Découvrez la psychologie derrière les commérages et les rumeurs

Les commérages et les rumeurs consistent en la transmission d'informations fausses ou incomplètes. Ils peuvent être nocifs, mais ils nous divertissent aussi et nous rassemblent. Nous vous en disons plus ici.
Découvrez la psychologie derrière les commérages et les rumeurs

Dernière mise à jour : 28 juillet, 2022

Les commérages et les rumeurs imprègnent notre quotidien. Cela va des nouvelles douteuses que nous lisons sur les réseaux sociaux aux conversations avec des amis dans lesquelles nous parlons de tiers.

Ce type d’interactions jouent un rôle important dans notre sociabilité. Mais leur effet peut être à la fois positif et négatif. Il convient  doncde connaître la psychologie derrière ces dynamiques pour ne pas se laisser emporter par elles.

Certaines personnes sont plus susceptibles de partager et de répandre des rumeurs que d’autres, mais nous participons tous à un certain degré. Parfois, ces commérages sont neutres, voire positifs, et ont pour seul but de divertir et de partager des informations.

Dans d’autres cas, ils sont négatifs et malveillants. Ils se propagent dans un but bien précis. Mais pourquoi sommes-nous si intéressés ? Nous vous révélons la réponse ci-dessous.

La psychologie derrière les commérages et les rumeurs

À l’heure de parler de la psychologie des rumeurs, il est inévitable de mentionner les travaux d’Allport et Postman. Ces prestigieux psychologues ont défini la rumeur et expliqué les clés de sa propagation sociale.

La rumeur s’entend comme une affirmation ou une proposition émise comme vraie, sans preuves à l’appui, et qui passe de personne à personne. Cette transmission se fait principalement par voie orale, bien que l’arrivée des réseaux sociaux ait créé un nouveau paradigme à cet égard, dont l’expression maximale est le contenu viral.

Cependant, toutes les informations ne deviennent pas des rumeurs. Pour ce faire, certaines conditions doivent être remplies.

D’une part, il doit s’agir de données pertinentes, considérées comme importantes pour une communauté particulière, en raison de ses répercussions ou parce qu’elles font allusion à certains des principes et valeurs les plus profondément enracinés de ce groupe.

Ainsi, la rumeur selon laquelle un licenciement collectif va avoir lieu dans une entreprise se propage beaucoup plus facilement que celle qui dit que la couleur des murs va changer. De même, les commérages sur l’infidélité se répandent rapidement, car ils menacent l’un des piliers moraux de la société.

Voici une autre condition à remplir : l’information est ambiguë et incomplète. En n’offrant pas tous les détails ou preuves nécessaires, elle invite à l’imagination, à la méfiance et à l’élucubration. Cela donne envie aux personnes de combler ces lacunes avec leur propre contribution.

Potins au bureau.
Dans un groupe de travail, les rumeurs les plus pertinentes ne sont pas les mêmes que dans un autre groupe social. Chaque environnement a sa dynamique autour des commérages.



Comment les commérages et les rumeurs se propagent-ils ?

Une fois que nous avons une information qui remplit les conditions ci-dessus, tout un processus se met en place qui favorise sa propagation rapide. Les personnes qui les reçoivent traitent ces données d’une certaine manière qui fait que ces informations sont de plus en plus diffusées.

Elles le font à travers 3 lois :

  1. Loi de réduction : les commérages et les rumeurs deviennent plus courts et plus concis. L’histoire est réduite pour se concentrer sur les détails les plus intéressants ou les plus juteux.
  2. Loi d’accentuation : chaque fois qu’une personne raconte la rumeur, elle a tendance à l’exagérer, en mettant l’accent sur la plus morbide et en la rendant plus spectaculaire. La raison en est qu’elle a retenu dans sa mémoire l’information frappante.
  3. Loi d’assimilation : chacun réinterprète et retransmet le contenu en fonction de ses centres d’intérêt et de ses idéologies.

L’information mute au fur et à mesure qu’elle se propage et ne reste pas statique. Les commérages et les rumeurs constituent alors des informations fausses ou incomplètes qui ne sont pas vérifiées et subissent tout un processus de transformation par le bouche à oreille.



Quelle fonction remplissent-ils et comment nous impactent-ils ?

Les commérages et les rumeurs font partie de la socialisation humaine depuis les temps anciens. Aujourd’hui encore, ils constituent une grande partie de nos conversations quotidiennes.

L’échange d’informations sociales est un pilier fondamental des interactions. Cependant, loin de ce que l’on pourrait penser, les commérages ne sont pas forcément négatifs.

En réalité, dans la plupart des cas, les informations partagées sont neutres. Par exemple, nous pouvons parler d’une personne qui aime vraiment la musique.

À d’autres moments, cela est même positif. Par exemple, lorsque nous mentionnons des événements favorables qui se sont produits dans la vie d’un autre.

Mais même lorsqu’elles sont négatives, les rumeurs remplissent plusieurs fonctions :

  • D’une part, elles favorisent la socialisation et permettent la création de réseaux entre les personnes. En petits groupes, elles sont des signes de confiance et de proximité affective. Au niveau mondial, elles nous permettent d’engager des discussions sur des questions sociales qui façonnent nos valeurs et notre culture.
  • D’autre part, elles exercent un rôle de régulation sociale. En parlant avec d’autres personnes de leurs actions et des conséquences, nous apprenons de leur expérience et comprenons ce qui est socialement acceptable et ce qui ne l’est pas.
Bavardage entre deux femmes.
La transmission d’informations entre les personnes implique souvent un changement en matière de détails et l’exagération des données.

Ils ne sont pas toujours négatifs, mais il faut faire preuve de prudence

Les commérages et les rumeurs ne sont pas aussi négatifs que nous les percevons parfois. Cependant, se consacrer à répandre (ou croire) de fausses nouvelles sur d’autres personnes peut être très nuisible.

Essayons d’être critiques, d’aller aux sources et de ne pas coopérer aux échanges d’informations négatives qui peuvent nous nuire ou nuire aux autres.

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  • Allport, G. W., & Postman, L. (1947). The psychology of rumor. Henry Holt.
  • Baumeister, R. F., Zhang, L., & Vohs, K. D. (2004). Gossip as cultural learning. Review of general psychology8(2), 111-121.
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  • Dunbar, R. I. (2004). Gossip in evolutionary perspective. Review of general psychology8(2), 100-110.
  • Robbins, M. L., & Karan, A. (2020). Who gossips and how in everyday life?. Social Psychological and Personality Science11(2), 185-195.