Douleurs et élancements dans l'utérus : causes et tests médicaux

La présence de douleurs et d'élancements dans l'utérus est un motif de consultation gynécologique fréquent. Quelles sont les causes possibles ? Nous les détaillons ici.
Douleurs et élancements dans l'utérus : causes et tests médicaux

Dernière mise à jour : 17 juillet, 2022

L’apparition de douleurs et d’élancements dans l’utérus est généralement un motif de consultation gynécologique. Les causes sont variées et vont de conditions anodines liées au cycle menstruel à des pathologies impliquant n’importe quelle structure de la cavité abdominopelvienne.

C’est précisément cette origine multifactorielle qui rend nécessaire une évaluation médicale approfondie. Le médecin ou le gynécologue est obligé de déterminer s’il y a urgence chirurgicale ou si un autre type de traitement est nécessaire. Il faut même exclure la possibilité d’une grossesse. Poursuivez donc votre lecture pour en savoir plus.

La dysménorrhée, une des principales causes de douleurs et d’élancements dans l’utérus

Lors de l’évaluation des causes possibles de douleur et d’élancements dans l’utérus, le professionnel de santé vérifie la présence d’autres symptômes, tels que des saignements ou des écoulements anormaux des organes génitaux. Il vérifie également les éventuels symptômes gastro-intestinaux ou urinaires.

La principale cause de douleur et d’élancements dans l’utérus est liée aux règles, et est connue sous le nom de “dysménorrhée”. Elle touche plus de la moitié des femmes en âge de procréer et les cas graves conduisent à l’absentéisme à l’école ou au travail.

Les coliques menstruelles apparaissent cycliquement au début des règles et durent généralement entre deux et trois jours. De plus, elles peuvent provoquer d’autres symptômes, tels que :

  • Nausée et vomissements
  • Diarrhée
  • Maux de tête
  • Malaise
  • Fatigue

La douleur associée à la dysménorrhée est décrite comme similaire à des crampes, localisées dans le bas de l’abdomen, et pouvant irradier vers le bas du dos et les cuisses. La condition est classée comme primaire lorsqu’il n’y a pas de cause apparente pour la douleur.

Cependant, elle est secondaire lorsqu’il y a une pathologie sous-jacente. De ce fait, il est important de s’interroger sur ses caractéristiques et sur la relation qu’elle entretient avec les règles.

Qu'est-ce que la dysménorrhée ?
La cause la plus fréquente de douleurs dans l’utérus est la dysménorrhée. Elle s’améliore généralement à la fin des règles.



Changements hormonaux

Les règles sont déclenchées par une série de changements hormonaux cycliques. Parmi ceux-ci, on observe une diminution de la concentration de progestérone, qui répond à la dégénérescence du corps jaune.

Conséquence de cela : la production de substances appelées prostaglandines, impliquées dans la contraction et la vasoconstriction utérines, est stimulée. De plus, l’apport sanguin de l’endomètre diminue, ce qui entraîne une ischémie et des douleurs.

Faut-il plus de tests médicaux dans la dysménorrhée ?

Tout d’abord, il est nécessaire d’évaluer si la douleur et les élancements dans l’utérus sont associés au cycle menstruel. Si des coliques apparaissent avec les règles et sont survenues à plusieurs reprises, un examen gynécologique complet doit être effectué.

Lorsque les résultats sont dans les limites normales, aucun autre test n’est nécessaire. Pour gérer la douleur, des analgésiques peuvent être pris pendant trois ou quatre jours.

Cependant, il faut parfois vérifier que la douleur n’est pas liée à d’autres processus. Pour cette raison, des études complémentaires, telles que l’hématimétrie, l’analyse d’urine et l’échographie abdominopelvienne peuvent être demandées.

De même, il est important d’écarter les malformations génitales lorsque la douleur apparaît lors des premières règles et est considérablement intense.

Le syndrome de Mittelschmerz

Une autre cause fréquente de douleur pelvienne est celle qui survient autour de l’ovulation. En termes médicaux, elle est connue sous le nom de syndrome périovulatoire ou de Mittelschmerz. Elle est décrite comme une douleur dans le bas-ventre, affectant principalement un côté.

Celle-ci peut apparaître entre les jours 7 et 24 du cycle menstruel et sa particularité est qu’elle change d’hémiabdomen dans les mois suivants.

Les causes du syndrome de Mittelschmerz

Il existe deux théories qui tentent d’expliquer l’origine de la douleur périovulatoire. La première est basée sur la distension douloureuse de la surface de l’ovaire — dans laquelle se développe le follicule —, qui survient juste avant l’ovulation.

