Anamu : propriétés et contre-indications

28 mars 2021
La médecine traditionnelle utilise l'anamu pour soulager la douleur, diminuer l'inflammation et améliorer la mémoire. Découvrez ici d'autres bénéfices de cette plante ainsi que ses effets indésirables, selon la science.

En médecine complémentaire, l’anamu est utilisé pour diminuer l’inflammation et la douleur, renforcer le système immunitaire et combattre certaines maladies chroniques. Cet arbuste herbacée est originaire de la forêt amazonienne, même s’il pousse aussi en Amérique du Sud, en Amérique centrale et aux Etats-Unis.

Mucuraapacinatipiguine et guinea hen weed sont les autres noms sous lesquels on connaît l’anamu ou Petiveria alliacea, son nom scientifique. L’une des caractéristiques particulières de la racine et des feuilles est leur forte odeur d’ail. Selon une étude sur des animaux, on pense que cette plante pourrait améliorer la fonction cérébrale.

Propriétés et bénéfices de l’anamu

L’anamu pourrait apporter différents bénéfices. Les plus importants sont ceux qui suivent.

Propriétés antioxydantes

Grâce à ses composés végétaux, l’anamu a des propriétés antioxydantes. Il contient des flavonoïdes, des coumarines, des triterpènes et du soufre. Ces antioxydants ont pour fonction de bloquer les radicaux libres.

Selon une révision publiée dans Recent Patents on Inflammation & Allergy Drug Discovery, les radicaux libres s’associent à des affections chroniques, des maladies cardiaques, des troubles cérébraux et du diabète.

Lisez aussi : 14 aliments anti-âge et antioxydants

Réduction de l’inflammation et soulagement de la douleur

Cette plante s’utilise depuis longtemps et de manière traditionnelle pour soulager la douleur et diminuer l’inflammation. Selon une recherche avec des souris réalisée par Chinese Journal of Integrative Medicine, l’anamu réduit les marqueurs d’inflammation comme l’interleukine 6, la prostaglandine E2 et le facteur de nécrose tumorale alpha.

Par ailleurs, Phytomedicine: International Journal of Phytotherapy & Phytopharmacology avec une analyse sur des animaux, a trouvé que l’anamu pouvait soulager la douleur de façon importante.

En revanche, une recherche réalisée avec 14 humains qui souffraient d’ostéoarthrite a souligné que le thé d’anamu n’était pas aussi efficace que d’autres médicaments. Par conséquent, il faut se dire que davantage d’études sur des humains sont nécessaires pour découvrir s’il est efficace.

Une douleur à la main.

L’usage analgésique de l’anamu est controversé. Certaines études le corroborent mais d’autres ne notent pas d’améliorations par rapport aux médicaments habituels.

Amélioration du rendement mental

Une étude avec des animaux a affirmé que l’anamu avait le potentiel d’améliorer la mémoire à court et long terme. Les animaux avaient, en effet, fait des progrès dans des tâches d’apprentissage.

Une autre a confirmé que l’anamu améliorait la mémoire à long terme et réduisait les signes d’anxiété, même si elle n’a pas pu assurer qu’elle renforçait celle à court terme. Néanmoins, d’autres études sont nécessaires sur des humains pour corroborer ses possibles bénéfices.

L’anamu : des propriétés anti-cancérigènes ?

Une étude a indiqué que l’anamu contribuait à la mort des cellules cancéreuses de la prostate, du sein, du poumon, du côlon et du pancréas, ce qui fait penser que l’extrait de cette plante pourrait être efficace pour neutraliser l’évolution de certains cancers.

Cela est dû au fait que l’anamu contient des principes actifs comme les flavonoïdes, les acides gras, les coumarines et le soufre. Néanmoins, il faut d’autres études sur des humains. Il est impossible de le considérer comme une première ligne d’approche oncologique.

