Les effets de l’alcool sur le cœur

21 janvier 2020
Les effets de l'alcool sur le cœur peuvent être positifs, à condition qu'il soit ingéré de manière contrôlée et avec une fréquence adéquate. Ils peuvent également être très nocifs, voire mortels, si l'alcool est ingéré en grande quantité, dans certaines circonstances.

Aujourd’hui, il y a une certaine confusion sur les effets de l’alcool sur le cœur. Certaines informations suggèrent que la consommation de vin ou de bière, avec modération, contribue à la santé cardiovasculaire. En même temps, il existe des études qui parlent des effets nocifs de ces types de boissons sur le cœur.

En réalité, ces deux faits sont vrais. Les effets de l’alcool sur le cœur sont très variés et dépendent de l’état de santé de chaque personne, des quantités et des fréquences de consommation, ainsi que du type consommé.

Cependant, une chose n’est pas contestée : les effets de l’alcool sur le cœur et les autres organes sont très négatifs, et même dévastateurs, lorsqu’on en consomme en grande quantité. C’est aussi une substance psychoactive qui peut entraîner une dépendance et détériorer considérablement la qualité de vie.

Mythes et vérités sur les effets de l’alcool sur le cœur

Un homme refusant de l'alcool

Il est prouvé que les effets de l’alcool sur le cœur peuvent être positifs. Le vin, par exemple, est riche en antioxydants (flavonoïdes, tanins, anthocyanines et resvératrol). Ces substances aident à prévenir la formation de plaques dans les artères (athérosclérose). Elles favorisent également la production de “bon cholestérol”.

Il a été dit que boire un verre de vin par jour pouvait avoir ces effets positifs. Cependant, une étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology souligne que si ces effets positifs sont réels, il est également vrai que la consommation de ces boissons, même modérée, augmente le risque de provoquer des battements cardiaques irréguliers.

Une autre étude, dirigée par le professeur Peter Kistler du Baker IDI Heart and Diabetes Institute and Alfred Hospital à Melbourne, en Australie, dit la même chose. Il indique que si une consommation modérée d’alcool peut aider à garder les “tuyaux” du corps dégagés, elle peut affecter les parties électriques du cœur, en particulier le rythme des battements du cœur.

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Boire modérément et boire trop

On parle beaucoup de l’importance d’une consommation modérée de boissons alcoolisées, mais on ne sait pas clairement ce qui est modéré et ce qui est excessif. La première chose à prendre en compte est l’état de santé de chaque personne. Une personne diabétique ou hypertendue, par exemple, devrait les éviter totalement, même en quantité modérée.

D’autre part, la fréquence est également importante. Il est beaucoup plus nocif de boire de l’alcool en grande quantité, même c’est occasionnel. La consommation de plus de cinq verres pour les hommes ou de quatre pour les femmes augmente le risque d’accident vasculaire cérébral et de mort subite.

Les directives alimentaires du ministère américain de la Santé précisent que la consommation modérée est d’un maximum d’un verre par jour pour les femmes et de deux pour les hommes. Cependant, plusieurs experts affirment qu’il est préférable de ne pas boire quotidiennement, mais d’éviter l’alcool deux ou trois jours par semaine.

Un “verre” est défini comme étant 12,5 centilitres de vin, 25 centilitres de bière,  3 centilitres d’alcool titrant à plus de 40° ou 2 centilitres d’alcool titrant à plus de 50°. Cela équivaut environ à 10 grammes d’alcool.

L’alcool et la fibrillation auriculaire

Un médecin évaluant un électrocardiogramme

 

Un des risques de la consommation d’alcool, même en quantité modérée, est le fait que cette substance contribue à l’irrégularité des battements du cœur, comme nous l’avons déjà noté. L’alcool peut endommager les cellules et provoquer la formation de tissus fibreux dans le cœur, ce qui altère le rythme cardiaque.

De plus, l’alcool peut modifier la façon dont les cellules du cœur se contractent. Avec le temps, cela peut entraîner un battement de cœur irrégulier. Il affecte également le système nerveux autonome, qui contrôle, entre autres, le rythme des battements du cœur.

Cette affection, appelée fibrillation auriculaire, augmente le risque de problèmes graves tels que l’insuffisance cardiaque ou l’accident vasculaire cérébral. Elle apparaît chez certaines personnes qui boivent modérément, souvent, et chez 60 % des personnes après une consommation excessive.

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Autres effets

Chez certaines personnes, la consommation excessive d’alcool peut affaiblir le muscle cardiaque et causer une condition appelée cardiomyopathie dilatée. Dans cet état, le cœur se dilate et diminue sa force de pompage, ce qui provoque des symptômes d’insuffisance cardiaque.

L’alcool contribue également à l’obésité, ce qui augmente le risque de problèmes cardiaques. La consommation fréquente et importante d’alcool multiplie également par deux le risque d’hypertension. La combinaison de l’alcool et des psychotropes peut être mortelle.

 

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