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Qu'est-ce que l'hypocondrie ?

Avec l'hypocondrie, la personne a la sensation d'être malade tout le temps. Il s'agit d'un cadre clinique psychologique qui requiert un accompagnement adéquat. Nous allons ici vous expliquer de quoi il s'agit et quelles sont les options de traitement.

Dernière mise à jour : 09 février, 2021

L’hypocondrie est aussi connue sous le nom de trouble somatoforme. Il s’agit d’une situation clinique psychologique au cours de laquelle la personne pense être atteinte d’une pathologie très grave ou se préoccupe excessivement de sa santé, en pensant qu’elle va tomber malade.

Cette préoccupation du patient hypocondriaque lui fait interpréter n’importe quel signe ou symptôme, réel ou imaginaire, comme un signal grave. L’état de santé devient une obsession.

À différents degrés, l’hypocondrie affecte jusqu’à 10 % de la population. Elle est plus fréquente dans les environnements familiaux où l’un des membres (ou plusieurs) en souffre déjà. Même s’il n’existe pas de transmission génétique de l’hypocondrie, on peut dire qu’il y a des écosystèmes familiaux qui s’inquiètent davantage sur la maladie que d’autres.

Historiquement, la définition de l’hypocondrie remonte à la Grèce antique. Les élèves d’Hippocrate, considéré comme le premier médecin, la décrivaient déjà dans leurs traités. Ils la reliaient souvent à des états de mélancolie et de tristesse.

Cette association avec des aspects dépressifs n’est pas erronée. Elle ne l’est pas non plus quand on l’associe à des états d’anxiété et d’angoisse. Même s’il ne s’agit pas de la même chose, les syndromes peuvent se présenter de façon combinée.

Il est également important de différencier l’hypocondrie de la pathophobie. Dans ce cas, la personne a peur d’avoir une maladie grave, raison pour laquelle elle évite à tout prix les consultations médicales et les méthodes complémentaires. Elle pense que les résultats seront tragiques.

En revanche, l’hypocondriaque, lui, augmente sa fréquence de consultations et de réalisation d’examens parce qu’il est convaincu que sa maladie, quelle qu’elle soit, existe, même si personne ne la trouve. Il consulte différents professionnels afin de trouver un diagnostic qu’il ne reçoit généralement pas.

Comment se compose l’hypocondrie

Même si l’hypocondrie n’est pas une forme de trouble anxieux, les patients qui en souffrent sont bien des personnes anxieuses.

La personnalité du patient avec hypocondrie se compose de différents traits et éléments communs :

  • Obsession avec le corps : l’hypocondriaque examine constamment son corps en quête de signes de maladies graves.
  • Préoccupation pour les nouvelles concernant la santé : ces personnes suivent attentivement les nouvelles liées à des sujets de santé, cherchant un lien entre ces nouvelles et leur propre situation et en imaginant que n’importe quelle crise, épidémie ou augmentation de la prévalence d’une maladie va les toucher.
  • Verbalisation des symptômes imaginaires : avec l’hypocondrie, le sujet de conversation est toujours lié aux maladies, aux études à réaliser, à la possibilité de tomber malade et aux conséquences médicales.
  • État d’anxiété : même si l’hypocondrie n’est pas une forme de trouble anxieux, elle concerne en réalité des personnes anxieuses. Ces dernières vivent dans un état de possible anticipation de la gravité d’une maladie dont elles pourraient souffrir.
  • Visites médicales démesurées : la personne hypocondriaque va consulter de nombreux professionnels de santé et a tendance à rapidement changer de médecin traitant. Elle cherche en effet quelqu’un qui lui diagnostique ce qu’elle s’est déjà auto-diagnostiquée.
  • Perte de vie sociale : en faisant tourner sa vie autour de la maladie, le patient hypocondriaque se sépare des activités sociales et de son cercle de famille et d’amis. Ceci a une répercussion négative car ces personnes créent des barrières qui empêchent tout accompagnement de leur obsession.

Facteurs de risque de l’hypocondrie

Comme tout problème de santé, on sait que certains facteurs prédisposent plus une personne à être hypocondriaque. C’est ce qu’on appelle les facteurs de risque. Cela ne signifie pas que leur présence garantisse l’existence de l’hypocondrie, mais ils la favorisent.

L’un des facteurs de risque est d’avoir eu la mauvaise expérience d’erreurs médicales, que cela ait touché directement la personne ou ses proches. La personne a alors la sensation que le médecin peut toujours se tromper et ne pas voir une maladie grave.

Comme nous le mentionnions précédemment, l’environnement familial est aussi un facteur de risque. Il y a des familles hypocondriaques au sein desquelles, dès son enfance, la personne reçoit des messages sur la gravité des maladies et des symptômes. Ce sont également des familles qui réagissent de façon démesurée face à certains signes de maladies habituelles.

L’environnement familial et l’environnement social proche peuvent créer, chez les personnes, des croyances erronées au sujet de leur santé. On peut penser qu’une chose est grave alors qu’elle ne l’est pas.

Traitement

Le traitement de l’hypocondrie se base principalement sur les thérapies cognitivo-comportementales du patient. Le but est que la personne puisse mettre un terme à l’angoisse qu’elle ressent au sujet des maladies.

Aujourd’hui, pour l’hypocondrie, les traitements qui se sont montrés les plus efficaces sont les thérapies cognitivo-comportementales. Bien évidemment, elles doivent toujours être réalisées par des professionnels compétents dans ce domaine.

L’objectif de la thérapie est que la personne soit capable de se libérer de l’angoisse que lui procure son obsession de la maladie et, en même temps, de perdre ses habitudes obsessionnelles. On doit parvenir à une routine au cours de laquelle tout ne tourne pas autour de la possibilité de tomber malade.

En général, les thérapies cognitivo-comportementales proposent des tâches à réaliser au patient. Parmi ces dernières, nous retrouvons la limitation des consultations médicales et le fait d’essayer de ne pas parler de maladies.

Le traitement peut avancer s’il y a une collaboration du cercle intime de la personne. Dans le cas contraire, les objectifs seront difficiles à atteindre. L’accompagnement des proches est pratiquement la clé de la réussite du traitement.

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