La consommation d’alcool pendant la grossesse

27 janvier 2020
Il existe de nombreuses croyances erronées en ce qui concerne la consommation d'alcool pendant la grossesse. On dit que boire en petites quantités, ou pendant les premières étapes de la grossesse, n'a aucune incidence. Ce n'est pas vrai. Dans tous les cas, boire de l'alcool pendant la grossesse entraîne des risques graves.

Une étude publiée dans The Lancet Global Health indique une importante préoccupation vis-à-vis de la consommation d’alcool pendant la grossesse. Selon cette étude, on compte 5 pays où ce phénomène est plus souvent présent. Ils se situent tous en Europe.

L’étude révèle que 60 % des Irlandaises consomment de l’alcool pendant la grossesse. Ensuite viennent les Biélorusses, avec 47 %, les Danoises (46 %), les Britanniques (41 %) et enfin les Russes avec 37 %.

La même étude indique qu’une femme sur 77 qui consomment de l’alcool pendant la grossesse donne naissance à un enfant atteint du syndrome alcoolique fœtal. Il n’existe pas de facteur spécifique qui permet de savoir à l’avance dans quels cas le syndrome surviendra. Sinistre loterie…

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La consommation d’alcool pendant la grossesse

L'échographie d'une femme ayant une consommation d'alcool pendant sa grossesse

La consommation d’alcool pendant la grossesse peut provoquer une série de maladies qu’on connaît sous le nom de troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale. Ce sont les premières causes non génétiques de malformations congénitales et de retards de développement chez l’enfant.

Il est ainsi évident que la consommation d’alcool pendant la grossesse peut entraîner de graves déficits, et ce aussi bien à la naissance que pendant le développement de l’enfant. Ces problèmes de santé durent toute la vie et ont des conséquences imprévisibles. 

Boire de l’alcool est dangereux puisque celui-ci passe de la mère au bébé via le cordon ombilical. Cela entraîne des conséquences qui vont de la fausse couche et la mort fœtale jusqu’à des handicaps et anomalies comme par exemple :

  • Diamètre crânien inférieur à la normale
  • Taille de l’enfant inférieure à la normale
  • Anomalies faciles
  • Faible poids corporel
  • Problèmes d’hyperactivité
  • Problèmes de coordination, de mémoire, de concentration, de raisonnement et de discernement
  • Difficultés d’apprentissage
  • Retards d’acquisition du langage
  • Faible coefficient intellectuel
  • Problèmes de vue et d’ouïe
  • Problèmes de santé au niveau du coeur, des reins et des os

Boire avec modération ?

Certaines femmes pensent -à tort- que ne boire que quelques coupes ou boire un alcool moins fort n’affecteront pas le bébé. Cela est faux. Toute consommation d’alcool est potentiellement dangereuse à chaque étape de la grossesse. Néanmoins, la consommation est moins dangereuse pendant les 3 premiers mois de grossesse.

La bière, le vin ou les cocktails ne sont pas sûrs. En effet, ils contiennent tous de l’alcool. Le risque d’entraîner de graves conséquences est très élevé chez les femmes qui boivent seulement une fois, en grande quantité, au cours de leur grossesse. Mais aussi chez celles qui boivent peu, mais très souvent.

Ainsi, plus on boit d’alcool pendant la grossesse, plus le risque d’accoucher d’un enfant avec des malformations est élevé. Cependant, seule une consommation peut provoquer de graves conséquences. Tel que nous l’avons déjà mentionné, on est ici face à un facteur de hasard.

Le syndrome d’alcoolisation fœtale

Une femme enceinte ayant une consommation d'alcool

Le syndrome d’alcoolisation fœtale est un trouble que présentent les enfants des mères qui ont consommé de l’alcool pendant la grossesse. Cela entraîne des lésions cérébrales et des problèmes de développement. Pis encore, les dégâts causés par ce syndrome sont irréversibles.

La gravité des symptômes du syndrome d’alcoolisation fœtale sont variables d’un cas à l’autre. On y trouve par exemple des malformations physiques, des problèmes cognitifs et des difficultés psychosociales. Les enfants chez lesquels on diagnostique le syndrome d’une manière précoce ont un meilleur pronostic que les autres.

On pensait auparavant qu’une mère qui consommait de l’alcool pendant la grossesse n’accouchait d’un enfant avec des problèmes seulement lorsque celui-ci avait des malformations physiques. Nous savons aujourd’hui que les effets cognitifs et psychosociaux peuvent être également dévastateurs. Pour autant, il est vrai que ces effets ne sont pas aussi évidents que des malformations physiques.

Informations à prendre en compte sur la consommation d’alcool pendant la grossesse

Une femme doit cesser de consommer de l’alcool non seulement dès qu’elle est enceinte, mais également quand elle essaie de tomber enceinte. On méconnaît le moment exact de la fécondation et, par conséquent, elle pourrait déjà être enceinte alors qu’elle buvait de l’alcool.

De nos jours, on ignore quelle est l’incidence de l’alcool sur le sperme masculin. Les informations dont on dispose indiquent que seule la consommation d’alcool de la mère pendant la grossesse peut provoquer des troubles du spectre de l’alcoolisme fœtal.

A voir : Hémospermie ou présence de sang dans le sperme

Si une femme est alcoolique et qu’elle tombe enceinte, elle doit se faire aider pour arrêter de boire dès que possible. Certaines boivent et ont des enfants normaux, mais chaque grossesse est unique. Ainsi, peut-être qu’un des enfants naîtra sans problèmes mais que les autres présenteront des malformations.

 

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  • Crépin, G., & Bréart, G. (2016). Fetal alcohol syndrome. Bulletin de l’Academie Nationale de Medecine200(3), 601–621.
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