La théorie de la personnalité de Sigmund Freud

Pour conceptualiser la personnalité, Sigmund Freud a proposé cinq modèles : les modèles topographique, dynamique, économique, génétique et structurel. En quoi consistent-ils ?
La théorie de la personnalité de Sigmund Freud

Dernière mise à jour : 28 septembre, 2021

La théorie de la personnalité de Sigmund Freud a été discutée et soumise à différentes interprétations au fil du temps. Si elle continue d’influencer de manière significative le domaine de la psychologie, elle fait également l’objet de controverses.

Freud, considéré par beaucoup comme le « père de la psychologie », a consacré une grande partie de sa carrière littéraire à développer des modèles pour expliquer la personnalité humaine. Ainsi, nous connaissons aujourd’hui 5 théories sur la personnalité : les théories topographique, dynamique, économique, génétique et structurelle. Nous les couvrons en détail ci-dessous.

Les modèles de la théorie de la personnalité de Sigmund Freud

Selon la théorie de Sigmund Freud, certains aspects de la personnalité sont primaires et conduisent la personne à agir selon ses pulsions les plus élémentaires. Cependant, d’autres parties de la personnalité sont chargées de réguler ces impulsions et de les adapter aux exigences de la réalité.

La construction de la personnalité adulte en vient à être le résultat des expériences vécues dans la petite enfance et de la manière dont celles-ci sont traitées consciemment et inconsciemment au cours des étapes du développement humain.

Ainsi, la capacité d’une personne à résoudre ses conflits internes à des stades spécifiques de développement détermine en grande partie sa future capacité d’adaptation et sa maturité à l’âge adulte.

Pour mieux le comprendre, nous vous présentons ci-dessous les 5 modèles de la théorie de la personnalité de Freud. Il est important de préciser que celles-ci ne doivent pas être considérées comme une vérité absolue, bien qu’elles soient considérées comme des outils utiles dans plusieurs domaines de la psychologie.



1. Le modèle topographique

Au début de sa carrière, Freud a développé le modèle topographique. Également connu sous le nom de « première topique », ce modèle divise l’esprit en trois régions : inconscient, préconscient et conscient. Pour faciliter la compréhension, Freud a utilisé la métaphore des parties de l’ iceberg.

La pointe de l’iceberg représente la région consciente, c’est-à-dire les choses qui peuvent être perçues à un certain moment. Ce sont les pensées, les souvenirs, les sentiments et les fantasmes.

La partie de l’iceberg qui est submergée mais encore quelque peu visible fait référence à la région préconsciente de l’esprit. Le préconscient renvoie aux souvenirs qui ne sont pas disponibles sur le moment, mais que nous pouvons apporter à la conscience.

Enfin, la majeure partie de l’iceberg, qui est cachée sous l’eau, équivaut à l’inconscient. Il s’agit de tous les souvenirs, sentiments ou pensées qui sont inaccessibles à la conscience. Il peut s’agir également de contenus douloureux, conflictuels ou angoissants.

L'esprit selon Freud.
Freud a élaboré des théories qui permettaient d’expliquer la personnalité.

2. Le modèle dynamique

Le “modèle dynamique” est pour beaucoup l’un des plus difficiles à interpréter. En termes simples, il est lié au conflit psychique qui se produit entre deux forces dans l’esprit : les forces instinctives (impulsions) et les défenses. Les premières recherchent une gratification excessive, tandis que les secondes essaient de l’inhiber.

De cette interaction, se produisent les processus psychologiques qui permettent de réguler le comportement et d’avoir des réponses adaptatives. Sans cela, la santé mentale serait altérée. Plus précisément, les mécanismes de défense dérivés de ce modèle sont les suivants :

  • Répression
  • Formation réactive
  • Déplacement
  • Fixation
  • Régression
  • Projection
  • Introjection
  • Sublimation

3. Le modèle économique

Le concept principal du modèle économique était ce que Freud appelait « pulsion », entendu comme une impulsion qui permet à la personne de rechercher une fin précise. En d’autres termes, l’auteur a suggéré que tous les comportements étaient motivés par des pulsions. D’une manière générale, il les a divisés en 2 :

  • La pulsion de vie (eros) : elle est associée à la capacité d’auto-préservation ou de survie de l’espèce, à la volonté de créer, de s’identifier et de se protéger.
  • La pulsion de mort (thanatos) : elle est liée aux tendances destructrices de l’être humain envers lui-même ou envers les autres.

