Greffe de peau : quand y a-t-on recours ?

La greffe de peau est une technique chirurgicale qui permet de recouvrir les défauts cutanés avec des tissus provenant d'une autre partie du corps. Apprenez-en plus ici sur cette intervention.
Greffe de peau : quand y a-t-on recours ?

Dernière mise à jour : 02 juillet, 2022

La peau est l’organe qui recouvre notre corps et sert de barrière au monde qui nous entoure. Elle nous protège des infections et des conditions de l’environnement interne. Certaines lésions cutanées sont si étendues ou complexes qu’elles nécessitent l’utilisation d’une greffe de peau.

Le but de ce type de traitement chirurgical est de conférer une indemnité au tissu. De cette façon, les structures sous-jacentes sont protégées et l’effet barrière de la peau est garanti. En fin de compte, non seulement le défaut causé par la blessure est couvert, mais une tentative est faite pour créer des résultats esthétiques.

Qu’est-ce qu’une greffe de peau ?

Une greffe de peau correspond à un morceau de peau obtenu par chirurgie. Dans celui-ci, ledit morceau est complètement séparé d’une région du corps — appelée le donneur—, puis transplantée sur le site receveur, c’est-à-dire l’endroit qui présente un défaut ou une blessure.

Comme il se sépare de son site donneur, le greffon perd son flux sanguin. Pour cette raison, le tissu receveur doit avoir la capacité de fournir un apport sanguin adéquat. De cette manière, la peau greffée pourra être revascularisée et survivre dans son nouvel emplacement.

Greffe de peau.
La greffe de peau permet de récupérer la fonction barrière cutanée en cas de blessures graves.

Les couches de la peau

Pour comprendre les types de greffes de peau qui existent, il est nécessaire de connaître les couches histologiques de la peau.

L’épiderme est la couche la plus superficielle. Cette structure n’a pas ses propres vaisseaux sanguins et reçoit son apport sanguin des parties profondes de la peau. Cela provoque l’échec des greffes d’épiderme uniquement et ne sont donc d’aucune utilité.

La couche la plus profonde de la peau est le derme. À son tour, il peut être divisé en deux parties : le derme papillaire et le derme réticulaire. La première est la couche la plus superficielle, ce sont donc ses vaisseaux sanguins qui permettent la nutrition de l’épiderme sous-jacent. Sous le derme, on trouve le tissu cellulaire sous-cutané, riche en graisse.

Les types de greffe de peau

La classification la plus utilisée dans les greffes de peau répond à l’épaisseur de la peau impliquée. En général, deux types sont acceptés : greffes d’épaisseur partielle et greffes de peau pleine épaisseur.

  • Greffes d’épaisseur partielle : l’épaisseur est variable, mais elle doit toujours contenir une portion de derme. Cela garantit le don des éléments nécessaires à la régénération cellulaire et à la nutrition de l’épiderme sus-jacent. Selon l’épaisseur du derme concerné, l’épaisseur de ce tissu peut être plus ou moins fine.
  • Greffes pleine épaisseur : le fragment de peau sectionné comporte à la fois l’épiderme et l’ensemble du derme. Le tissu doit être dépourvu de graisse sous-cutanée pour permettre la néovascularisation.

Selon la façon dont la greffe de peau est utilisée

Selon la nécessité de couvrir le défaut, les greffons peuvent être continus, c’est-à-dire formés d’un ou plusieurs fragments qui, une fois réunis, parviennent à couvrir la totalité de la perte de substance.

Il existe également des greffes de peau discontinues, comme le maillage. Dans ces greffes, le défaut n’est pas complètement recouvert.

Situations particulières

Le choix d’un type de greffe plutôt qu’un autre répond à plusieurs enjeux. La localisation de la perte de substance est de la plus haute importance, tout comme le choix du site donneur.

De même, l’extension de la lésion permettra d’envisager un type de greffe. En attendant, la cause de la perte de substance aide le chirurgien à choisir l’épaisseur la plus appropriée.

Les caractéristiques des greffes de peau

Selon l’épaisseur du fragment, chaque type de greffe présente certains avantages par rapport aux autres. De plus, le tissu lésé joue également un rôle important dans la “prise” du greffon, c’est-à-dire dans la réussite de la technique. Nous décrivons ci-dessous quelques-unes des caractéristiques à prendre en compte.

Donateur et receveur

La peau ayant une forte antigénicité, les greffes de peau ne peuvent provenir que de la même personne. En effet, le système immunitaire n’est pas capable de reconnaître des éléments autres que les siens : une réponse immunitaire se déclencherait, laquelle se traduirait par le rejet du tissu greffé.

Ce type de greffe – dans lequel le donneur est le même individu que le receveur – est connu sous le nom d’autogreffe. Cependant, il existe des situations, telles que des brûlures graves, dans lesquelles l’utilisation de greffes de peau de cadavre ou même de porc est d’une certaine utilité.



Conditions des tissus du donneur

Le choix du site à partir duquel la greffe de peau sera prélevée doit être minutieux pour garantir le meilleur résultat possible. Les fragments proviennent généralement d’endroits proches de la blessure. En général, les recommandations à suivre sont les suivantes :

  • Il doit être de couleur similaire à celle du site destinataire.
  • En cas de résection tumorale, il est conseillé de choisir le membre controlatéral pour prélever le greffon.
  • Le tissu doit être exempt d’infection.
  • Il est recommandé que la texture et la répartition des poils entre les deux sites soient similaires.

Conditions du tissu lésé

Le lit receveur est le fond où la greffe de peau doit adhérer. Celui-ci doit avoir une vascularisation abondante pour permettre au nouveau tissu de survivre. Cependant, la présence d’infections ou d’hémorragies diminue les taux de réussite, elles doivent donc d’abord être traitées.

Les situations dans lesquelles la greffe de peau est utile

Bien qu’elles représentent une solution pour les lésions cutanées complexes, tous les endroits du corps ne permettent pas aux greffes de peau d’être la meilleure option. Malgré ce problème, les principales situations dans lesquelles elles sont utilisées sont les suivantes :

  • Grosses brûlures
  • Blessures étendues
  • Résection de tumeurs cutanées
  • Ulcères des membres inférieurs
  • Défauts des zones muqueuses
  • Fasciotomies
Brûlé soigné.
Les greffes de peau ne peuvent provenir que de la même personne. Autrement, la réponse immunitaire rejettera le tissu.

La cicatrisation

En plus d’assurer la vascularisation des tissus, le lit receveur peut produire des rétractions dans le greffon cutané, surtout s’il s’agit d’une épaisseur partielle. Pour cette raison, il est recommandé d’utiliser des greffes de pleine épaisseur dans des zones esthétiques telles que le visage ; ces greffes présentent une meilleure couverture et entraînent moins de rétraction.

En revanche, lorsque la perte de substance est très importante, il est plus approprié de réaliser des fragments d’épaisseur partielle, eux aussi discontinus. Le maillage, par exemple, permet d’augmenter jusqu’à trois fois la dimension d’une greffe de peau continue. Il élargit la capacité de couverture du fragment, bien qu’il représente des résultats moins esthétiques.



Les complications de la greffe de peau

Comme pour tout traitement chirurgical, la greffe de peau comporte certains risques. Parmi les plus courants, figurent les suivants :

D’autre part, le rétrécissement, les cicatrices et les changements de pigmentation peuvent affecter l’apparence finale de la greffe de peau. Dans ces cas, des procédures dermatologiques supplémentaires peuvent être recommandées pour améliorer l’aspect final.

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