La saturation des enfants face au trop grand nombre d’activités extra scolaires

23 novembre 2019
Alors qu'abondent les études qui mettent en valeur l’importance du jeu pour le développement de l'enfant, aujourd’hui, il n’y a plus de temps pour jouer. Les enfants du XXIe siècle ont un agenda surchargé par leurs parents. Pourtant, c'est en jouant qu'ils peuvent développer leur créativité, leurs émotions et leurs relations.

Notre époque se caractérise par la saturation des enfants, car nous remplissons leurs agendas d’activités extra scolaires. Tous les parents veulent leur donner le meilleur, sans réaliser qu’ils poussent en fait leurs enfants à saturation.

Une saturation d’activités ne correspond pas toujours aux intérêts et attentes de l’enfant. Cela peut être lié à l’impossibilité des parents d’avoir des horaires qui leur permettent de partager du temps avec leurs enfants une fois la journée à l’école terminée.

Dans d’autres cas, cela a davantage à voir avec le désir quasi obsessionnel des parents que leur enfant soit « le meilleur ». En faisant cela, ils soumettent ce dernier à un stress et une pression qui ne sont pas nécessaires, et lui enlèvent son droit de jouer librement, ce qui le prive pratiquement de leur enfance.

Un planning surchargé participe à la saturation des enfants

Eviter la saturation des enfants en leur permettant de s'amuser

La saturation des enfants commence avec les activités extrascolaires. Les petits vont à l’école, font leurs devoirs et doivent ensuite suivre un planning chargé qui inclut des langues, des pratiques sportives ou encore des activités artistiques et informatiques, pour nommer les plus communes.

Ils n’ont même pas de temps libre le week-end pour partager des moments de jeux avec d’autres enfants. En général, il y a toujours une présentation ou une compétition à laquelle ils doivent assister car elles sont inhérentes aux activités extrascolaires. Mais le planning chargé d’activités n’est pas seulement chargé durant la période scolaire.

Les vacances sont elles aussi saturées. Les enfants assistent en effet à des cours ou partent en colonies de vacances, avec un programme d’activités étendu. Ils participent aussi à des évènements ou des présentations culturelles dédiées aux enfants.

Les enfants profitent de ce qu’ils font, mais l’organisation rigide d’activités laisse peu d’espace aux relations spontanées avec d’autres enfants, et encore moins pour jouer en toute liberté.

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Sans jeu, il n’y a pas d’enfance

La saturation des enfants peut générer chez eux du stress

 

Il ne s’agit pas d’ôter du crédit aux activités extrascolaires. Le problème, c’est que les enfants n’ont pas de temps pour autre chose. Le jeu, ludique et libre, avec des enfants, tout âge confondu, est essentiel pour eux. Mais l’empressement qu’ont les parents à occuper le temps libre de leurs enfants laisse moins d’espace au jeu.

Le jeu libre, sans but didactique ni pédagogique, où les normes sont définies par les enfants et non par les adultes, est fondamental pour une croissance saine. C’est la formule parfaite pour sociabiliser, apprendre à gérer ses émotions, stimuler la créativité, améliorer l’estime personnelle et déstresser.

Les enfants ont besoin de jouer pour le jeu en soi, non pas à des fins d’apprentissage. Celui-ci vient de lui-même. Mais ces moments pendant lesquels l’enfant joue librement avec d’autres enfants sont de moins en moins fréquents dans les villes, dans des quartiers sans espace pour le divertissement ou dans des foyers où les deux parents travaillent.

Cette réalité que vivent les enfants d’aujourd’hui, que n’ont sûrement pas vécue leurs parents ou grands-parents, c’est elle qui affecte le développement des capacités sociales. Les jeunes enfants doivent jouer avec des enfants plus grands, car cela développe leurs capacités à sociabiliser. Ils ont besoin de jouer à l’air libre, de créer et de partager sans être dirigés par des adultes.

Comment combattre la saturation des enfants ?

Les parents ont tendance à programmer le temps libre de leurs enfants car ils n’ont en général pas d’autres options. Cependant, il est tout de même possible d’éviter que vos enfants arrivent à saturation.

Ci-dessous quelques recommandations basiques :

  • Prenez en compte les intérêts et tempéraments de votre enfant : si vous voulez occuper son temps libre, cela doit être avec des activités qu’il aime et où il peut s’intégrer facilement. Fuyez les activités qui renforceraient du contenu scolaire, l’école suffit !
  • Évitez de surcharger son agenda : les enfants ont besoin de temps pour faire leurs devoirs, se reposer, partager avec leurs parents et parler. Ils ont aussi besoin de s’ennuyer. Le mieux est que l’enfant ait au moins deux jours sans activités extrascolaires
  • S’il n’aime pas l’activité, ne l’obligez pas à s’y adonner : il doit y avoir un équilibre entre lui apprendre à persévérer et savoir quand il est nécessaire d’abandonner. Avant de l’inscrire à une activité, faites-lui passer deux ou trois jours « test ». Il est fondamental que l’enfant aime ce qu’il fait !
  • Ne vous transformez pas en source de stress infantile : si un enfant montre des symptômes de fatigue, d’insomnie ou d’abattement, c’est peut-être parce qu’il n’en peut plus. Il faut lui laisser un espace nécessaire pou se reposer et être tranquille
  • Planifiez des moments uniquement consacrés au jeu : aidez vos enfants à retrouver d’autres enfants pour qu’ils jouent. Pas besoin d’une organisation très élaborée, il s’agit simplement de trouver le moment propice à partager avec d’autres enfants et de veiller à ce qu’eux-mêmes décident librement à quoi jouer et comment y jouer

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Jouer, c’est aussi important que respirer et manger

 

Pour les enfants, le jeu est aussi important que respirer et manger. Le jeu est la clé qui ouvre la porte de la relation avec le monde qui les entoure. Les bénéfices du jeu pour le développement de l’enfant n’a jamais été aussi étudié qu’il l’est aujourd’hui, alors que l’enfant a moins de temps pour jouer. Paradoxal, non ?

L’organisation d’activités extrascolaires qui obéit aux intérêts et nécessités des parents doit laisser un espace à l’enfant pour qu’il joue simplement pour le plaisir de jouer. Ne torturons pas nos enfants. Evitons qu’ils ne saturent face à autant d’activités !

 

  • Acuña, Marciano, and María José Rodrigo. “La organización de las actividades cotidianas de los niños. Un análisis del currículum educativo familiar.” Cultura y educación 8.4 (1996): 19-30.
  • Feldman, Jean RAutoestima para niños: juegos, actividades, recursos, experiencias creativas. Alfaomega, 2002.
  • Fernández, Isabel Castillo, and Isabel Balaguer Sola. “Patrones de actividades físicas en niños y adolescentes.” Apunts. Educación física y deportes 4.54 (1998): 22-29.