Comment classe-t-on les analgésiques ?

· 21 février 2019
Les analgésiques sont un des groupes pharmacologiques les plus employés. Dans cet article, nous les classerons en fonction de leur mécanisme d'action et nous expliquerons leur utilité.

L’analgésie, d’après son étymologie, signifie le refus ou le manque de douleur. C’est donc l’objectif des médicaments dits analgésiques. Selon l’Association Internationale d’Étude de la Douleur (IASP), celle-ci se définit comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable.

Il existe deux types de douleur : la douleur aiguë et la douleur chronique. Elles diffèrent quant à l’expérience sensorielle mais aussi à l’expérience émotionnelle qu’elles impliquent. Elles nécessitent donc des analgésiques différents.

La douleur aiguë provient d’une blessure tissulaire et disparaît après guérison. La douleur post-opératoire est un exemple de douleur aiguë. D’un autre côté, il est difficile de trouver une blessure tissulaire concrète qui justifie la douleur chronique. De plus, elles durent longtemps. La migraine ou l’arthrose sont des exemples de douleur chronique.

Comme nous l’avons signalé précédemment, la composante émotionnelle est différente entre la douleur aiguë et la chronique. Dans le cas d’une douleur aiguë, on ressent généralement de l’irritabilité, de l’anxiété et de la colère. Dans le cas d’une douleur chronique, on éprouve des sentiments qui tendent plus à la dépression. Parfois, ces symptômes émotionnels peuvent aussi être traités. C’est particulièrement fréquent dans le cas de douleurs chroniques.

Analgésiques primaires

Leur objectif principal est de soulager la douleur. Ils sont d’ailleurs utiles pour des douleurs très différentes. On distingue trois grands groupes.

Analgésiques et antithermiques purs

analgésiques

 

Les médicaments analgésiques ont aussi d’autres fonctions. La grande majorité sont aussi anti-thermiques (combattent la fièvre) et anti-inflammatoires. Le groupe qui nous inquiète est celui de l’exception. Un exemple d’analgésique et d’antithermique pur est le paracétamol. Il ne combat pas l’inflammation mais par contre la fièvre et la douleur, si. 

Analgésiques anti-inflammatoires (AINS)

Les AINS doivent leur fonction au blocage qu’ils réalisent sur l’enzyme cyclo-oxygénase (COX). Ils empêchent au COX de synthétiser certaines substances reliées au processus inflammatoire, réussissant ainsi à freiner ce dernier. Comme exemple de AINS, on peut citer l’acide acétylsalicylique (aspirine) ou l’ibuprofène.

Tout comme il existe différentes sortes de COX, chacune ayant une fonction, il existe aussi des médicaments analgésiques qui bloquent chacune d’entre elles spécifiquement. Ces médicaments s’appellent des inhibiteurs sélectifs de COX (COX sélectifs). Par exemple, le celecoxib et le rofecoxib.

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Les opioïdes

Les médicaments analgésiques opioïdes activent les récepteurs opioïdes. De manière générale, quand un récepteur opioïde s’active, il rend plus difficile la transmission nerveuse. Un récepteur opioïde activé diminue donc la transmission nerveuse de la douleur. Il existe différents types d’opioïdes en fonction de leur efficacité et d’autres caractéristiques. Nous retrouvons donc :

  • Agonistes purs : les plus efficaces (exemples : morphine, codéine et méthadone)
  • Agonistes partiels : à l’efficacité un peu plus réduite (par exemple, la buprenorphine)
  • Agonistes-antagonistes : ils activent certains récepteurs opioïdes et en bloquent d’autres (par exemple, la pentazocine)
  • Mixtes : ils ont d’autres fonctions à part celles d’opioïdes (par exemple, le tramadol)

Il est fréquent que les opioïdes produisent des effets indésirables comme les nausées, la constipation ou la sédation.

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Médicaments analgésiques secondaires

Le premier objectif des médicaments analgésiques secondaires n’est pas de soulager la douleur. En fait, ils ont été inventé en règle générale pour soulager d’autres affections. Cependant, ils peuvent soulager certains types de douleur spécifique.

Antidépresseurs

Comme nous l’avons déjà expliqué, les symptômes dépressifs sont souvent associés à la douleur, surtout chronique. Les antidépresseurs peuvent d’ailleurs être bénéfiques à ce sujet. Un des plus utilisés est l’amitriptyline.

Antiépileptiques

Les antiépileptiques réduisent la transmission nerveuse. Lors de leur utilisation, la transmission nerveuse de la douleur diminue. On utilise souvent la carbamazepine et la lamotrigine.

Relaxants musculaires

Les relaxants musculaires peuvent être bénéfiques surtout sur les douleurs d’origine musculaire. Si l’origine de la douleur est une contracture ou quelque chose de similaire, lors de leur utilisation, le muscle se relâchera et la douleur diminuera. De plus, dans de tels cas, ils aident à soigner la pathologie. Les relaxants musculaires très souvent utilisés sont le diazépam, la gabapentine et le topiramate.

Anesthésiques locaux

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Les anesthésiques locaux bloquent la transmission nerveuse dans la zone où ils sont appliqués. Donc, lorsque vous utilisez les anesthésiques locaux dans la zone d’origine de la douleur, celle-ci disparaîtra ou diminuera.

Ils peuvent aussi s’appliquer dans les structures où passe l’impulsion douloureuse dans leur chemin vers les centres nerveux supérieurs. De cette manière, la douleur ne sera pas consciente, du moins en partie. Les anesthésiques locaux très souvent utilisés sont la lidocaïne et la pilocarpine.

Corticoïdes

Ils ont un effet similaire à ceux des AINS dans le sens où ils agissent en inhibant ou en diminuant l’inflammation. En diminuant l’inflammation, la douleur causée par cette dernière diminuera. Un corticoïde utilisé habituellement est la prednisone.

 

Libert, F., Adam, F., Eschalier, A., & Brasseur, L. (2006). Les médicaments adjuvants (ou co-analgésiques). In Douleur et Analgesie. https://doi.org/10.1007/s11724-006-0026-z