8 conséquences physiques ou psychologiques de la boulimie

La boulimie implique certains comportements qui menacent la santé physique et psychologique des personnes touchées. Détecter de tels comportements est essentiel pour éviter les conséquences de ce trouble alimentaire.
8 conséquences physiques ou psychologiques de la boulimie

Dernière mise à jour : 15 novembre, 2022

Les conséquences de la boulimie sur la santé physique et psychologique peuvent être fatales. Bien que ses effets sur l’organisme soient mieux connus qu’il y a quelques années, elle reste l’un des troubles alimentaires les plus fréquents, notamment chez les jeunes.

Différents facteurs déclenchent son développement. Cependant, l’un des plus importants est le besoin d’obtenir un corps « parfait » sans un gramme de graisse. Cette préoccupation est souvent associée à certaines caractéristiques de la personnalité de l’individu, ainsi qu’à différentes variables sur le plan émotionnel.

Pour établir son diagnostic, il est essentiel de connaître ses symptômes les plus pertinents et ses conséquences les plus importantes. Découvrez-les ci-dessous.

Qu’est-ce que la boulimie ?

La boulimie est un trouble de l’alimentation qui se caractérise par une envie incontrôlable de trop manger pour plus tard purger le corps par des méthodes inappropriées. Une personne qui souffre de ce problème sait que la frénésie alimentaire est malsaine et se sent coupable à ce sujet.

Par conséquent, dans l’idée de perdre du poids ou d’éviter la prise de poids, elle a recours à des méthodes pour éliminer cet excès de calories, telles que provoquer des vomissements, faire des exercices physiques intenses ou abuser de diurétiques et de laxatifs.

L’aspect clé à traiter dans de telles circonstances est avant tout la perception de soi, puisque ces patients s’inquiètent constamment de leur poids et de leur forme corporelle, se jugeant durement. D’après les Drs Attia et Walsh, la boulimie touche 1,6 % des adolescentes et des jeunes femmes et 0,5 % des hommes d’âge comparable.

Les facteurs de risque de la boulimie

Plusieurs facteurs favorisent le développement de ce trouble. Parmi eux, figurent les suivants :

  • Surpoids ou obésité
  • Prédisposition génétique ou familiale
  • Problèmes psychologiques et émotionnels
  • Pression sociale et médiatique
  • Obligation de maintenir un certain poids pour une pratique sportive ou artistique

Lisez aussi : La diaboulimie, qu’est ce que c’est ?

Les symptômes de la boulimie

Les personnes boulimiques essaient de passer inaperçues, car elles sont conscientes que leur comportement est malsain et préfèrent le cacher. Elles trouvent souvent des excuses pour rester à l’écart de la table et ensuite effectuer leur méthode de purge, qui consiste à se faire délibérément vomir. Les principaux symptômes sont les suivants :

  • Usage inapproprié de laxatifs ou de diurétiques
  • Extrême préoccupation pour la forme du corps et le poids
  • Incapacité à contrôler le comportement alimentaire
  • Trop manger au point de se sentir malade
  • Se faire vomir ou faire de l’exercice de façon excessive après une frénésie
  • Limiter les calories ou éliminer les groupes d’aliments entre les crises de boulimie
  • Prise de compléments alimentaires ou de produits amincissants

Les conséquences de la boulimie sur la santé physique et psychologique

Il est courant que la famille du patient boulimique ait du mal à identifier les comportements du trouble. De plus, le diagnostic est généralement posé lorsque le problème a déjà causé plusieurs séquelles physiques et psychologiques. Nous vous présentons quelques-unes des plus courants.

1. Troubles digestifs

Parmi les premières conséquences de la boulimie, figurent celles qui touchent directement le système digestif. Des difficultés de déglutition, des reflux et des ulcères surviennent souvent dans l’œsophage.

