Diarrhée à Clostridium difficile

23 février 2021
La diarrhée à Clostridium difficile est une pathologie très dangereuse. Son diagnostic au bon moment peut sauver la vie de celui qui en est atteint. Découvrez-en plus dans cet article !

Quand nous parlons de diarrhée à Clostridium difficile, nous faisons référence à un type de diarrhée associé à des hospitalisations. Elle est beaucoup plus fréquente chez des personnes qui ont passé un moment à l’hôpital que chez le reste de la population.

Pour les adultes, il s’agit de la cause la plus fréquente de diarrhée nosocomiale, c’est-à-dire intra-hospitalière, propre à ceux qui ont passé un moment dans des cliniques ou des hôpitaux. Et le nombre de morts associés à cette infection est très significatif.

La diarrhée à Clostridium difficile est causée par un micro-organisme très résistant. Cette bactérie peut survivre dans l’environnement pendant longtemps, en gardant sa capacité d’infection.

Une partie de la résistance de cette bactérie vient de sa capacité à former des spores. Les spores sont des formes de survie des bactéries pour résister aux conditions agressives de l’environnement.

La voie de contagion de la diarrhée à Clostridium difficile est fécale-orale. Les patients infectés éliminent des bactéries à travers leurs selles et, à cause d’un manque d’hygiène, dispersent le micro-organisme, qui se retrouve dans la bouche d’autres patients.

Clostridium difficile survit dans les hôpitaux et les cliniques grâce à sa capacité à former des spores. On la trouve sur les meubles des centres de santé, sur les instruments chirurgicaux et sur les uniformes du personnel.

Facteurs de risque de la diarrhée à Clostridium difficile

La diarrhée à Clostridium difficile a, pour principal facteur de risque, le fait d’avoir été hospitalisé. Ce n’est cependant pas la seule condition qui doit avoir lieu pour que l’infection se produise.

Parmi les facteurs de risque qui s’associent à la maladie à cause de cette bactérie, nous avons :

  • Avoir reçu des antibiotiques : quand une personne est admise à l’hôpital pour une cause qui requiert l’utilisation d’antibiotiques, l’infection par Clostridium difficile se retrouve favorisée.
  • Chimiothérapie : les patients oncologiques qui suivent une chimiothérapie ont plus de risques de contracter cette diarrhée.
  • Hospitalisation à haut risque : parmi les patients, le risque est plus élevé chez ceux qui sont dans des unités de soins intensifs.
  • Age : on a recensé plus de cas chez les personnes de plus de 64 ans.
  • Immunosuppression : les patients avec une déficience dans leurs défenses, à cause de la pathologie dont ils souffrent ou des médicaments qu’ils prennent, sont exposés à la diarrhée à Clostridium difficile. Ces patients restent généralement très longtemps à l’hôpital à cause de leur immunosuppression.
  • Se soumettre à des procédés endoscopiques : quand l’hospitalisation se combine à un procédé invasif – une endoscopie digestive, par exemple – le risque augmente. Les instruments pour les endoscopies peuvent être porteurs des spores de Clostridium difficile.
La gastro-entérite bactérienne.

La diarrhée que génère la bactérie Clostridium difficile est très intense.

Poursuivez votre lecture : Les différents types de chimiothérapie

Formes cliniques

La diarrhée à Clostridium difficile ne se manifeste pas toujours de la même façon. Selon sa gravité et la présence ou non de certains symptômes, certaines formes cliniques de la maladie ont été établies :

  • Porteur de la bactérie : certaines personnes sont colonisées par Clostridium difficile sans présenter la diarrhée. En général, ce sont des patients qui ont connu une hospitalisation relativement prolongée.
  • Sans colite : on calcule qu’un quart des personnes qui consomment des antibiotiques pendant une période prolongée développent une diarrhée à Clostridium difficile sans symptômes supplémentaires. On ne voit apparaître qu’une diarrhée, sans douleur abdominale et sans fièvre.
  • Colite non pseudomembraneuse : dans ce cas, la diarrhée est intense et peut aller jusqu’à 15 défécations en une journée. On retrouve généralement de la fièvre, une douleur abdominale et du sang dans les selles. Si elle n’est pas traitée à temps, elle conduit à la déshydratation, avec le danger que cela implique.
  • Colite pseudomembraneuse : elle ressemble beaucoup à la précédente sur le plan clinique, avec les mêmes symptômes, mais a une morphologie différente. On la diagnostique quand on pratique une coloscopie au patient pendant son cadre infectieux. Lors de cette étude, on visualise les membranes de couleur jaune collées au gros intestin.
  • Fulminante : c’est la forme la plus extrême et dangereuse de la diarrhée à Clostridium difficile. On l’associe à une entité du nom de mégacôlon toxique : le gros intestin se tend excessivement et se paralyse. Un patient avec une colite fulminante a de grandes chances de mourir (9 cas sur 10).
Le gros intestin chez une femme.

C’est le colon qui est affecté par la bactérie Clostridium difficile.

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Traitement de la diarrhée à Clostridium difficile

Une fois la diarrhée à Clostridium difficile diagnostiquée à travers des endoscopies, sérologies ou cultures, on procède à son traitement. En plus des mesures de soutien pour éviter la déshydratation, on utilise des antibiotiques.

On ne peut pas utiliser n’importe quel antibiotique pour le traitement car la diarrhée peut provenir de l’un d’eux, comme nous l’avons vu. Ceux qui s’emploient et ont prouvé leur efficacité sont la vancomycine et la fidaxomicine.

Une option alternative est d’utilise du métronidazole. Néanmoins, ce choix est réservé aux cas où la vancomycine et la fidaxomicine ne seraient pas disponibles. Ce premier schéma mentionné est celui que l’on doit utiliser de façon prioritaire.

À un second niveau, pour des cas extrêmes avec un risque élevé, on doit réaliser une opération du côlon. Le procédé consiste à retirer la partie du gros intestin qui est affectée par les plaques jaunes ou par le mégacôlon toxique.

Comme vous avez pu le voir, il s’agit d’une maladie dangereuse et grave. Les professionnels des hôpitaux et des cliniques y sont attentifs et la surveillent chez certains patients. Avec un traitement opportun, le risque de mortalité de cette maladie peut être réduit.

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