La charge virale, qu’est-ce que c’est ?

21 mai 2020
La charge virale est un concept biochimique et infectiologique fondamental pour valoriser l'évolution des maladies. Grâce à cette étude, des avancées en matière de contrôle des maladies comme le SIDA ou la COVID-19 sont possibles. Nous vous en disons plus sur le sujet dans cet article.

La charge virale renvoie à une technique de biochimie qui a pour but de quantifier un virus présent dans un organisme. Cette donnée est très importante pour certaines spécialités dont l’infectiologie.

Grâce aux valeurs de charge virale, un médecin peut savoir si son programme thérapeutique fonctionne ou non chez un patient qui souffre d’une maladie causée par un virus. D’où la grande diffusion de cette technique dans le monde entier.

La maladie par excellence ayant recours à la charge virale est le SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise). L’hépatite C, une maladie chronique provoquée par un virus, est un autre exemple. Le recours à cette technique est également nécessaire à l’heure de traiter certains cas d’une maladie virale aiguë, comme la pandémie de COVID-19 dont nous souffrons à l’heure actuelle.

Les personnes immunodéprimées, en raison de leur vulnérabilité, sont également de bons candidats pour le recours à cette technique. Connaître la charge virale permet de détecter à temps une infection naissante pouvant mettre en danger la vie du patient.

En somme, la charge virale est un test qui permet de quantifier le nombre de virus infectieux dans un liquide corporel. Cette valeur n’est jamais exacte, il s’agit d’une estimation. Elle indique le nombre de particules virales par millilitre de liquide tel que le sang, par exemple.

La charge virale tout au long d’une infection

Pour toutes les infections virales, le circuit de propagation du virus dans le corps est similaire. La cellule attaquée au début peut varier, mais le mécanisme tend à se répéter.

Lorsqu’un virus pénètre dans l’organisme, il cherche la cellule cible, pénètre dans cette cellule et utilise son métabolisme pour se reproduire. Les particules virales se multipliant, le système immunitaire tente de se défendre et une bataille interne commence alors. Dans le même temps, le virus continue d’infecter les cellules et détruit celles qu’il a déjà utilisées.

À un moment donné, un certain équilibre est atteint. C’est après ce moment-là que tout se joue : l’un des deux adversaires va dominer le champ de bataille. Si le système immunitaire combat avec succès le virus, le corps récupère de la maladie avec éventuellement une séquelle quelconque. En revanche, si c’est le virus qui l’emporte, il peut entraîner la mort du patient.

La charge virale mesure le nombre de copies existantes du virus à un moment précis. Si la charge virale est élevée, cela signifie que la période d’infection (multiplication des particules) est très active.

On estime que les périodes où la charge virale est élevée sont les périodes les plus contagieuses : plus il y a de copies, plus grande est la possibilité d’expansion. Les symptômes que présente le patient entretiennent un lien étroit avec le nombre de copies du virus dans le sang.

La charge virale étudiée en laboratoire scientifique

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Le recours à la PCR pour déterminer la charge virale

La technique la plus utilisée au sein des laboratoires pour déterminer la charge virale d’un patient est la PCR. C’est le sigle anglais de la technique appelée Polymerase Chain Reaction. Le sigle français ACP (amplification en chaine par polymérase) est peu utilisé.

La PCR permet de multiplier une très petite section d’ADN ou d’ARN en vue de la mesurer par la suite. Grosso modo, cette technique copie l’information génétique en vue d’obtenir un volume plus grand et ainsi de rendre possible l’obtention d’une mesure.

Cette méthode date de 1986 et est rapidement devenue célèbre. De nos jours, presque tous les pays disposent de cette technologie et peuvent réaliser des PCR à une vitesse très acceptable.

L’amplification en chaîne par polymérase n’est pas seulement utilisée pour quantifier la charge virale. On l’utilise aussi en médecine légale, par exemple. La possibilité d’obtenir de grandes copies d’ADN à partir d’un petit fragment stimule son utilisation dans des domaines de la médecine qui vont au-delà de la microbiologie.

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À quoi cela sert-il de connaître la charge virale ?

Une représentation de la charge virale

La COVID-19 étant le sujet phare de l’actualité, nous allons prendre cet exemple pour expliquer l’une des utilités de la charge virale. Le SIDA est une autre maladie pour laquelle cette technique est très bénéfique.

Selon cette étude scientifique, le pic de charge virale d’une infection au coronavirus survient dans les 5-6 jours après contamination. Il est très probable qu’à ce moment-là le patient se rende aux urgences ou soit hospitalisé.

Par ailleurs, nous savons que les enfants, bien qu’ils présentent généralement une forme asymptomatique de l’infection au coronavirus, ont une charge virale élevée. C’est pourquoi ce sont des grands transmetteurs du SARS-CoV-2.

En ce qui concerne le SIDA, l’infectologue détermine quels antiviraux il faut administrer au patient, ainsi que les doses et la durée du traitement. De la même manière, il évalue si un précédent traitement a fonctionné ou non. Bien entendu, l’objectif est de faire baisser la charge virale jusqu’à une valeur sûre selon le protocole.

Une technique bénéfique

En somme, la charge virale est une technique de laboratoire qui n’est pas prête de disparaître. C’est une technique relativement récente dans le champ d’étude. Néanmoins, ses utilités ont été largement vérifiées. Plus elle sera diffusée dans le monde, meilleur sera le contrôle des maladies infectieuses telles que le SIDA ou encore la COVID-19.

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