Aboulie : symptômes et traitements

L'aboulie se caractérise par des sentiments et des phrases qui évoquent l'apathie. La personne ne veut rien faire. Cela peut être un signe avant-coureur de dépression.
Aboulie : symptômes et traitements

Dernière mise à jour : 22 avril, 2021

“Je n’ai la force de rien”, “ça ne m’intéresse pas”, “j’essaie, mais je n’y arrive pas”. Ce sont les phrases les plus fréquentes prononcées par les patients lors des consultations. C’est ce que l’on appelle l’aboulie.

L’aboulie prend la forme d’une apathie extrême et se manifeste par le manque d’intérêt, de volonté et d’énergie pour réaliser quelconque activité. Cette condition est parfois simple ou plus complexe, en fonction de chaque cas.

Symptômes associés à l’aboulie

Certains des symptômes qui permettent de remarquer la présence d’aboulie sont les suivants :

  • Manque de motivation et d’intérêt pour effectuer quelconque type d’activités. Aussi bien celles qui procurent du plaisir que celles qui sont plus routinières, comme le travail ou les devoirs.
  • Perte de la capacité à éprouver du plaisir.
  • Reconnaissance du fait que certaines activités devraient être réalisées, ou qu’il faudrait entreprendre certaines choses, mais qu’elles ne se concrétisent jamais. L’aboulie conduit à la procrastination.
  • La perte d’intérêt se manifeste également au niveau des relations. Des difficultés apparaissent donc sur le plan de la communication. La personne n’interagit pas, ne répond que par monosyllabes. Pas d’initiation ou de continuation d’un dialogue. De la même manière, l’intérêt sexuel diminue ou se perd.
  • Il peut aussi y avoir une négligence ou un abandon de l’hygiène personnelle.
  • Apathie émotionnelle: indifférence ou difficultés pour donner une réponse adéquate aux situations vécues.
  • Ralentissements des mouvements ou inhibition motrice.

Selon la gravité des symptômes, leur présence n’est pas forcément un problème en soi. En effet, il nous arrive parfois d’éprouver des difficultés dans notre quotidien pour initier une action ou chercher la motivation. Le problème réside dans la persistance dans le temps.

Par ailleurs, il est important de savoir que l’aboulie fait partie des troubles de l’humeur, tels que les troubles dysthymiques ou dépressifs.

Un homme qui se prend la tête avec les mains.

“L’aboulie peut être un symptôme supplémentaire de la dépression, annonçant un trouble de l’humeur.”

Quelles sont les causes ?

Concernant les causes, comme presque toutes les situations ou troubles psychologiques, il n’existe pas une seule origine. Au contraire, cela dépend également du trouble auquel on se réfère.

Dans certains cas, on parle d’altérations neuroendocriniennes dues à une production accrue de cortisol. D’autre part, au niveau neurologique, certaines découvertes font référence à des affectations structurelles ou fonctionnelles dans différentes zones du cerveau. Par exemple, des lésions dans les ganglions de la base.

Lors de troubles de l’humeur, tels que la dépression, nous savons qu’il existe des altérations au sein des neurotransmetteurs comme la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine. L’une des options consiste donc à agir sur le symptôme au niveau pharmacologique avec des antidépresseurs.

Par ailleurs, l’aboulie peut survenir en même temps que des facteurs psychologiques ou psychosociaux lorsque la présence prolongée et intense de situations stressantes ou d’expériences traumatisantes est fréquente.

Comment diagnostiquer l’aboulie ?

Etant donné la complexité du phénomène et de son éventuelle multicausalité, le diagnostic doit être complet. Et investiguer au niveau neurobiologique et psychologique.

En effet, il est primordial de prendre en compte les aspects individuels, en reconstituant l’histoire de vie du patient ainsi que les éventuels effets indésirables qui peuvent influencer. Il est tout aussi important de déterminer si des facteurs sociaux ont pu déclencher l’aboulie ou la renforcer.

Pour l’établissement du diagnostic, les entretiens avec le patient sont fondamentaux. Mais le témoignage de membres de la famille peut aussi être éclairant. Plus il y a d’informations et de données, meilleure sera l’orientation sur le plan thérapeutique.

Traitements disponibles

Le traitement dépend en grande partie du diagnostic. Comme nous l’avons mentionné, l’aboulie fait partie de différents troubles. En général, une combinaison entre la psychothérapie et les médicaments est envisagée, si ces derniers sont nécessaires.

Concernant le type de thérapie, même s’il existe de multiples approches, la thérapie cognitive est l’une des plus utilisées. En effet, elle travaille sur la restructuration des croyances et des pensées du patient sur lui-même et son état actuel. De même, l’activation comportementale fait également partie des interventions utilisées.

D’autre part, la psychoéducation est aussi essentielle. Tant pour faciliter la compréhension du problème que pour amener le patient à être acteur de son changement. Cette approche lui permet de prendre des mesures de soins personnels et d’améliorer progressivement sa qualité de vie.

Quelques conseils pour ne pas laisser l’aboulie prendre le dessus

L’une des plus grandes difficultés de l’aboulie est liée au cercle vicieux qui s’instaure. Par exemple, comme la personne se désintéresse de ses relations, cela entraîne un découragement qui renforce davantage l’aboulie. Il est donc important de mettre en place des petites actions pour interrompre cette spirale.

Le fait de demander de l’aide représente déjà un défi pour les patients abouliques. En général, leur propre apathie, leur faible estime de soi et leur inhibition émotionnelle constituent des obstacles.

1. Célébrer les petites réussites

Pour les personnes souffrant d’aboulie, chaque chose, aussi petite soit-elle, représente une véritable mission. Dans un premier temps, il est préférable de s’impliquer progressivement dans des activités courtes et réalistes.

Par exemple, aller se promener 30 minutes par jour. Si le patient réussit, il est essentiel de valoriser et de célébrer ce succès en le motivant et en l’aidant à poursuivre dans cette même direction.

Quatre mains qui se serrent.

“Il est indispensable de soutenir le patient. Célébrer ses réussites et l’accompagner dans des activités concrètes sont des moyens de stimulation.”

2. Introduire de nouvelles habitudes

Il est également important de se concentrer sur de bonnes habitudes telles qu’une alimentation équilibrée, une activité physique et une hygiène correcte de sommeil. En psychothérapie, cela se travaille généralement à travers la programmation d’activités quotidiennes.

3. Encourager (et accompagner) la réalisation des activités

Les personnes souffrant d’aboulie ne veulent participer à aucune activité car elles ont perdu la motivation. Néanmoins, leur entourage doit les encourager à accepter les propositions. Cela permet de réguler la situation et de récupérer un certain intérêt.

La famille et les proches peuvent accompagner en apportant un soutien émotionnel, en favorisant la socialisation, en les encourageant à parler et à exprimer leurs émotions et leurs sentiments.

Dans le cadre du rétablissement, les programmes thérapeutiques incluent généralement le thérapeute et le patient, mais également le système familial.

L’aboulie ne disparaît pas du jour au lendemain

L’approche de l’aboulie exige de la patience. Les étapes sont petites, mais le fait de les franchir et de se mettre en mouvement est un accomplissement énorme.

Enfin, il est essentiel d’être réaliste dans les objectifs et le traitement proposé afin de ne pas générer de frustration. Mais il est tout aussi important de disposer d’un environnement favorable qui puisse accompagner la personne sur le chemin du mieux-être. Car l’isolement aggrave cette condition.

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