Un sommeil de bonne qualité peut prévenir les maladies cérébrales

6 mai 2020
Une étude avancée menée à Barcelone démontre qu'un sommeil de bonne qualité est fondamental pour prévenir les maladies cérébrales. Depuis plusieurs années, de multiples enquêtes présentent des conclusions similaires.

Une nouvelle étude sur l’importance d’un sommeil de bonne qualité a été publiée dans la revue scientifique Plos one le 19 février. Selon la publication, il est prouvé qu’un sommeil approprié peut prévenir les maladies cérébrales.

L’étude a été réalisée par des chercheurs du projet Barcelona Brain Health Initiative (BBHI), parrainé par l’Institut Guttmann et La Caixa, à Barcelone (Espagne). Ils ont utilisé des données recueillies par le biais de questionnaires en ligne auprès de volontaires âgés de 40 à 65 ans qui n’avaient aucun problème de santé lié au sujet.

Au total, 4 500 personnes ont été suivies pendant un an. Il a ainsi été possible d’établir qu’une bonne qualité de sommeil est décisive pour réduire le risque de souffrir de maladies neurologiques. Ou neuropsychiatriques. Et que, par conséquent, ces maladies affectent le sommeil normal.

L’étude sur les maladies cérébrales

La recherche sur la bonne qualité du sommeil et ses effets sur les maladies du cerveau a débuté en 2017. Avec 4 500 volontaires. Sur ce nombre, 2 353 ont continué à fournir des données pendant toute une année. Parmi ces derniers, 73 avaient finalement été diagnostiqués avec de nouvelles maladies neurologiques et neuropsychiatriques.

Le directeur scientifique de la recherche était le Dr Alvaro Pascual-Leone, qui a souligné l’importance des modes de vie sains dans le rapport final. Les résultats de l’étude montrent qu’ils sont déterminants pour le maintien d’une bonne santé cérébrale. Une faible activité physique, par exemple, est un facteur déterminant pour le sommeil.

D’autre part, le Dr Gabriele Cattaneo, un des auteurs de l’étude, a souligné que les femmes qui n’ont pas une bonne qualité de sommeil ont un risque plus élevé de souffrir de dépression. Un lien a également été établi entre la mauvaise qualité du sommeil et la présence d’autres maladies. Telles que l’hépatite et l’hypertension.

Les maladies cérébrales et le sommeil

 

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Une bonne qualité de sommeil : un facteur décisif

Les recherches du projet de la Barcelona Brain Health Initiative (BBHI) ne sont pas les premières à parler de la relation entre une bonne qualité de sommeil et la prévention des maladies cérébrales. En avril 2019, les experts réunis lors du XXVIIe Congrès de la Société espagnole du sommeil ont souligné quelque chose de similaire.

Lors de cet événement, les spécialistes ont discuté et débattu de la qualité du repos et des maladies du cerveau. Ils ont indiqué dans leurs conclusions que ces dernières années, de nombreux éléments ont montré qu’il pourrait y avoir une relation à double sens entre les troubles du sommeil et les maladies neurodégénératives. Parmi ces pathologies, les plus courantes sont les maladies de Parkinson et d’Alzheimer.

De même, ils ont déclaré qu’il a été constaté que dans de nombreux cas, les problèmes de sommeil apparaissent quelques années avant les premiers symptômes de différentes démences. Il faut donc considérer ce facteur comme un signal d’alarme.

En revanche, les maladies cérébrales se détériorent plus rapidement si elles s’accompagnent de troubles du sommeil. Le Dr Sandra Giménez Badia, neurophysiologiste clinique à l’hôpital de la Santa Creu i Sant Pau de Barcelone, a fourni un chiffre accablant. Jusqu’à 70% des personnes souffrant d’un type de démence ont également des problèmes de sommeil.

Un homme âgé souffrant de maladies cérébrales

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Les maladies cérébrales : sommeil et Alzheimer

La Fondation Pasqual Maragall, spécialisée dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer, a publié une étude dans la revue Alzheimer’s Research and Therapy. Celle-ci indique, après avoir analysé 1 638 personnes, que les personnes souffrant de troubles du sommeil avaient un volume plus faible dans les régions du cerveau telles que le cortex cingulaire précuneo ou postérieur.

Ces zones du cerveau sont impliquées dans des processus tels que la mémoire et les performances intellectuelles. C’est également dans ces régions que les premiers symptômes de détérioration apparaissent. Principalement dans les premiers stades de la maladie d’Alzheimer.

Les chercheurs ont également constaté des modifications de la substance blanche du cerveau. Et des effets plus importants de l’insomnie chez les porteurs de la variante du gène APOE-ε4. Cela signifie qu’il existe un lien entre l’insomnie et le risque d’Alzheimer. On ne connaît pas encore les détails, mais on étudie actuellement cette relation.

Pour toutes ces raisons, si une personne n’a pas une bonne qualité de sommeil, elle s’expose à divers problèmes de santé. L’insomnie, les interruptions du sommeil et toute forme de repos insuffisant ne doivent pas être pris à la légère. Ce sont autant de conditions qui justifient la consultation d’un médecin pour un suivi détaillé.

 

Echávarri, C., & Erro, M. E. (2007). Trastornos del sueño en el anciano y en las demencias. In Anales del Sistema Sanitario de Navarra (Vol. 30, pp. 155-161). Gobierno de Navarra. Departamento de Salud.