Fibrolyse diacutanée : indications et bienfaits

Dans la fibrolyse diacutanée, des crochets sont utilisés pour exercer une pression sur la peau. Bien qu'à première vue cette procédure semble quelque peu drastique, c'est une procédure sûre.

Dernière mise à jour : 11 novembre, 2021

La fibrolyse diacutanée est une technique caractéristique de la physiothérapie, qui a pour but de relâcher les tensions dans les fascias et dans les différentes couches musculaires. Cette pratique, apparue en Suède dans les années 1950, est aujourd’hui largement utilisée.

La fibrolyse diacutanée n’améliore pas seulement la mobilité et le tonus musculaire, mais aussi la circulation et les réflexes. Elle implique l’utilisation d’un instrument en forme de crochet. Mais pas d’inquiétudes, cet instrument ne pénètre pas dans la peau.

Qu’est-ce que la fibrolyse diacutanée ?

Dans le corps, il existe différents types de tissus : peau, muscles, tendons, nerfs, articulations, os. Ces tissus sont liés les uns aux autres grâce aux enveloppes fibreuses d’un autre tissu appelé tissu conjonctif.

Ce dernier a plusieurs fonctions, telles que le soutien structurel et l’échange de nutriments, d’oxygène et de déchets. Il facilite le glissement entre les composants du système musculo-squelettique. Cela est notamment possible du fait que les structures internes du corps (muscles, organes) sont recouvertes de membranes appelées fascias, qui réduisent les frottements.

Pour différentes raisons, le tissu conjonctif peut durcir ou s’épaissir, formant ce qu’on appelle une fibrose. Dans le cas des muscles, lorsque les membranes sont touchées, le syndrome des loges peut survenir.

Dans ce cas et dans d’autres, la technique de fibrolyse diacutanée peut être appliquée. On l’appelle aussi crochetage. Bien que le terme sous lequel elle est plus connue soit un peu surchargé conceptuellement, la technique elle-même n’est pas si complexe.

Son but est d’aider à briser la fibrose et les adhérences. Elle contribue ainsi au traitement de diverses pathologies, blessures, processus inflammatoires ou dégénératifs, qu’ils soient musculaires, articulaires, névralgiques et même trophiques.



Comment se déroule la procédure ?

Comme pour diverses formes de thérapie manuelle, la personne doit s’allonger sur une surface plane et confortable, de préférence sur une table. Selon la zone à traiter, elle devra s’allonger soit sur le dos, soit sur le ventre, avec ou sans vêtements.

Trois phases peuvent être distinguées au cours de la procédure. Nous les détaillons ci-dessous.

Certaines douleurs musculaires proviennent d’une irritation des fascias qui empêche le bon glissement des structures.

1. Palpation numérique ou manuelle

La zone anatomique à traiter est évaluée et délimitée en fonction de ce que le patient a manifesté en matière de douleur et d’inconfort. Le kinésithérapeute procède à l’évaluation avec ses mains, sans instrument.

2. Palpation instrumentale

Une fois la zone restreinte délimitée, la palpation instrumentale permet de positionner correctement le crochet, et de localiser précisément la fibrose. Ces deux étapes augmenteront non seulement l’efficacité de la technique, mais réduiront également la probabilité d’une application inappropriée.

3. Fibrolyse diacutanée

C’est l’étape de la fibrolyse diacutanée : des outils (crochets) sont utilisés pour pénétrer dans des endroits que les mains ne parviennent pas à atteindre. À savoir entre les faisceaux musculaires, ainsi que les zones d’attache des ligaments et des tendons.

Le but est de casser les adhérences et les corpuscules fibreux. On considère que la destruction de ces fibroses pourrait aider à libérer les tissus, restaurer la mobilité des groupes musculaires et réduire la douleur et l’inflammation.

En règle générale, le processus se fait de distal en proximal. Cela signifie que le travail commence à une certaine distance de la région touchée pour réduire les tensions et améliorer la mobilité. Puis, au fur et à mesure de l’avancement du traitement, le crochet se rapproche de l’épicentre de la lésion.



