Le botulisme infantile et le miel

24 septembre 2019
Dans le miel, on trouve la bactérie Clostridium botulinum dont la prolifération dans le système digestif encore immature du bébé peut provoquer la libération de toxines dangereuses et responsables de la maladie connue sous le nom de botulisme infantile.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les bébés ne peuvent pas manger de miel ? Le miel est l’un des aliments les plus sains et les plus nutritifs. Sa saveur incomparable en fait un véritable sucre naturel.

C’est pourquoi, nos parents et grands-parents étaient habitués à mouiller la tétine des bébés avec un peu de miel, dans le but de les calmer. Toutefois, la science nous explique aujourd’hui qu’il s’agit d’une pratique dangereuse. En effet, sous aucun prétexte nous ne devons donner du miel à des bébés de moins d’un an.

Miel et botulisme infantile : la raison pour laquelle les bébés ne peuvent pas manger de miel

L’être humain consomme du miel depuis des milliers d’années. Il est considéré comme l’un des aliments les plus naturels et nobles qui existent. Ses bienfaits sont multiples et célèbres. Depuis l’Egypte Antique jusqu’à aujourd’hui, le miel a toujours été un ingrédient important de nombreuses recettes car il fournit des nutriments et des sucres en même temps.

Cependant, en tant que produit naturel, le miel contient également une bactérie, la Clostridium botulinum, qui peut devenir très dangereuse pour les bébés de moins d’un an.

La raison est simple : la flore intestinale des plus petits n’a pas encore atteint une maturité suffisante. Les spores de cette bactérie peuvent alors proliférer dans leurs intestins en libérant des toxines botuliniques, considérées parmi les substances les plus mortelles que l’on connaisse.

C’est ce que l’on appelle le fameux botulisme infantile. Un type de botulisme qui touche spécialement les moins d’un an et qui peut être mortel. Néanmoins, il n’affecte pas de la même manière les enfants de plus d’un an dont les défenses naturelles se sont déjà développées et sont capables d’empêcher la prolifération de la bactérie.

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Le botulisme infantile

Les bactéries du botulisme infantile

Le Clostridium botulinum est une bactérie présente dans la nature, dans la terre. Par conséquent, elle peut se trouver dans pratiquement tous les ingrédients, aussi bien d’origine végétale qu’animale.

Cette bactérie s’organise en spores et peut rester en état latent jusqu’à rencontrer les conditions idéales pour se multiplier et grandir. Particulièrement présente dans les conserves maison, elle préfère les environnements avec peu d’oxygène et ne tolère pas, en général, les milieux acides.

Par ailleurs, elle ne peut pas non plus se développer dans des solutions avec des concentrations élevées en sucre. C’est pour cette raison, surtout dans le miel, qu’elle a tendance à rester inactive dans l’attente des conditions parfaites pour sa croissance.

Ainsi, lorsque le miel est ingéré par un enfant de moins d’un an, le sucre de ce nectar se dilue dans son suc gastrique. Ce dernier est encore un milieu peu acide et peu oxygéné.

Par conséquent, dans ce milieu, la bactérie trouve les conditions idéales pour commencer à proliférer et s’accroître, en libérant les toxines botuliquesPar la suite, à travers la circulation sanguine, celles-ci atteignent les terminaisons neuromusculaires et peuvent engendrer le otulisme infantile. Il s’agit d’une maladie hautement dangereuse qui requiert une hospitalisation immédiate.

