Syndrome du canal tarsien : de quoi s’agit-il ?

· 23 mai 2019
Dans 25% des cas de syndrome du canal tarsien, la cause est inconnue. Le tableau clinique est douloureux, mais réagit généralement bien au traitement. Dans quelques cas seulement, il y a des séquelles telles que l'insensibilité ou la perte de capacité de mouvement.

Le syndrome du canal tarsien est un tableau clinique peu commun, dont le symptôme principal est une douleur dans la plante du pied. Il touche le plus souvent les femmes âgées de 40 à 45 ans. Son incidence est d’environ 0,58 % pour 100 000 personnes.

Ce syndrome a été décrit pour la première fois en 1932 par Pollock et Davis. Cependant, ce n’est qu’en 1960 que les mécanismes qui déterminent l’apparition du syndrome du canal tarsien ont été décrits, grâce aux études de Kopell et Thompson.

En 1962, Charles Keck a donné une description détaillée de ce problème. Et il a souligné qu’il avait souvent été mal diagnostiqué en raison de sa similitude avec la fasciite plantaire. Goodgold, Kopell et Spieldholz ont détaillé les effets de ce syndrome sur le nerf tibial.

Qu’est-ce que le syndrome du canal tarsien ?

qu'est-ce que le syndrome du canal tarsien ?

On nomme syndrome du canal ou tunnel tarsien un ensemble de signes et de symptômes qui résultent de la compression du nerf tibial ou des nerfs plantaires dans le tunnel tarsien. Celui-ci se situe sous le rétinaculum fléchisseur, dans la zone médiane de la cheville.

Le canal tarsien est un canal de type ostéo-fibreux à l’intérieur de la cheville. Le haut de ce canal est formé par le rétinaculum fléchisseur, ou ligament laciné, qui s’étend de la malléole interne au calcanéum. Sa fonction est donc de stabiliser les tendons fléchisseurs.

Le canal tarsien passe également sous le muscle abducteur de l’orteil. Entre le rétinaculum, le muscle et le calcanéum passent le nerf tibial et ses branches. Lorsque ces nerfs sont comprimés, le syndrome du canal tarsien apparaît. Cette compression s’effectue dans la gorge ostéo-fibreuse qui est inextensible.

Ce syndrome est le résultat d’une inflammation des tissus entourant le tunnel tarsien. Lorsque cela se produit, les nerfs peuvent aussi devenir enflammés et comprimés. C’est ce qui cause alors la douleur.

Vous pourriez aussi être intéressé par : Le syndrome du canal carpien : 5 astuces contre la douleur

Causes du syndrome du canal tarsien

Le syndrome du tunnel tarsien peut provenir de différentes causes. parmi celles-ci on distingue :

  • Traumatismes. C’est la cause la plus fréquente. Habituellement, le syndrome du tunnel tarsien survient après une entorse, une fracture de la malléole interne, du thalle ou du calcanéum. Tous génèrent un épaississement du ligament annulaire et donc une compression subséquente.
  • Sur-utilisation ou hyper-sollicitation. Il s’agit de mouvements répétitifs au niveau de la cheville, soit pour les activités quotidiennes, soit pour la pratique sportive.
  • Défauts dans le pied. Le pied plat génère des anomalies biomécaniques qui conduisent à l’étirement des structures internes et génèrent alors le syndrome du tunnel tarsien.
  • Processus inflammatoires. En particulier, la tenso-synovite des fléchisseurs ou du tibial postérieur.
  • Maladies du tendon ou des veines. Les varices peuvent exercer une pression sur les nerfs. Et également des facteurs tels qu’un kyste sur le tendon.
  • Maladies systémiques. Elles correspondent à environ 10% des cas. Les maladies les plus courantes sont le diabète, l’arthrite, l’hyperthyroïdie et l’hyperlipidémie.
  • Aucune cause connue. Environ 25 % des cas de syndrome du tunnel tarsien n’ont pas de cause identifiable.

Découvrez : 6 exercices pour soulager les symptômes de la fasciite plantaire

Autres informations importantes

douleurs au pied à cause du canal tarsien

Le principal symptôme du syndrome du tunnel tarsien est la douleur. Elle se situe autour de la cheville, presque toujours à l’intérieur de celle-ci. Cet inconfort s’étend jusqu’aux orteils et s’aggrave lorsque la personne qui en souffre marche. Dans les stades avancés du problème, même au repos, les douleurs persistent.

La douleur est forte et s’accompagne habituellement de picotements, de crampes ou de coups de fouet. Au début, on ne se sent bien qu’en se tenant debout, en marchant ou en portant un certain type de chaussures.

Le plus souvent, la douleur apparaît la nuit, après la journée de travail quotidienne. On peut la soulager partiellement en bougeant la cheville, la jambe ou le pied. Une sensation d’engourdissement, ainsi qu’une faiblesse des muscles du pied, des orteils ou des chevilles, sont également très fréquentes.

Dans les cas les plus graves, cette faiblesse devient très visible et peut alors entraîner une déformation de la structure du pied.

Le rétablissement complet du syndrome du canal tarsien est possible avec un traitement approprié. Seul un petit groupe de personnes a des séquelles telles que l’insensibilité partielle ou totale, ou la perte de mouvement. De même, chez un faible pourcentage de patients, la lésion devient récurrente.

 

  • López-Gavito, E., Parra-Téllez, P., Cornejo-Olvera, R., & Vázquez-Escamilla, J. (2014). Síndrome del túnel del tarso. Revisión del tema. Acta ortopédica mexicana, 28(3), 197-202.