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Spinoza sur l'art de se taire : « Rien n'est plus difficile à maîtriser que la langue »

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Il nous arrive parfois de parler trop et de finir par dire des choses que nous ne voulions pas dire. L'idéal est toutefois de prendre le temps de réfléchir et de peser ses mots avant de les prononcer.
Spinoza sur l'art de se taire : « Rien n'est plus difficile à maîtriser que la langue »
Publié: 18 octobre, 2026 21:00

Baruch Spinoza fut l’un des grands philosophes du XVIIe siècle. Dans son ouvrage le plus célèbre, intitulé « L’Éthique », il a formulé une observation qui peut paraître dérangeante — mais tout à fait pertinente —, et qui a été popularisée par cette phrase percutante : « Rien n’est plus difficile à maîtriser que la langue ».

Il voulait ainsi dire que nous, êtres humains, maîtrisons très peu nos propres désirs et encore moins ce que nous disons. Nous pensons choisir nos mots librement. Mais en réalité, ce qui nous pousse à parler provient souvent d’une impulsion.

Le poids des impulsions

Selon le philosophe, nous vivons dans l’illusion que chaque phrase que nous prononçons est un acte de pure volonté. Mais si nous analysons nos conversations quotidiennes, nous pouvons constater que de nombreux mots sont dictés par des émotions que nous ne contrôlons pas entièrement. Par exemple, lors d’une discussion animée, la colère peut nous pousser à proférer des insultes ou des propos blessants que nous n’aurions pas tenus si nous étions calmes.

La honte peut nous pousser à donner des excuses très alambiquées, tandis qu’un enthousiasme excessif nous amène à prendre des engagements difficiles à tenir. Même la technologie joue un rôle dans ce flot accru de paroles sans filtre que nous émettons.

En effet, la précipitation et l’anxiété de répondre rapidement génèrent des messages automatiques que l’on peut regretter quelques minutes après les avoir envoyés. Par exemple, en révélant une confidence sur WhatsApp que l’on ne voulait pas dévoiler ou en publiant un commentaire sur les réseaux sociaux qui restera visible alors que l’émotion qui l’a provoqué aura déjà disparu.



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Comment créer un espace entre l’impulsion et la parole ?

Vous n’avez pas nécessairement besoin de vous taire en permanence pour « maîtriser la parole ». L’idée est d’apprendre à créer un petit écart entre l’impulsion et la parole. Avant de répondre ou d’envoyer un message, prenez quelques secondes pour vous poser les questions suivantes :

  1. Que ressens-je ? Cette question te permettra d’identifier l’émotion latente qui tente de prendre le contrôle de la conversation.
  2. Qu’est-ce que j’espère obtenir ? Cela t’aide à distinguer l’intention authentique derrière ces mots. Qu’il s’agisse de résoudre un problème ou simplement d’évacuer une émotion passagère.
  3. Est-ce que ce que je m’apprête à dire me rapproche de cet objectif ? En vous posant cette question, vous évaluez l’efficacité et les conséquences de vos paroles. Vont-elles contribuer au résultat ou seront-elles contre-productives ?

La valeur du mot opportun

Garde à l’esprit que « maîtriser la langue » implique également de savoir quand parler. En effet, il existe des moments où garder le silence devient une erreur et où un usage précis de la parole s’impose. Par exemple, pour fixer une limite claire à un comportement abusif, expliquer honnêtement un besoin personnel ou corriger une fausse information.

Il est également important de reconnaître une erreur lorsque l’on s’est mal exprimé. S’excuser pour un mot prononcé à mauvais escient est une façon de reprendre le contrôle de notre récit personnel.

Nous n’avons pas besoin d’empêcher l’envie de parler de surgir. Ce que nous devons en revanche essayer d’éviter, c’est que ces impulsions dictent chacune de nos paroles. C’est là l’idée qui sous-tend la phrase de Spinoza.

Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.