cela change simplement de forme.
  • Assumer la responsabilité de ses choix: même lorsque la décision s’avère inconfortable ou que les résultats diffèrent de ce qui était prévu, l’avoir prise en toute conscience est différent d’être parvenu à ce point par omission.
  • Commencer par des risques mesurés: tout ne doit pas nécessairement être un changement radical. Prendre des décisions plus modestes impliquant une certaine prise de risque aide à développer une tolérance à l’incertitude avant d’aborder des décisions plus complexes.
  • Privilégier la cohérence personnelle: Kierkegaard considérait que vivre en accord avec ce que l’on est réellement, même si cela dérange ou génère des frictions avec l’entourage, a plus de valeur que de maintenir une image de stabilité qui ne correspond pas à la réalité intérieure.

L’équilibre perdu et celui retrouvé

Le déséquilibre momentané évoqué par cette phrase est l’instabilité qui accompagne tout véritable changement. Changer de travail entraîne une période d’adaptation. Mettre fin à une relation nécessite un temps de réajustement. Déménager implique de reconstruire ce qui était auparavant établi. Cette période a un coût, mais elle donne aussi une direction.

Ce que Kierkegaard souligne, c’est que le coût de l’immobilisme existe lui aussi, même s’il est plus difficile à percevoir. Une vie menée principalement par crainte du déséquilibre peut devenir de plus en plus étroite, de plus en plus éloignée de ce que l’on est vraiment.

Prendre des risques n’est pas un héroïsme creux. C’est simplement la condition de toute décision qui mérite d’être prise. C’est pourquoi il convient d’accepter que franchir le pas engendre de l’instabilité, et que cette instabilité n’est pas la fin du chemin, mais une partie de celui-ci.

Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.