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Syndrome d'hyperémèse cannabinoïde : phases et symptômes

La consommation chronique de cannabis est la cause de nombreux troubles. Malheureusement, le syndrome d'hyperémèse cannabinoïde est peu connu et a tendance à être sous-diagnostiqué.

Dernière mise à jour : 29 novembre, 2021

La consommation excessive de marijuana ou cannabis provoque de multiples affections systémiques chez les personnes. Malheureusement, il existe des répercussions méconnues, telles que le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, qui sont très inconfortables pour les personnes qui en souffrent.

On observe le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde chez les consommateurs chroniques de cannabis. Ce syndrome se caractérise par des épisodes récurrents de vomissements, de nausées et de douleurs abdominales, qui s’atténuent avec des bains chauds. Les symptômes disparaissent lorsque la personne cesse de consommer du cannabis.

Les phases du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde

Ce syndrome se divise en 3 grandes phases, qui présentent des différences très marquées les unes par rapport aux autres. Ce sont les suivantes : phase prodromique, phase d’hyperémèse et phase de récupération.

1. Phase prodromique

Il s’agit du stade initial de la maladie, les manifestations cliniques sont donc bénignes et ne limitent pas les activités quotidiennes. La phase prodromique se caractérise par la présence de nausées matinales et de douleurs abdominales.

Le patient peut persister à ce stade pendant plusieurs mois ou années sans recevoir un diagnostic précis. Le retard est dû au fait que les personnes n’admettent pas qu’elles consomment du cannabis et que les symptômes sont associés à d’autres pathologies.

D’autre part, l’une des applications médicales les plus connues du cannabis est la réduction des nausées et des vomissements, ainsi que le soulagement de la douleur chronique. Ce fait amène les personnes à augmenter leur consommation pour améliorer les symptômes, ce qui accélère la progression du trouble.

2. Phase d’hyperémèse

Cette phase se caractérise par la présence de symptômes cliniques évidents. Les vomissements et les douleurs abdominales s’aggravent soudainement et peuvent même invalider les personnes. Les symptômes sont cycliques et durent entre 24 et 48 heures.

Le syndrome s’améliore avec des bains chauds. C’est pourquoi les personnes qui en souffrent ont constamment envie de prendre une douche.

Les douches chaudes améliorent les symptômes.

3. Phase de récupération

La principale caractéristique de cette phase est la disparition des symptômes. La fréquence des bains revient alors à la normale.

La durée de cette phase est très variable : elle peut durer quelques mois comme plusieurs années. Cependant, il convient de noter que les personnes peuvent rechuter si elles consomment de nouveau du cannabis.



Les symptômes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde

Les principaux symptômes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde sont des vomissements et une gêne abdominale. L’intensité des signes dépendra du stade de la maladie. D’autre part, les symptômes suivants peuvent également apparaître :

  • Nausées constantes et intenses
  • Perte d’appétit
  • Perte de poids involontaire
  • Augmentation de la fréquence cardiaque

La plupart de ces symptômes durent le même temps que la phase d’hyperémèse, c’est-à-dire entre 1 et 2 jours. Cependant, la durée peut être plus longue si la consommation de cannabis se poursuit.

Les complications possibles

La principale complication du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde est la déshydratation. Les vomissements constants génèrent une perte considérable de liquides et d’électrolytes, ce qui provoque diverses manifestations systémiques.

En effet, la perte d’eau et la perte d’électrolytes font que le corps perd son équilibre naturel. Les complications suivantes peuvent alors survenir :

  • Contractions musculaires involontaires
  • Convulsions
  • Faiblesse générale
  • Choc
  • Arythmies sévères
  • Insuffisance rénale

Les causes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde

Malheureusement, la cause précise du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde n’a pas encore été établie. Il est important de noter que ce syndrome n’a été découvert qu’en 2004, des recherches supplémentaires sont donc nécessaires.

Les différentes études sur le sujet établissent différentes théories. Toutes ces théories impliquent l’interaction du tétrahydrocannabinol (THC) et d’autres ingrédients actifs avec des récepteurs dans le système gastro-intestinal.

L’une des théories les plus acceptées affirme que le THC interagit avec le récepteur CB1. L’interaction constante génèrerait des modifications du tube digestif et provoquerait l’apparition du syndrome. Cependant, la génétique semble jouer un rôle fondamental, car les consommateurs ne développent pas tous la maladie.



Le diagnostic

Le diagnostic est un véritable défi pour les spécialistes. Les patients ont tendance à cacher qu’ils consomment du cannabis de manière récurrente, ce qui rend impossible une approche précise et opportune.

Les tests de laboratoire ne sont pas utiles pour identifier la maladie, de sorte que les médecins se fient souvent aux signes clinique et aux antécédents. Des critères ont été établis pour faciliter la détection de l’altération. Parmi eux, les suivants se démarquent :

  • Consommation fréquente de cannabis pendant plus d’un an
  • Nausées et vomissements cycliques après consommation
  • Bains chauds compulsifs qui soulagent les vomissements
  • Disparition des symptômes en cas de non-consommation

Les jeunes hommes de moins de 50 ans sont les plus touchés par cette maladie, l’âge doit donc également être pris en compte. Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde peut être confondu avec le syndrome des vomissements cycliques et d’autres troubles similaires. L’historique de la consommation de cannabis permet donc d’établir un diagnostic différentiel.

La consommation de cannabis est la donnée indicative qui peut orienter le diagnostic en cas de doute.

Traitement et prévention

Le traitement du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde pendant la phase de vomissement consiste à soulager les symptômes et à éviter la déshydratation. Les patients doivent boire beaucoup de liquides pour éviter les complications. Par ailleurs, l’utilisation d’antiémétiques peut diminuer l’intensité.

Une hospitalisation sera nécessaire dans les cas les plus graves ou en cas de complications multiples. Cependant, le traitement définitif consiste à arrêter de consommer du cannabis. Les symptômes disparaissent en 1 ou 2 jours après l’arrêt.

La prévention de ce syndrome est similaire au traitement définitif : les personnes doivent cesser de consommer du cannabis. Le vrai problème est que le cannabis crée une dépendance, il peut donc être très difficile d’abandonner la substance. Les symptômes peuvent réapparaître brutalement si la personne en consomme de nouveau.

Une maladie récente et sous-diagnostiquée

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde est une pathologie caractéristique de nombreux consommateurs chroniques de cannabis. Les principes actifs de cette plante altèrent le fonctionnement du tube digestif, provoquant des vomissements et des douleurs abdominales intenses.

Malheureusement, c’est un syndrome peu connu avec des symptômes très généraux, il peut donc être confondu avec d’autres conditions. C’est pourquoi il est sous-diagnostiqué dans la plupart des cas. L’idéal est d’aller chez le médecin en présence de symptômes caractéristiques et de ne pas cacher des informations au personnel de santé.



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