Techniques et instruments

Les crochets peuvent être utilisés de différentes manières selon les effets souhaités. Ce sont les suivantes :

  • Crochetage. La partie concave de la courbure est utilisée, le crochet est placé perpendiculairement par rapport au muscle.
  • Étirement fascial. Cette technique est réalisée avec la partie convexe de la courbure du crochet, crochet qui est placé à l’envers, afin de générer un effet d’étirement et de relaxation du fascia.
  • Grattage. Cette technique a recours à la pointe d’un petit crochet. Le but, comme le dit le mot lui-même, est de gratter dans différentes directions pour augmenter la circulation en cas d’inflammation.

Les crochets pour la fibrolyse diacutanée

Autrefois, les crochets étaient en bois, en os ou en plastique. Actuellement, les crochets sont en acier inoxydable.

Comme il existe des muscles plus volumineux que d’autres, il existe des crochets de taille et à la courbure différentes. Cependant, le design est similaire : une surface extérieure convexe, une surface intérieure plate, un angle biseauté, un bord arrondi et une terminaison en forme de spatule.

D’autre part, la configuration générale de l’outil permet d’accéder au septum intermusculaire, stimulant sélectivement les fibres conjonctives, les corpuscules et les adhérences.

Effets et bienfaits

Les effets recherchés avec la fibrolyse diacutanée sont au nombre de trois. Ce sont les suivants :

  • Mécanique : mobilité de la zone touchée ;
  • Circulatoire : stimulation de la circulation sanguine et lymphatique ;
  • Action réflexe : inhibition des points réflexes.

En plus des effets susmentionnés, la fibrolyse diacutanée apporte également des bienfaits. Notamment les suivants :

  • Elle favorise la libération d’histamine ;
  • Aide à éliminer l’acide lactique ;
  • Régule le tonus musculaire ;
  • Favorise l’élasticité ;
  • Impacte positivement la portée des articulations, à la cheville par exemple, comme le montrent des études.

Pour qui la fibrolyse diacutanée est-elle recommandée ?

La fibrolyse diacutanée est une technique largement utilisée en physiothérapie. Les crochets peuvent être utilisés sur presque toutes les structures musculaires ou tendineuses, et même sur les articulations.

Elle est indiquée pour les adhérences dues à un traumatisme, la fibrose cicatricielle postopératoire, la fibrose musculaire, les contractures, les lésions tendineuses, la pubalgie, la fasciite plantaire, le piégeage des troncs nerveux périphériques et la névralgie d’Arnold.

Elle est également fréquemment utilisée dans le traitement du syndrome des loges, l’épicondylite et l’épicondylalgie, la périarthrite scapulo-humérale, le torticolis, le syndrome du canal carpien, la ténosynovite du pied et les tendinopathies de la coiffe des rotateurs.

Pour traiter le syndrome du canal carpien, cette technique pourrait être une option appropriée.

Les contre-indications de la fibrolyse diacutanée

Malgré ce large éventail de possibilités, elle n’est pas toujours recommandée. En particulier, elle est déconseillée dans les cas suivants :

  • Fracture ;
  • Ostéoporose ;
  • Thrombose veineuse ;
  • Varices ;
  • Peau avec des brûlures ou des plaies ouvertes ;
  • Prise d’anticoagulants.

Il n’y a aucune preuve indiquant que la fibrolyse diacutanée est efficace dans le traitement des affections inflammatoires telles que l’arthrite. Par conséquent, dans le cas de l’arthrite, il est préférable de continuer avec l’approche traditionnelle.

Les crochets ne sont pas des jouets

Les crochets utilisés pour la fibrolyse diacutanée ressemblent à des ustensiles de cuisine brillants. Cependant, ce ne sont pas des jouets. Bien que la fibrolyse diacutanée soit une procédure à faible risque dans la plupart des cas, elle est plus sûre entre les mains de vrais kinésithérapeutes.

Ainsi, avant de vous rendre à tout rendez-vous, vous devez vous renseigner sur le professionnel de santé. Il est recommandé qu’il soit non seulement formé en physiothérapie, mais aussi à cette technique.

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