La seconde répond à une augmentation de la sécrétion de prostaglandines due à l’action de l’hormone lutéinisante, qui génère la contraction des fibres musculaires lisses périfolliculaires et la sensation de douleur.

Le syndrome de Mittelschmerz n’est pas un syndrome qui prend naissance dans l’utérus. Cependant, du fait de sa fréquence élevée et de la mauvaise interprétation de sa localisation, il peut être confondu avec d’autres causes de douleur, notamment lorsqu’il est intense et prédomine du côté droit.

Il est généralement similaire à l’appendicite. Par conséquent, il est essentiel de procéder à un interrogatoire exhaustif.



La maladie inflammatoire pelvienne

L’infection des voies génitales hautes est regroupée dans une entité appelée maladie inflammatoire pelvienne (MIP), qui touche également les organes voisins. Dans cette pathologie, les douleurs abdominales s’aggravent lors des rapports sexuels ou à la fin des règles. Il peut s’agir également de l’apparition de pertes vaginales nauséabondes et d’une sensation d’échauffement.

L’examen physique révèle une sensibilité aux mouvements cervicaux, qui est considérée comme une découverte évocatrice de PID. Des examens complémentaires comme la formule sanguine, la protéine C-réactive et la vitesse de sédimentation érythrocytaire ne doivent pas retarder la mise en place d’un traitement antibiotique précoce. La réalisation d’un frottis vaginal et l’utilisation de l’échographie peuvent être très utiles.

Les causes de la douleur dans l’utérus due à la MIP

L’ascension des micro-organismes du vagin est la principale cause de maladie inflammatoire pelvienne. Les germes le plus souvent impliqués chez une femme sexuellement active sont Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis.

Cependant, toutes les infections ne sont pas causées par un organisme sexuellement transmissible. Il existe des facteurs de risque qui augmentent les chances de développer la MIP :

  • Pratiques sexuelles à risque (plusieurs partenaires sexuels et non utilisation de préservatifs)
  • Présence de dispositif intra-utérin (DIU), en particulier pendant les premières semaines après la pose
  • Antécédents de maladie inflammatoire pelvienne
  • Exploration vaginale ou manipulation de la cavité utérine, comme l’hystéroscopie ou l’hystérosalpingographie

L’endométriose

L’endométriose est une autre cause de douleurs pelviennes, en l’occurrence d’évolution chronique. Elle apparaît souvent avant les règles, augmente en intensité pendant les règles et diminue progressivement.

Il est important d’étudier les caractéristiques des cycles menstruels, car ils durent généralement plus longtemps et les saignements sont abondants. En effet, ces derniers sont parfois plus fréquents et apparaissent avant 28 jours.

L'endométriose.
Des saignements abondants et des menstruations douloureuses sont des symptômes de l’endométriose. Néanmoins, des études complémentaires sont nécessaires pour poser le diagnostic.

L’origine de l’endométriose

L’endométriose répond à la présence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine. L’origine de la douleur et l’association avec le cycle menstruel répondent aux changements hormonaux qui se produisent au cours de ce processus.

L’examen physique fournit peu d’informations, mais la chronicité du tableau clinique et les caractéristiques des règles peuvent servir de point de départ à une suspicion diagnostique.

Les explorations complémentaires

L’altération de certains marqueurs tumoraux (Ca-125 et Ca-19-9) est décrite en présence d’endométriose. Cependant, ils ne sont pas spécifiques à cette entité et, par conséquent, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer leur véritable utilité.

Les études d’imagerie peuvent donner certains résultats dans certains cas, mais elles ne sont pas non plus considérées comme appropriées pour diagnostiquer cette condition. Pour sa part, la laparoscopie est la technique invasive qui fournit des informations précises, car elle permet l’identification des foyers d’implantation de l’endomètre en dehors de l’utérus.

Cependant, il est nécessaire de prélever des échantillons de biopsie des lésions suspectes, car leur histologie confirmera le diagnostic. Certains auteurs décrivent que la suppression hormonale ovarienne avec amélioration des symptômes peut également être utilisée comme méthode de diagnostic.

En cas de douleur dans l’utérus, consulter un gynécologue est indispensable

Dans la plupart des cas, la douleur et les élancements dans l’utérus ne correspondent pas à une affection grave. Malgré cela, il est conseillé d’en discuter avec le médecin ou le gynécologue pour recevoir des soins opportuns et adéquats, si nécessaire.

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