Qu’est-ce que le syndrome du choc toxique associé aux tampons hygiéniques ?

· 10 octobre 2016
Le syndrome du choc toxique est produit par une bactérie qui prolifère dans les environnements humides. Ses conséquences peuvent être fatales si cette pathologie n'est pas identifiée à temps.

Le syndrome du choc toxique n’est pas quelque chose de nouveau. Malgré les efforts des scientifiques pour y remédier, il continue à faire de nombreuses victimes à travers le monde.

Il s’agit d’une maladie grave causée par des toxines produites par la bactérie Staphylococcus aureus, dont la prolifération est en lien avec l’utilisation de tampons hygiéniques.

Si c’est une affection relativement rare, la recrudescence des cas dans le monde ces dernières années et leurs conséquences dramatiques doivent attirer notre attention sur la prévention de cette pathologie par l’information des publics sensibles.

L’une des histoires les plus terribles fut celle de la mannequin Américaine Lauren Wasser, qui a perdu une jambe comme conséquence de cette maladie, associée au port de tampons hygiéniques.

La jeune femme de 27 ans s’est ensuite lancée dans une bataille juridique contre Kotex Natural Balance, en accusant la firme de lui avoir inoculé une infection qui lui a presque coûté la vie.

Même si des médecins affirment que moins de la moitié des cas de syndrome du choc toxique sont en lien avec les tampons, des recommandations de plus en plus strictes sont véhiculées par les grandes marques et les pouvoirs publics sur l’utilisation de ces éléments d’hygiène intime.

Qu’est-ce que le syndrome du choc toxique ?

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Le syndrome du choc toxique (SCT) est une affection grave, parfois mortelle, qui est provoquée par des bactéries comme la Staphylococcus aureus et la Streptococcus pyogenes, dont le développement anormal produit une toxine qui déclenche à son tour une septicémie.

Ce syndrome peut toucher n’importe qui, mais les premiers cas identifiés furent ceux de femmes qui avaient l’habitude d’utiliser des tampons durant leurs périodes menstruelles.

Cette pathologie a été découverte dans les années 1980, par le microbiologiste Philip Tierno et ses équipes, qui sont parvenus à déterminer que le développement de la bactérie avait été favorisé par les matériaux synthétiques utilisés pour fabriquer des tampons.

La plupart des matériaux identifiés à l’époque sont désormais interdits aux industriels, mais la maladie est toujours présente et de nombreux cas connaissent toujours une issue mortelle.

Il est important de rappeler que la plupart des cas de SCT sont également dus à d’autres facteurs, comme des interventions chirurgicales par exemple, et pas uniquement à l’utilisation de tampons hygiéniques lors des menstruations.

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Pourquoi l’utilisation de tampons hygiéniques est-elle en relation avec le syndrome du choc toxique ?

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Il n’existe toujours pas d’explication totalement fondée pour mettre en relation l’utilisation de tampons hygiéniques et l’apparition du syndrome du choc toxique.

La principale preuve de cette corrélation est le nombre de cas qui ont été identifiés durant les dernières décennies et qui corroborent cette hypothèse.

Des bactériologues et des spécialistes des maladies infectieuses suggèrent que, à cause de la capacité d’absorption de ces produits et de leur insertion dans le vagin, les staphylocoques disposent d’un environnement idéal pour produire des toxines en excès, qui elles-mêmes vont disposer de bonnes conditions de développement.

De plus, cette pratique permet une meilleure concentration d’oxygène dans la zone, ce qui augmente considérablement le risque d’infection.

Il est donc conseillé d’utiliser ces produits en adoptant des mesures de précaution strictes et de toujours opter pour un degré d’absorption minimum.

Sous aucun prétexte un tampon ne doit être maintenu plus de 8 heures d’affilée dans le vagin.

Quels sont les symptômes du syndrome du choc toxique ?

Les symptômes habituels des personnes touchées par cette maladie sont relativement les mêmes. Tout commence par un mal-être général, accompagné d’une forte fièvre, de vertiges et d’une sensation de confusion.

Plus la maladie avance, plus la tension artérielle diminue. La peau commence à présenter des altérations et la patiente est frappée par des épisodes alternés de vomissements et de diarrhées.

Comme la maladie se développe de manière fulgurante, elle peut entraîner des pathologies graves comme une insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque.

Les cas qui ne sont pas traités correctement et à temps peuvent entraîner la mort.

Quel traitement pour remédier à cette pathologie ?

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Le traitement normal de la maladie inclue l’administration d’antibiotiques capables de freiner la production de toxines dangereuses.

Les médecins administrent également des médicaments pour rétablir les constantes vitales de la patiente, comme des produits pharmaceutiques conçus pour traiter l’hypotension, ainsi que des thérapies de support ou de récupération des fluides, entre autres.

Si un abcès s’est formé, les professionnels de santé se chargent de drainer la zone pour éliminer le pus.

Il est nécessaire que les patientes soient placées sous observation médicale afin de surveiller leu pression sanguine, leur respiration et l’activité de leurs organes vitaux.

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Comment prévenir cette pathologie ?

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Les infections causées par les tampons ne sont pas fréquentes, mais personne n’est immunisée contre elles.

Voilà pourquoi il faut utiliser ces produits d’hygiène intime de manière adéquate, afin de ne pas avoir à faire face aux conséquences dramatiques du syndrome du choc toxique.

  • N’utilisez jamais un tampon pendant plus de 8 heures. L’idéal serait de le changer toutes les 4 à 5 heures.
  • Si jamais vous avez des menstruations abondantes, nous vous recommandons d’opter pour les serviettes hygiéniques ou pour une coupe menstruelle.
  • Dans la mesure du possible, ne portez des tampons que pour des occasions spéciales, comme lorsque vous allez à la plage, que vous faites des activités physiques ou que vous portez des vêtements qui vous y obligent.
  • L’idéal est de choisir des tampons peu absorbants. Car plus le tampon absorbe de fluides, plus le risque de voir surgir la pathologie est grand.
  • Conservez vos tampons dans des endroits frais et secs, pour éviter le développement des bactéries.

Le syndrome du choc toxique est une maladie qui demande des soins immédiats car sinon, comme nous vous l’avons expliqué, ses conséquences peuvent être fatales.

Nous vous recommandons de consulter un médecin si vous ressentez les symptômes listés plus haut, notamment si vous pouvez les mettre en relation avec les facteurs de risque également évoqués ci-dessus.