Autres bénéfices possibles de l’anamu

L’anamu peut avoir d’autres bénéfices, tels que :

  • Augmenter l’immunité : une étude a révélé que certains composés de l’anamu pourraient stimuler le système immunitaire. Il faut cependant encore approfondir ces recherches.
  • Propriétés antimicrobiennes : grâce au soufre, l’anamu a des propriétés antibactériennes et antifongiques.
  • Réduire l’anxiété : même s’il s’agit encore d’études sur des animaux, on pense que l’anamu diminue les signes d’anxiété et de dépression.

Mode d’emploi et contre-indications de l’anamu

L’anamu est en vente libre et peut s’acquérir sous différentes présentations : poudre, teintures, feuilles séchées ou gélules. Il n’existe actuellement pas suffisamment de données pour en recommander une dose exacte, à cause du manque d’études sur les humains.

Malgré les informations limitées, certaines boîtes de suppléments recommandent entre 400 et 1250 milligrammes par jour. Il n’y a cependant aucune garantie sur ces quantités.

Apparemment, en consommer une petite dose et à court terme ne pourrait avoir qu’une faible toxicité. Cependant, à long terme, il y aurait des effets indésirables comme une confusion, des tremblements, une somnolence, des convulsions et une agitation.

Vous devez prendre en compte que les suppléments d’anamu ne sont pas soumis à des tests de sécurité. Par conséquent, puisqu’ils ne sont pas régulés, chaque fabricant pourrait gérer des doses différentes de celles spécifiées sur l’étiquette du produit.

On recommande d’y faire particulièrement attention si on le consomme en même temps qu’un anticoagulant ou un médicament pour les affections cardiaques. L’anamu contient déjà une petite quantité d’un anticoagulant naturel, la coumarine.

La coagulation du sang.

L’anamu contient de la coumarine, un anticoagulant naturel, et les patients cardiaques doivent donc faire particulièrement attention à son utilisation.

Découvrez aussi : Recommandations pour les personnes avec un traitement anticoagulant

Qui ne doit pas en consommer ?

Étant donné que peu de recherches ont été menées au sujet de la consommation humaine de cette plante, on recommande d’éviter son ingestion aux femmes enceintes ou en période d’allaitement et aux jeunes enfants. Si on prend déjà des médicaments, il faut consulter un médecin avant de consommer de l’anamu sous n’importe quelle forme.

Que retenir au sujet de l’anamu ?

L’anamu est un arbuste herbacée qui se caractérise par une forte odeur d’ail. En médecine traditionnelle, on l’utilise pour soulager la douleur, diminuer l’inflammation, renforcer le système immunitaire, réduire l’anxiété et améliorer le rendement mental.

Malgré les nombreux bénéfices qu’on lui attribue, cette plante requiert davantage d’études pour mieux connaître ses propriétés et ses possibles effets secondaires.