Symptômes, diagnostic et traitement

Le botulisme infantile affecte le système nerveux et peut donc présenter une grande variété de symptômes. Ils apparaissent souvent 12 ou 48 heures après le contact avec la bactérie. Les plus fréquents sont :

  • Respiration lente ou difficulté à respirer
  • Constipation
  • Faiblesse générale
  • Pleurs faibles
  • Léthargie
  • Réflexe d’arc réduit
  • Vision double ou floue
  • Bouche sèche
  • Paupières flasques
  • Flaccidité générale
  • Alimentation lente
  • Dans les cas extrêmes : paralysie du tronc, des bras et des jambes ou paralysie du système respiratoire

Diagnostic et traitement

C’est la description des symptômes fournis par les parents qui amènera le pédiatre à s’interroger sur le diagnostic du botulisme. Pour le confirmer, une analyse des selles du bébé suffit pour vérifier la présence de toxines botuliques.

D’autre part, il faut savoir que le botulisme infantile requiert une hospitalisation immédiate. Comme nous l’avons mentionné auparavant, cette maladie affecte le système nerveux et peut provoquer une insuffisance respiratoire. Par conséquent, il est nécessaire que le bébé demeure à l’hôpital en observation permanente.

Le succès du traitement dépend toujours du diagnostic précoce et de l’administration rapide de l’antitoxine botulinique. Dans les cas les plus graves, il se peut que l’enfant ait besoin d’une respiration assistée ou d’une alimentation intraveineuse.

Dans tous les cas, le botulisme infantile disparaît généralement après quelques semaines ou quelques mois. Seulement dans les cas les plus extrêmes, l’action de la toxine peut entraîner la mort par insuffisance respiratoire.

Seul le miel peut causer le botulisme infantile ?

Non, ce n’est pas seulement le miel qui peut causer le botulisme infantile. En effet, comme nous l’avons précisé, la bactérie responsable de cette affection est largement présente dans la nature. Par conséquent, il est assez difficile d’identifier la source des spores. Bien évidemment, le miel n’est donc pas l’unique source.

En fait, la bactérie du botulisme peut même se trouver dans la terre ou la poussière, et être transportée dans l’air. Ainsi, les enfants peuvent l’ingérer par simple inhalation. Il est donc déconseillé d’exposer les plus petits à des environnement trop poussiéreux ou dans lesquels il y a des travaux qui remuent la terre.

En raison de la gravité du botulisme et de la difficulté à éliminer la bactérie, il est nécessaire d’être attentif à un quelconque foyer de cette bactérie afin d’éviter la contagion. Et même les épidémies éventuelles. A ce propos, l’OMS veille à la sécurité et promeut la vigilance, la détection, l’évaluation des risques ainsi que l’endiguement de la maladie.

Ainsi, bien que les poussées de botulisme soient peu fréquentes, elles représentent toujours une urgence de santé publique. De plus, il faut établir rapidement si l’origine est naturelle, accidentelle ou délibérée. Cela permet de prévenir de nouveaux cas et de traiter de façon efficace les personnes touchées.

Recommandations

La consommation de miel peut entraîner le botulisme infantile chez les bébés de moins d'un an

Comme il n’existe pas de vaccin contre la bactérie responsable du botulisme, le mieux est de le prévenir. Pour cela, les pédiatres recommandent de :

  • Ne jamais donner de miel à des enfants de moins d’un an
  • Eviter également la consommation de sirop de maïs, qui peut aussi contenir cette bactérie
  • Ne pas exposer le bébé à la terre et à la poussière potentiellement contaminées
  • Bouillir à des températures élevées les aliments qui se conservent (surtout les conserves maison)
  • Maintenir une hygiène adéquate

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Finalement, les bébés ne doivent pas manger de miel pour diverses raisons

Bien qu’il s’agisse d’un aliment sucré doté d’importantes propriétés nutritionnelles, il augmente le risque de botulisme chez les bébés. Cela arrive car leur système immunitaire n’est pas suffisamment développé. Le bébé ne peut donc pas combattre le micro-organisme responsable de cette maladie.

Enfin, nous devons être attentif et ne pas oublier que le miel n’est pas la seule source responsable du botulisme. Ainsi, en suivant les règles d’hygiène adéquates et les conseils des experts, nous pouvons garder les plus jeunes à l’abri du danger.

 

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