4. Le modèle génétique

Le modèle génétique est la théorie de la personnalité la plus populaire de Sigmund Freud. Il décrit les 5 phases du développement psychosexuel, caractérisées par la recherche de gratification (ou de décharge de tension) dans les zones érogènes du corps ; chacune déterminée par l’âge.

Freud a suggéré que non seulement l’adulte éprouve de la satisfaction dans les zones érogènes, mais aussi l’enfant. Ainsi, chaque étape symbolise la concentration de la libido dans une zone différente du corps.

Si les pulsions libidinales ne progressent pas adéquatement ou sont réprimées, l’enfant reste insatisfait ou dans un état de fixation. Cela produit de l’anxiété qui peut persister à l’âge adulte sous forme de névrose. Les phases du développement psychosexuel de Freud sont les suivantes :

  • Phase orale : elle a lieu au cours de la première année de vie. Le comportement se concentre sur la bouche, puisque le plaisir passe par le fait de sucer, mordre ou embrasser.
  • Phase anale : elle a lieu de 18 mois à 4 ans. Pendant cette période, l’apprentissage de la propreté devient une tâche sensible pour l’enfant. Par conséquent, le centre du plaisir se déplace de la zone orale vers la zone anale. Les enfants de ces âges se concentreront sur l’excrétion, car ils cherchent à répondre aux performances attendues par leur tuteur. Autrement, la fixation peut se manifester par une rétention anale ou une expulsion anale.
  • Phase phallique : elle couvre les âges compris entre 4 et 7 ans. C’est l’étape la plus controversée du développement psychosexuel de Freud. Le mineur commence à ressentir du plaisir associé à ses organes génitaux, c’est pourquoi la masturbation est courante. C’est à ce moment-là que peut intervenir le complexe bien connu d’Œdipe ou encore le complexe de castration.
  • Phase de latence : elle couvre les âges de 7 à 12 ans. À ce stade, Freud a suggéré que la pulsion sexuelle est réprimée pour donner la priorité à l’apprentissage et au développement cognitif. Ainsi, l’enfant se concentre sur les activités scolaires, sportives et sociales. S’il y a des dysfonctionnements dans cette période, l’individu aura du mal à avoir des relations saines à l’âge adulte.
  • Phase génitale : elle couvre les âges à partir de 12 ans. C’est la phase de la maturité sexuelle. C’est une période où l’identité sexuelle se réaffirme, tant chez les hommes que chez les femmes.


5. Le modèle structurel

Dans ce modèle de la théorie de la personnalité de Sigmund Freud, l’esprit est divisé en trois instances qui se développent tout au long de l’enfance : le « ça », le « je » et le « surmoi ». Chacune a une fonction différente qui, à son tour, agit sur différents niveaux de l’esprit.

Pourtant, ensemble, elles forment une structure de personnalité unique. De plus, les conflits entre celles-ci donnent lieu à des symptômes psychopathologiques.

  • Le Ça : il fait référence à l’aspect instinctif de la psyché. Son but principal est de satisfaire les pulsions biologiques, inconscientes et instinctives de la personne.
  • Le Moi : il est considéré comme un développement du Ça, mais il fonctionne aussi comme intermédiaire entre le Surmoi. Il joue un rôle régulateur, puisqu’il satisfait les pulsions en fonction des exigences de l’environnement et en travaillant avec des contenus à la fois inconscients et conscients.
  • Le Surmoi : il veille au respect des règles morales et des valeurs de la société. Il exerce une fonction de censure et de critique.
La formation de la personnalité selon Freud.
Toutes les théories de Freud tentent d’expliquer la formation de la personnalité, en vue de comprendre les agissements humains.

En somme…

Bien qu’ils soient expliqués séparément, les modèles de la théorie de la personnalité de Sigmund Freud sont liés les uns aux autres. Ensemble, ils expliquent comment le développement de la personnalité conditionne la manière dont chacun évolue dans son environnement.

Dans le même temps, cela nous permet de comprendre comment les conflits non résolus entre les pulsions physiques et les attentes sociales à chaque étape du développement humain peuvent conduire à des altérations mentales.

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