Accouchement déclenché : pourquoi et comment ?

17 avril 2019
Dans certains cas bien spécifiques, le gynécologue peut juger nécessaire de déclencher le travail : il s'agit de provoquer de façon artificielle des contractions afin de déclencher l'accouchement.

Un déclenchement consiste à provoquer de façon artificielle des contractions utérines en vue de déclencher l’accouchement. Il s’agit donc d’une action programmée. Nous partageons ici avec vous tout ce qu’il faut savoir sur un accouchement déclenché.

Lors d’un accouchement normal, les contractions apparaissent d’elles-mêmes. À l’inverse, lorsqu’il est nécessaire de déclencher l’accouchement, cela veut dire que le médecin administre certains médicaments à la femme enceinte en vue de provoquer artificiellement des contractions.

Le choix d’avoir recours à un déclenchement dépend de certaines conditions particulières évaluées par le gynécologue. Bien que l’idéal soit que l’accouchement se fasse tout seul, dans certains cas, il est préférable de déclencher l’accouchement.

Différentes raisons peuvent expliquer la nécessité d’avoir recours à ce déclenchement. Quelle que soit la raison, seul le médecin peut prendre cette décision.

Accouchement déclenché : dans quels cas est-il recommandé de déclencher l’accouchement ?

Le déclenchement est réservé à des situations spéciales qui peuvent compromettre la santé de la mère et celle du bébé.

Ci-dessous vous trouverez une liste des cas particuliers.

Dans tous les cas, ce sera toujours le spécialiste qui, après une longue évaluation du cas et des conditions spécifiques de la mère et du fœtus, décidera s’il faut déclencher ou non l’accouchement.

La rupture prématurée de la poche des eaux

Lorsque la poche des eaux se brise, normalement, les contractions commencent. Mais, dans certains cas, la femme perd ses eaux de façon prématurée, raison pour laquelle elle n’a alors pas de contractions.

Si dans les 12 à 24 heures qui suivent, la patiente n’a toujours pas de contractions, la gynécologue peut décider qu’il faille déclencher l’accouchement afin d’éviter des complications.

Une grossesse prolongée

Au bout de 42 semaines de grossesse, le spécialiste peut prendre la décision de déclencher l’accouchement s’il n’a pas encore eu lieu de façon naturelle.

Une maladie qui affecte la mère

Dans certains cas, il se peut que la mère souffre d’une maladie telle que du diabète, de l’hypertension….

Dans ces cas-là, pour éviter les déséquilibres, il est préférable de déclencher l’accouchement.

La présence de méconium

La présence de méconium peut indiquer qu’il existe un type de complication pour le fœtus. Il est donc préférable de déclencher l’accouchement.

La macrosomie fœtale

La macrosomie fœtale désigne un cas dans lequel le fœtus pèse plus de 4,5 kg.

Étant donné que ce poids peut entraîner certains risques aussi bien pour la mère que pour l’enfant, le médecin peut juger nécessaire de déclencher l’accouchement.

La mort fœtale in utero

Malheureusement, en cas de mort du foetus, il est nécessaire de déclencher l’accouchement.

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Accouchement déclenché : comment procède-t-on ?

accouchement déclenché

Une fois que le spécialiste a décidé que la meilleure option était de déclencher l’accouchement, le processus est alors enclenché en vue de provoquer l’accouchement de façon artificielle.

Ce processus se déroule en deux phases.

Première phase de l’accouchement déclenché : la maturation cervicale

Pour pouvoir déclencher l’accouchement, le col de l’utérus doit être dilaté d’au moins de deux ou trois centimètres. Pour cela, le médecin administre des prostaglandines, des hormones chargées de stimuler l’utérus. Grâce à cela, le processus de dilatation s’enclenchera.

Néanmoins, entre l’administration des prostaglandines et une maturation cervicale appropriée, il est probable qu’entre 12 et 24 heures s’écoulent. C’est pourquoi, dans la plupart des cas, ces médicaments sont administrés le soir : la patiente peut ainsi se reposer et être prête le lendemain pour le déclenchement et l’accouchement.

Deuxième phase de l’accouchement déclenché : amniotomie ou ocytocine

Lorsque le col est suffisamment dilaté, le gynécologue brisera la poche du liquide amniotique pour stimuler les contractions. Si, une fois la poche rompue, l’accouchement ne se produit toujours pas de façon naturelle, le médecin pourra administrer de l’ocytocine.

L’ocytocine est une hormone qui provoque la contraction des muscles utérins. On l’administre par voie intraveineuse. En même temps, il faut surveiller la fréquence cardiaque du fœtus et celui de la mère, en plus de celles des contractions.

Normalement, le médecin prescrit d’abord une petite dose d’ocytocine. La dose augmentera selon ses observations.

Après administration de l’ocytocine, les contractions peuvent apparaître de façon brusque et douloureuse, ce qui provoque une souffrance pour la mère et le fœtus. Pour cette raison, il est essentiel que le gynécologue contrôle tout le processus de façon intensive.

Une fois ce moment passé, l’accouchement aura lieu normalement, sauf s’il existe certaines complications qui rendent nécessaire une césarienne.

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Accouchement déclenché : les risques

accouchement déclenché

Le risque est plus important pour la mère, puisqu’il s’agit d’un processus long. Ce processus peut provoquer de la fatigue, voire même de la fièvre en raison des médicaments administrés.

Souvenez-vous qu’entre l’administration des prostaglandines jusqu’à la dilatation de l’utérus, 24 heures peuvent s’écouler. Si, à cela, nous ajoutons les heures nécessaires pour l’administration de l’ocytocine et celles de l’accouchement, il s’agit véritablement d’un très long processus.

Par ailleurs, il est possible que le fœtus ne se sente pas à l’aise dans l’utérus au cours du processus. Le gynécologue peut donc être amené à indiquer une césarienne. Mais cela n’est pas toujours le cas. D’ailleurs, dans la plupart des cas, le déclenchement débouche sur un accouchement naturel sans complications.

Ainsi, si c’est votre cas, pas de panique. Malgré les difficultés, le personnel médical vous guidera et vous conseillera à chaque étape. Dans quelques heures, vous aurez finalement votre petit dans les bras.

 

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