Dystocie des épaules : pourquoi est-ce un problème ?

La dystocie des épaules est une urgence obstétricale. Apprenez-en plus ici sur ses répercussions.
Dystocie des épaules : pourquoi est-ce un problème ?

Dernière mise à jour : 02 novembre, 2021

La dystocie des épaules est une complication rare et imprévisible de l’accouchement avec une morbidité élevée pour la mère et le bébé. Sa résolution nécessite des manœuvres spécifiques pour dégager les épaules de l’enfant.

La mort du bébé à la naissance est très rare, mais la morbidité associée aux complications est un facteur préoccupant. Les complications peuvent aller de lésions du plexus nerveux brachial, d’une fracture de l’humérus ou de la clavicule, à des lésions neurologiques dues à une déficience de la circulation artérielle vers le cerveau.

Il s’agit d’une urgence obstétricale qui nécessite un diagnostic et une attention immédiate du spécialiste. Et ce, car le temps pour effectuer les manœuvres et extraire le bébé sans dommage collatéral est limité.

La dystocie des épaules

Cliniquement, la situation est identifiée lorsqu’il est difficile pour les épaules du bébé de traverser spontanément le bassin après que l’expulsion de la tête ait déjà eu lieu. Cependant, par définition, la vraie dystocie est celle qui nécessite des manœuvres pour dégager les épaules, en plus d’une traction vers le bas et d’une épisiotomie.

On considère qu’il doit s’écouler plus d’une minute entre l’expulsion de la tête et la sortie des épaules pour parler de dystocie des épaules.

Ces manœuvres de résolution peuvent être simples ou complexes, et avoir lieu à l’intérieur et à l’extérieur du vagin. Elles doivent être effectués de manière séquentielle et par un personnel qualifié.

Dans le monde, l’incidence est estimée entre 2 % et 3 % des grossesses. Cependant, ce n’est pas une valeur exacte, car dans de nombreux cas, elle est résolue par des manœuvres préventives et le diagnostic n’est pas posé. La manœuvre de pression sur le pubis est l’une des préférées pour dégager l’épaule.

Dystocie des épaules.
La prévalence de la maladie est de 2 à 3 %, mais elle pourrait être plus élevée en raison de l’absence de diagnostic.

Comment l’identifie-t-on ?

Il existe un signe clinique majeur appelé signe de la tortue, qui permet d’identifier une dystocie des épaules. Ce signe apparaît lorsque, après la sortie de la tête fœtale, cette dernière recule lors de la poussée et se superpose au périnée, comme si elle tentait de rentrer dans le canal vaginal.

La dystocie des épaules peut être unilatérale ou concerner les deux épaules. Dans les deux cas, la traction sur la tête fœtale lors de son éjection ne provoque pas le délogement des épaules. Cela provoque un allongement des nerfs cervicaux du plexus brachial, ce qui peut entraîner une paralysie du bras ou de l’avant-bras du bébé.

Les facteurs de risque associés à la dystocie des épaules

Les facteurs de risque de dystocie des épaules sont divisés en trois catégories : les antécédents de la mère, les facteurs antepartum et les facteurs intrapartum. Ils sont tous liés les uns aux autres. Toutefois, malgré l’existence de facteurs de risque, environ 50 % des cas concernent des patients sans facteur de risque connu.

Les antécédents de la mère

  • Antécédents de dystocie des épaules ou bébé avec lésion du plexus brachial lors d’accouchements antérieurs
  • Obésité maternelle avec un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30
  • Diabète maternel prégestationnel
  • Multiparité (avoir eu plusieurs enfants)
  • Âge maternel avancé

Les facteurs antepartum

  • Macrosomie : poids fœtal estimé supérieur ou égal à 4500 grammes par échographie ou poids de naissance supérieur ou égal à 4000 grammes
  • Diabète gestationnel
  • Prise de poids excessive de la mère pendant la grossesse (égale ou supérieure à 20 kg)
  • Grossesse chronologiquement prolongée (plus de 42 semaines de gestation)

Les facteurs intrapartum

  • Anomalies pelviennes maternelles : bassin avec caractéristiques androïdes ou anthropoïdes et poids fœtal important pour l’âge gestationnel
  • Accouchement précipité ou instrumentale
  • Progression anormale de l’accouchement
  • Expulsion échouée, prolongée ou arrêtée


L’impact de la dystocie des épaules

La dystocie des épaules a des répercussions sur la mère et sur le bébé. Voyons quelles sont ces répercussions.

L’impact sur le bébé

La principale préoccupation est l’hypoxie néonatale, car au cours de la dystocie des épaules, le flux sanguin à travers le cordon ombilical est obstrué par la compression. La carence en oxygène crée des problèmes cérébraux qui entraînent des dommages neurologiques.

Le temps maximum pour accoucher est estimé à 7-8 minutes en vue d’éviter l’hypoxie néonatale.

Les complications les plus fréquentes sont les lésions du plexus brachial (prévalence 60 %), les fractures de la clavicule (20-30 %) et les fractures de l’humérus (5-10 %). La lésion du plexus brachial est le résultat d’une traction excessive à la fois par le bébé et par l’opérateur pour tenter de retirer l’épaule.

Lorsqu’elle entraîne une atteinte importante, il peut y avoir une paralysie des muscles de l’épaule, du bras ou du poignet. Elle ne nécessite généralement pas de chirurgie, mais des mesures orthopédiques.



Les répercussions pour la mère

Les conséquences pour la mère sont variables, et sont très rares. Elles comprennent des déchirures du canal de naissance, une hémorragie post-partum, une inflammation de l’endomètre, une rupture des parois utérines et une perte de tonus de la vessie.

Pression pubienne pour prévenir la dystocie des épaules.
Certaines manœuvres réduisent l’incidence de la dystocie des épaules, bien qu’elles soient réservées aux cas présentant des facteurs de risque.

Que faire en cas de diagnostic de dystocie des épaules ?

La chose la plus importante est la reconnaissance précoce du trouble. Les manœuvres sont séquentielles et vont des plus simples aux plus complexes.

Il faut d’abord exercer une pression au-dessus du pubis. Ensuite, d’autres manœuvres qui ne nécessitent pas d’anesthésie sont effectuées à l’extérieur du vagin. Si l’épaule ne peut pas être délogée, la coupure d’épisiotomie doit être prolongée pour permettre l’expulsion de la tête.

Dans ce dernier cas, la tête fœtale doit être rétablie dans le vagin pour une incision de la symphyse pubienne ou une césarienne en urgence. L’exercice d’une pression sur l’abdomen, la poussée maternelle incontrôlée et la traction de la tête fœtale sont contre-indiqués.

La dystocie des épaules ne peut pas être évitée, car il n’y a pas de facteurs prédicteurs définitifs. Les facteurs de risque ne prédisent que 15 % des circonstances.

De plus, il n’est pas possible de connaître le vrai poids du bébé avant sa naissance ni le diamètre du bassin maternel par lequel le fœtus va descendre. On ne peut donc pas savoir si une dystocie des épaules se produira avant l’accouchement.

Par conséquent, la césarienne programmée n’est pas appropriée si on estime que le poids fœtal sera supérieur à 4 500 grammes. L’indication chirurgicale est réservée à titre préventif lorsque le poids fœtal estimé est supérieur à 5000 grammes chez les patients non diabétiques et supérieur à 4500 grammes chez les patients diabétiques.

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