L’épilepsie infantile : causes et détection

11 septembre 2020
L'épilepsie infantile n'est pas une pathologie mineure. Sa gravité et son état, qui tend à être chronique, en font une maladie qui altère sérieusement la qualité de vie de l'enfant et de ses parents.

Concevoir l’épilepsie infantile comme une altération de la qualité de vie est difficile. En effet, toute la famille de l’enfant atteint est impliquée dans ses soins, dans la prise des médicaments et dans le changement d’habitudes qui pourraient être néfastes.

L’épilepsie correspond à un trouble de la transmission neuronale, dans lequel de nombreuses cellules nerveuses réalisent des décharges électriques en même temps. En fonction du lieu de l’activité électrique, résulteront les différents types d’épilepsie. Dans cet article, nous examinons ses causes et ses méthodes de détection.

Prévalence et classification de l’épilepsie infantile

Les données recueillies par la Child Neurology Foundation établissent que, sur l’ensemble des enfants souffrant d’épilepsie diagnostiquée, environ 40% sont exempts de crises convulsives. Cela est important pour la différenciation des diagnostics, car ils ne sont pas les mêmes.

Par exemple, un enfant peut avoir des crises sans être épileptique. Si le symptôme apparaît, les méthodes complémentaires nécessaires pour en connaître la cause seront effectuées. Mais il se peut que le trouble soit dû à une autre pathologie neurologique ou vasculaire.

On sait également qu’environ 20% des enfants épileptiques ont aussi un handicap intellectuelCela a un impact sur la scolarisation de ces enfants, qui doivent non seulement prendre en charge leurs crises convulsives, mais qui voient également leur éducation et leur alphabétisation retardées.

Toutefois, toutes les épilepsies infantiles ne sont pas identiques. Selon la classification internationale, certains commencent dans la partie frontale du cerveau. Et d’autres dans les parties latérales.

D’autre part, les crises peuvent se produire avec ou sans convulsions, avec des symptômes supplémentaires, avec ou sans une perte de conscienceDe même, dans le cadre des crises convulsives, les mouvements peuvent être généralisés ou ciblés sur un membre, par exemple.

Un cas de crise d'épilepsie infantile.

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Causes et facteurs de risque

Plutôt que d’établir une origine des épilepsies infantiles, il est préférable de comprendre qu’il existe des facteurs de risque et des situations causales. Le mécanisme intrinsèque de la décharge neuronale n’est pas encore entièrement connu, mais il existe des documents au sujet des contextes qui favorisent ce trouble.

Le risque le plus important se présente dans la petite enfance. Effectivement, jusqu’à l’âge de 4 ans, les convulsions fébriles peuvent se confondre avec les épisodes épileptiques. L’avis des neurologues et des pédiatres est ici crucial.

Par ailleurs, la génétique et l’histoire familiale sont également importantes. Lorsque les parents ou les grands-parents sont épileptiques, un enfant est plus susceptible de développer la maladie. Certains gènes ont été catalogués comme des déclencheurs mais ils doivent toujours être stimulés par des facteurs externes qui déterminent leur expression. Autrement dit, l’héritage génétique ne se traduira pas toujours par des symptômes.

Les infections cérébrales et les méningites sont une autre cause de l’épilepsie infantile. Cela se manifeste souvent comme une conséquence et une séquelle d’une encéphalite, des mois voire des années plus tard.

Autres facteurs de risque de l’épilepsie infantile

D’autre part, les traumatismes crâniens peuvent entraîner des séquelles épileptiques. C’est une question de prudence dans la pratique d’un sport, notamment lors des exercices de contact comme le football. Par exemple, un enfant qui a reçu un coup à la tête peut se rétablir rapidement, en pleine conscience, et plus tard être diagnostiqué épileptique.

Enfin, les maladies vasculaires représentent un autre groupe causal. Nous faisons référence aux altérations de la circulation cérébrale telles que les malformations artérioveineuses, ou les accidents cérébrovasculaires.

Ces troubles ne sont pas aussi fréquents chez les enfants que chez les adultes. Mais il est important de les connaître en cas de symptômes significatifs comme des convulsions ou une mobilité réduite des membres.

Un aparté spécial est celui des conditions prénatales. Pendant la grossesse, les toxines peuvent passer de la mère au foetus, affectant ainsi son développement neuronal. Le tabac et l’alcool sont deux substances qui, lorsqu’elles traversent le placenta, entraînent des syndromes chez le bébé qui peuvent altérer la transmission électrique.

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Par quels moyens l’épilepsie infantile est-elle détectée ?

La suspicion d’une épilepsie infantile commence avec les symptômes. En général, le premier symptôme significatif est une convulsion qui n’est pas en lien avec une fièvre chez l’enfant. A partir de là, une série de méthodes complémentaires débutent, guidées par le pédiatre et le neurologue. Parmi ces méthodes, les plus importantes sont les suivantes :

Électroencéphalogramme

L’électroencéphalogramme est un examen qui mesure l’activité électrique du cerveau. On place alors des électrodes qui, depuis l’extérieur du corps, enregistrent la transmission neuronale. Ces données sont ensuite lues par les spécialistes pour détecter d’éventuelles décharges anormales. Il n’est pas nécessaire d’effectuer spécifiquement cet examen lors d’une crise.

Il existe divers traitements visant à faire face à l'épilepsie infantile.

Tomographie du cerveau

La tomographie axiale computérisée de l’encéphale est capable de détecter des anomalies dans les structures du crâne qui pourraient provoquer des crises. Une tumeur, une augmentation de la pression dans le liquide céphalorachidien ou une malformation artério-veineuse.

Résonance magnétique

De même que la tomographie axiale computérisée, la résonance magnétique est un complément pour observer d’autres structures plus molles.

Tomographie par émission de positons (TEP)

La tomographie par émission de positons a récemment pris de l’ampleur en tant que méthode complémentaire pour diverses pathologies, dont l’épilepsie infantile. En injectant au patient une substance métabolique, qui est absorbée par les cellules à étudier, il est possible de voire cette activité sous forme de couleurs lors d’une tomographie ou d’une IRM. Cela pourrait permettre de détecter des tumeurs ou des zones neuronales à forte activité supérieures à la normale, mettant ainsi en évidence des foyers épileptiques.

Face au moindre doute, le mieux est de consulter le pédiatre

L’épilepsie infantile n’est pas une maladie que l’on peut laisser sans réponse. Plus vite les moyens de traitement et de prévention sont mis en place, meilleure est la qualité de vie de l’enfant et de sa famille. Dans de nombreux cas, la suspicion n’est pas facile, mais si une crise convulsive se produit, une évaluation professionnelle est incontournable.

Enfin, les traitements sont variés et ont évolué au fil des années. De nos jours, nous disposons d’outils de diagnostic plus spécifiques et dotés d’une meilleure sensibilité. Ainsi que des protocoles de suivi et de rééducation plus accessibles.

 

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