Ces dernières blessures sont dues au retour des acides gastriques qui provoquent des vomissements. De telles complications ont été signalées dans une étude récente des professeurs Philip S. Mehler et Melanie Rylander Tales (University of Colorado Health Sciences Center, États-Unis).

Ulcères d'estomac.

2. Les problèmes respiratoires, une autre des conséquences de la boulimie

Comme le souligne également l’étude précitée, les dommages causés à l’œsophage par des vomissements continus peuvent provoquer un enrouement chronique. De plus, les patients ont un système immunitaire plus faible et peuvent souffrir d’infections pulmonaires graves.

3. Problèmes cardiovasculaires

Lors des procédures de purge, la personne boulimique est susceptible de souffrir de déshydratation. Ce déséquilibre des niveaux d’électrolytes est lié aux troubles cardiovasculaires.

Une étude récente menée par un groupe de chercheurs de l’Université de Floride indique que parmi ces affections, il y a des dommages aux muscles cardiaques, des tachycardies (accélération du rythme cardiaque) et une hypotension (pression artérielle basse).

4. Faiblesse musculo-squelettique

L’étude précédente évoque également les effets de l’abus de laxatifs et de diurétiques sur le système musculo-squelettique. L’utilisation de ces produits entraîne une déshydratation et une perte importante de potassium, ce qui influe sur l’état des muscles et des os.

5. Pathologies dentaires

Les vomissements auto-induits sont également associés à des affections dentaires. Notamment à l’érosion de l’émail, à la sensibilité des dents et des gencives, aux caries et à la récession gingivale. Les gencives se rétractent, exposant ainsi une partie des dents qui était auparavant couverte. 

De telles affections, ainsi que la réticence à aller chez le dentiste, ont été refletées dans une enquête menée par le Dr Jenny H. Conviser et son équipe. Les auteurs ont constaté qu’en raison des sentiments de honte et de peur, les personnes atteintes de ce trouble évitent les visites chez le dentiste . Cela ne fait qu’aggraver les symptômes et retarder le début du traitement.

6. Image corporelle déformée

Cet aspect est à la fois un symptôme et une conséquence de la boulimie, puisque la distorsion de l’image du corps lui-même augmente au fur et à mesure que la maladie progresse. C’est-à-dire que bien que la maigreur de ces personnes soit évidente aux yeux des autres, elles se considèrent toujours en surpoids lorsqu’elles se regardent dans le miroir.

Comme nous l’avons mentionné au début, c’est sûrement l’un des problèmes qui nécessite le plus d’attention lors du démarrage d’une thérapie. Un travail visant à l’amélioration de la perception que le patient a de lui-même est nécessaire, afin qu’il puisse introduire des changements dans d’autres domaines de sa vie.

7. La dépression fait partie des conséquences de la boulimie

Une autre des séquelles de la boulimie au niveau psychologique est la détérioration de l’ humeur. En raison du sentiment de culpabilité et de l’obsession pour le poids, les patients sont souvent embourbés dans une profonde tristesse, qui se traduit parfois par des pensées suicidaires.

Femme paresseuse au lit.

8. Isolement social

Selon une étude menée par le Département de psychologie de l’Université de São Paulo, la distanciation dans les relations interpersonnelles est également l’une des conséquences courantes de la boulimie. Le patient préfère rester seul : il ne veut pas entendre les opinions des autres sur son corps, et il ne veut pas non plus que les autres sachent ce qu’il fait.

Cependant, cet isolement ne fait que le priver du soutien qu’il pourrait recevoir de sa famille et de ses amis, ce qui contribue à la fois à l’aggravation de son état émotionnel et au maintien des comportements de purge.

Les autres complications de la boulimie

Comme on l’a vu, la boulimie est un trouble grave qui cause des dommages importants à l’organisme et à la santé mentale de ceux qui en souffrent. En dehors des principales complications et conséquences déjà évoquées, d’autres complications peuvent survenir, telles que :

  • Déshydratation sévère
  • Insuffisance rénale
  • Menstruations irrégulières
  • Automutilation
  • Abus de substances (alcool, drogues)
  • Impact émotionnel sur l’entourage (parents, enfants, partenaire)

Peut-on prévenir les conséquences de la boulimie ?

