La schistosomiase : causes, symptômes et traitement

25 août 2019
La schistosomiase est une maladie parasitaire très répandue dans le monde. Elle est associée à des zones géographiques tropicales à faibles ressources, et à des déficiences dans l'accès à l'eau potable. Dans cet article, nous vous apportons quelques données sur cette maladie.

La schistosomiase est une maladie parasitaire générée par le Schistosome. On le connaît également sous le nom de « bilharziose ». Dans la classification biologique, le parasite en question est un trématode, une sorte de ver.

Les données mondiales sur la répartition de la maladie sont frappantes. Elle se situe principalement en Afrique, au Brésil et en Asie. 78 pays ont certifié la transmission sur leur territoire. 200 millions de personnes sont infectées et 800 millions sont contagieuses.

Les dernières données relativement fiables du calcul des décès liés à la pathologie remontent à l’année 2000. A l’époque, l’Organisation Mondiale de la Santé estimait à 200 000 le nombre de décès par an. On suppose que ce chiffre a diminué depuis grâce à l’utilisation massive des antiparasitaires.

La schistosomiase : une maladie parasitaire

Le parasite en question est l’unique de sa famille biologique capable de pénétrer la peau. Il s’agit de son seul mode de contamination. La schistosomiase, en tant que maladie parasitaire, nécessite des hôtes. Ces derniers sont au nombre de deux : l’être humain et l’escargot d’eau douce.

L’escargot d’eau douce fonctionne, dans le cycle contagieux, comme un hôte intermédiaire. Chez cet animal, le Schistosome accomplit une partie de sa croissance pour ensuite nager et se loger chez l’être humain.

Pour en savoir plus : 9 symptômes avertissant de la présence de parasites dans le corps

Si nous devions résumer le cycle de vie de manière succincte, nous pourrions décrire les étapes suivantes :

  • A l’intérieur d’un être humain déjà contaminé, les oeufs du parasite éclosent dans les selles ou l’urine et atteignent les cours d’eau
  • Dans l’eau, les oeufs libèrent le parasite à un stade appelé « miracidium »
  • Les miracidium pénètrent ensuite la peau de l’escargot d’eau douce
  • Puis, à l’intérieur de l’escargot, le parasite grandit et atteint le stade « cercaria »
  • Les cercaires abandonnent alors le corps de l’escargot et nagent dans les cours d’eau douce jusqu’à rencontrer un être humain. C’est à ce moment qu’ils pénètrent dans sa peau
  • Une fois qu’il est sous la peau de l’homme, le Schistosome atteint les vaisseaux sanguins et migre jusqu’au foie. Au sein du foie, il grandit pour devenir un parasite adulte
  • A l’intérieur de la circulation sanguine, les adultes se répartissent et se reproduisent en pondant des oeufs. Ils peuvent alors reprendre le cycle en éliminant les oeufs dans les selles ou l’urine. Ils peuvent également se loger dans différents organes et produire un ensemble de symptômes
Le schéma d'un vaisseau sanguin

Les symptômes

Le premier signe de la schistosomiase, en tant que maladie parasitaire, est la lésion qui se produit à l’endroit où le schistosome est entré. Dans cette zone de la peau, apparaît généralement une éruption avec des changements de couleur. Parfois, l’éruption peut survenir jusqu’à une semaine après la pénétration.

Ce qui suit est connu comme le syndrome de Katayama. Il s’agit de la réaction du corps face aux oeufs des adultes parasitaires qui se sont reproduits à l’intérieur de l’êtr e humain. Voici les symptômes :

  • Fièvre
  • Sensation de mal-être général
  • Myalgies : douleurs musculaires
  • Fatigue
  • Diarrhée
  • Hématurie : sang dans l’urine

A partie de là, l’infection peut devenir chronique, passant à des formes persistantes de parasitose. Les formes chroniques les plus communes de la maladie sont :

  • Gastro-intestinale : les oeufs s’installent dans la paroi de l’intestin. Surviennent alors des diarrhées alternées avec des épisodes de constipation et du sang dans les selles. Dans les cas graves, le transit intestinal peut être obstrué
  • Hépatique : les oeufs restent dans le foie et provoquent son inflammation ainsi qu’une augmentation de sa taille. Ils peuvent également causer l’obstruction des vaisseaux sanguins hépatiques conduisant à une hypertension portale
  • Génito-urinaire : les oeufs sont déposés dans les voies urinaires et le sang apparaît dans l’urine. Si ce symptôme progresse, il peut mener au syndrome néphrotique, où le rein élimine les protéines. La forme la plus mortelle est l’insuffisance rénale, lorsque l’organe ne peut plus accomplir sa fonction

Découvrez également : Comment identifier les parasites intestinaux ?

Traitement de la schistosomiase

Une fois que cette maladie parasitaire est diagnostiquée, le médicament de choix pour la schistosomiase est un anti-parasitaire. Le diagnostic est obtenu par un examen microscopique des selles et de l’urine.

Grâce au microscope, on peut facilement détecter les oeufs du Schistosome, qui possèdent une forme caractéristique. Dans certains cas, les oeufs ne sont visibles qu’au moins 2 mois après la pénétration du parasite sous la peau.

Des médicaments contre la schistosomiase

L’anti-parasitaire praziquantel est le médicament idéal. Les études scientifiques soutiennent son usage. D’autre part, l’Organisation Mondiale de la Santé le distribue gratuitement.

Par ailleurs, des alternatives ont été proposées, avec l’ivermectine, par exemple. Mais jusqu’à maintenant, aucun essai scientifique n’a montré une plus grande efficacité.

Etant donné que l’infection est associée à des activités liées aux cours d’eau douce, surtout lorsque le temps passé dans l’eau est supérieur à 30 minutes, les conseils préventifs insistent là-dessus.

Dans les régions où la maladie est endémique, comme en Afrique ou dans certaines zones du Brésil, des précautions doivent être prises dans les cours d’eau. Là où les personnes nagent, se baignent, pratiquent la pêche ou lavent leurs vêtements. De plus, le contrôle de l’eau douce utilisée pour l’agriculture est également primordial.

 

  • Gray DJ, Allen G, Yue-Sheng, McManus DP. Esquistosomiasis: diagnóstico y manejo clinic. BMJ 2011;342:2651-2651
  • King CH, Dangerfield-Cha M. The unacknowledged impact of chronic schistosomiasis. Chronic Illness 2008;4:65-79
  • Doenhoff MJ, Cioli D, Utzinger J. Praziquantel: mechanisms of action, resistance and new derivatives for schistosomiasis. Curr Opin Infect Dis 2008;21:659-67.