  • Urueña, C., Cifuentes, C., Castañeda, D., Arango, A., Kaur, P., Asea, A., & Fiorentino, S. (2008). Petiveria alliacea extracts uses multiple mechanisms to inhibit growth of human and mouse tumoral cells. BMC complementary and alternative medicine, 8, 60. https://doi.org/10.1186/1472-6882-8-60
  • Silva, M. L., Luz, D. A., Paixão, T. P., Silva, J. P., Belém-Filho, I. J., Fernandes, L. M., Gonçalves, A. C., Fontes-Júnior, E. A., de Andrade, M. A., & Maia, C. S. (2015). Petiveria alliacea exerts mnemonic and learning effects on rats. Journal of ethnopharmacology, 169, 124–129. https://doi.org/10.1016/j.jep.2015.04.005
  • Okada, Y., Tanaka, K., Sato, E., & Okajima, H. (2008). Antioxidant activity of the new thiosulfinate derivative, S-benzyl phenylmethanethiosulfinate, from Petiveria alliacea L. Organic & biomolecular chemistry, 6(6), 1097–1102. https://doi.org/10.1039/b715727d
  • Khansari, N., Shakiba, Y., & Mahmoudi, M. (2009). Chronic inflammation and oxidative stress as a major cause of age-related diseases and cancer. Recent patents on inflammation & allergy drug discovery, 3(1), 73–80. https://doi.org/10.2174/187221309787158371
  • Rosa, M., & Jose, M. (2018). Petiveria alliacea Suppresses Airway Inflammation and Allergen-Specific Th2 Responses in Ovalbumin-Sensitized Murine Model of Asthma. Chinese journal of integrative medicine, 24(12), 912–919. https://doi.org/10.1007/s11655-018-2566-5
  • Lopes-Martins, R. A., Pegoraro, D. H., Woisky, R., Penna, S. C., & Sertié, J. A. (2002). The anti-inflammatory and analgesic effects of a crude extract of Petiveria alliacea L. (Phytolaccaceae). Phytomedicine : international journal of phytotherapy and phytopharmacology, 9(3), 245–248. https://doi.org/10.1078/0944-7113-00118
  • Ferraz, M. B., Pereira, R. B., Coelho Andrade, L. E., & Atra, E. (1991). The effectiveness of tipi in the treatment of hip and knee osteoarthritis–a preliminary report. Memorias do Instituto Oswaldo Cruz, 86 Suppl 2, 241–243. https://doi.org/10.1590/s0074-02761991000600054
  • Silva, M. L., Luz, D. A., Paixão, T. P., Silva, J. P., Belém-Filho, I. J., Fernandes, L. M., Gonçalves, A. C., Fontes-Júnior, E. A., de Andrade, M. A., & Maia, C. S. (2015). Petiveria alliacea exerts mnemonic and learning effects on rats. Journal of ethnopharmacology, 169, 124–129. https://doi.org/10.1016/j.jep.2015.04.005
  • de Andrade, T. M., de Melo, A. S., Dias, R. G., Varela, E. L., de Oliveira, F. R., Vieira, J. L., de Andrade, M. A., Baetas, A. C., Monteiro, M. C., & Maia, C. (2012). Potential behavioral and pro-oxidant effects of Petiveria alliacea L. extract in adult rats. Journal of ethnopharmacology, 143(2), 604–610. https://doi.org/10.1016/j.jep.2012.07.020
  • Lowe, H. I., Facey, C. O., Toyang, N. J., & Bryant, J. L. (2014). Specific RSK kinase inhibition by dibenzyl trisulfide and implication for therapeutic treatment of cancer. Anticancer research, 34(4), 1637–1641.
  • Santander, S. P., Hernández, J. F., Barreto, C. C., Masayuki, A., Moins-Teisserenc, H., & Fiorentino, S. (2012). Immunomodulatory effects of aqueous and organic fractions from Petiveria alliacea on human dendritic cells. The American journal of Chinese medicine, 40(4), 833–844. https://doi.org/10.1142/S0192415X12500620
  • Benevides, P. J., Young, M. C., Giesbrecht, A. M., Roque, N. F., & Bolzani, V. S. (2001). Antifungal polysulphides from Petiveria alliacea L. Phytochemistry, 57(5), 743–747. https://doi.org/10.1016/s0031-9422(01)00079-6
  • Gomes, P. B., Noronha, E. C., de Melo, C. T., Bezerra, J. N., Neto, M. A., Lino, C. S., Vasconcelos, S. M., Viana, G. S., & de Sousa, F. C. (2008). Central effects of isolated fractions from the root of Petiveria alliacea L. (tipi) in mice. Journal of ethnopharmacology, 120(2), 209–214. https://doi.org/10.1016/j.jep.2008.08.012
  • Luz, D. A., Pinheiro, A. M., Silva, M. L., Monteiro, M. C., Prediger, R. D., Ferraz Maia, C. S., & Fontes-Júnior, E. A. (2016). Ethnobotany, phytochemistry and neuropharmacological effects of Petiveria alliacea L. (Phytolaccaceae): A review. Journal of ethnopharmacology, 185, 182–201. https://doi.org/10.1016/j.jep.2016.02.053