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Wangari Maathai : « Tant que tu n’as pas creusé un trou, planté un arbre, l’as arrosé et l’as aidé à survivre, tu n’as rien fait. »

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La réflexion de Wangari Maathai sur le fait de planter et d'entretenir un arbre illustre bien ce qui se passe avec les habitudes et les projets : il est important de se lancer, mais pour les maintenir en vie, il faut de l'attention et de la persévérance.
Wangari Maathai : « Tant que tu n’as pas creusé un trou, planté un arbre, l’as arrosé et l’as aidé à survivre, tu n’as rien fait. »
Publié: 31 octobre, 2026 21:00

Il existe un véritable fossé entre le fait d’avoir une intention et celui de la mener à bien jusqu’à ce qu’elle porte ses fruits. Beaucoup de gens se lancent dans des projets, adoptent de nouvelles habitudes ou entreprennent des changements avec clarté et énergie, pour finalement les abandonner avant même qu’ils aient eu le temps de s’ancrer. Ce sentiment est familier : ce qui avait bien commencé s’arrête à un moment donné, entre le début et le résultat.

Wangari Maathai, lauréate du prix Nobel de la paix et fondatrice du Mouvement de la Ceinture verte au Kenya, décrivait cela à l’aide d’une image très concrète : creuser, planter, arroser et faire survivre.

Ce ne sont pas quatre étapes que l’on peut dissocier. Ce sont les phases d’un même processus, et aucune n’a de valeur si la suivante ne suit pas.

La première étape a certes son importance, mais elle ne suffit pas

Commencer a de la valeur. Sans le trou, l’arbre ne peut pas être planté. Sans l’arbre, il n’y a rien à arroser. Maathai ne nie pas le mérite de commencer ; elle souligne que commencer est la condition préalable, et non l’accomplissement en soi.

C’est ce qui distingue cette phrase de tout discours sur l’importance de « faire le premier pas ». Ici, l’accent est mis sur ce qui vient après : l’arrosage, les soins, la persévérance aux moments où l’arbre ne donne encore aucun signe visible qu’il va survivre. C’est à ce stade que de nombreux projets échouent.

La persévérance ne signifie pas la perfection

L’une des idées fausses les plus courantes concernant la persévérance est de la confondre avec le fait de tout faire correctement dès le début. Arroser un arbre nouvellement planté ne garantit pas qu’il ne penchera pas, qu’il ne souffrira pas de la chaleur ou qu’il ne connaîtra pas de jours difficiles. Prendre soin de lui n’élimine pas les problèmes, mais permet d’y faire face sans abandonner.

Dans la vie quotidienne, cela se traduit par des choses concrètes. Une habitude interrompue pendant quelques jours n’est pas perdue si on la reprend. Un projet qui rencontre des obstacles n’échoue pas pour autant, à condition qu’il y ait quelqu’un qui reste présent, qui observe, qui s’adapte.

La constance n’est pas de la rigidité : c’est l’engagement de continuer à prendre soin même si le processus n’avance pas exactement comme prévu.

Qu’est-ce qui permet à quelque chose de survivre ?

La phrase de Maathai se termine par un verbe qui n’apparaît généralement pas dans les discours sur les objectifs : survivre. Ne pas croître rapidement, ne pas s’épanouir tout de suite. Survivre. Cela implique une période de vulnérabilité, d’incertitude, où le résultat n’est pas encore évident, mais où la bienveillance est ce qui maintient la possibilité ouverte.

Trois conditions distinguent généralement les projets qui parviennent à perdurer de ceux qui sont abandonnés :

  • Une présence régulière: pas nécessairement de longue durée, mais constante. Un arbre qui n’est pas arrosé pendant des semaines peut s’en remettre. Celui qui ne reçoit jamais d’attention, non.
  • Capacité d’adaptation: quand quelque chose ne fonctionne pas, il faut le changer. La persévérance n’exige pas de continuer à faire la même chose même si cela ne fonctionne pas ; elle exige de rester engagé envers l’objectif même si la méthode change.
  • Patience : les changements durables prennentdu temps. Attendre des résultats visibles trop tôt conduit à abandonner juste avant que le processus ne commence à porter ses fruits.

Faire quelque chose, c’est le pérenniser

Maathai a œuvré pendant des décennies au reboisement du Kenya, en encourageant la plantation de plus de 51 millions d’arbres. L’ampleur de ce résultat n’est pas le fruit d’une décision ponctuelle, mais de l’accumulation de soins répétés, de personnes qui sont revenues vers le même arbre jour après jour.

Quelle que soit l’échelle, la leçon est la même : commencer, c’est mettre quelque chose en marche, mais ce qui détermine si cette chose parvient à grandir, c’est ce qui se passe ensuite. Ce n’est pas le début, mais la continuité qui s’ensuit.

Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.