Le diagnostic précoce est un outil incontournable. Il est ainsi vital de connaître à la fois les symptômes et les conséquences de la boulimie.  Bien que le traitement soit différent dans chaque cas, l’aide professionnelle et le soutien familial sont des facteurs déterminants pour faire face aux difficultés. L’entourage peut aider de diverses manières. Par exemple :

  • Promouvoir ou renforcer l’estime de soi et l’acceptation de soi
  • Éviter d’évoquer des stéréotypes sur l’image corporelle
  • Encourager la personne a à réaliser des activités qui lui plaisent
  • Faire des repas de famille dans une ambiance harmonieuse
  • Adopter des modes de vie sains,
  • L’accompagner à des groupes de soutien
Cela pourrait vous intéresser ...
Les types de boulimie
Améliore ta Santé
Lisez-le dans Améliore ta Santé
Les types de boulimie

La boulimie est l'un des troubles alimentaires les plus fréquents chez les adolescents. Découvrez les différents types de boulimie.



  • Brandt, L. M. T., Fernandes, L. H. F., Aragão, A. S., Luna, T. P. da C., Feliciano, R. M., Auad, S. M., & Cavalcanti, A. L. (2019). Risk behavior for bulimia among adolescents. Revista Paulista de Pediatría, 37(2), 217–224. https://doi.org/10.1590/1984-0462/;2019;37;2;00008
  • Casiero, D., & Frishman, W. H. (2006). Cardiovascular Complications of Eating Disorders. Cardiology in Review, 14(5), 227–231. https://doi.org/10.1097/01.crd.0000216745.96062.7c
  • Conviser, J. H., Fisher, S. D., & Mitchell, K. B. (2014). Oral care behavior after purging in a sample of women with bulimia nervosa. The Journal of the American Dental Association, 145(4), 352–354. https://doi.org/10.14219/jada.2014.5
  • Forney, K. J., Buchman-Schmitt, J. M., Keel, P. K., & Frank, G. K. W. (2016). The medical complications associated with purging. International Journal of Eating Disorders, 49(3), 249–259. https://doi.org/10.1002/eat.22504; texto completo.
  • Leonidas, C., & Santos, M. (2014). Social support networks and eating disorders: an integrative review of the literature. Neuropsychiatric Disease and Treatment, 10, 915-927. https://doi.org/10.2147/ndt.s60735
  • Mehler, P. S., & Rylander, M. (2015). Bulimia Nervosa – medical complications. Journal of Eating Disorders, 3(1). https://doi.org/10.1186/s40337-015-0044-4
  • Sekuła, M., Boniecka, I., & Paśnik, K. (2019). Bulimia nervosa in obese patients qualified for bariatric surgery – clinical picture, background and treatment. Videosurgery and Other Miniinvasive Techniques, 14(3), 408–414. https://doi.org/10.5114/wiitm.2019.81312
  • Sysko, R., Ojserkis, R., Schebendach, J., Evans, S. M., Hildebrandt, T., & Walsh, B. T. (2017). Impulsivity and test meal intake among women with bulimia nervosa. Appetite, 112, 1–8. https://doi.org/10.1016/j.appet.2017.01.005; texto completo
  • Wang, L., Kong, Q.-M., Li, K., Li, X.-N., Zeng, Y.-W., Chen, C., Qian, Y., Feng, S.-J., Li, J.-T., Su, Y., Correll, C. U., Mitchell, P. B., Yan, C.-G., Zhang, D.-R., & Si, T.-M. (2017). Altered intrinsic functional brain architecture in female patients with bulimia nervosa. Journal of Psychiatry & Neuroscience, 42(6), 414–423. https://doi.org/10.1503/jpn.160183; texto completo.