Eloge de la routine : stimuler davantage la créativité

La vie peut sembler très ennuyeuse si nous abusons de certaines habitudes et rituels. Le docteur en psychologie Marcelo R. Ceberio nous en parle davantage et nous explique les clés pour nous libérer de cette sensation de monotonie.
Eloge de la routine : stimuler davantage la créativité

Dernière mise à jour : 28 février, 2021

La routine est à la fois un organisateur et un ordinateur de nos vies. Cependant, l’abus des habitudes et des rituels la rend parfois monotone et sans couleurs. Il suffit de stimuler la créativité pour créer une équation équilibrée entre routine et création. Cela semble être la formule pour activer notre neuroplasticité cérébrale et avoir une vie plus saine.

Qu’est-ce que la routine ?

La routine, selon le dictionnaire, se définit comme “une habitude ou une coutume qui s’acquiert par la répétition d’une même activité ou d’une tâche”.

Ainsi, le développement d’une certaine routine conduit à une systématisation automatique d’une action ou d’un ensemble d’actions dans le temps. Cela implique alors que l’action soit effectuée sans aucun raisonnement ni conscience.

Une femme qui s'étire en se levant du lit.

La vie de tous les êtres humains est absolument routinisée. En effet, les développements de programmes de toute sorte fonctionnent comme des organisateurs d’étapes à suivre. Avec cela, certaines routines sont structurées afin d’atteindre des objectifs.

Nous pouvons observer ce phénomène dans les programmes de régimes pour perdre du poids, les routines systématisées dans les salles de sport pour la musculation, les programmes d’entraînement de running ou les programmes thérapeutiques pour les personnes dépendantes ou alcooliques.

Un programme détermine fondamentalement ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. En plus de posséder et d’indiquer un ensemble de limites : les actions à suivre, la séquence, les objectifs minimums, le but final, le contexte dans lequel se déroulent les actions, les participants ou le temps, parmi d’autres variables.

L’exercice répété d’un programme devient alors systématique dans la vie d’une personne. Il fait partie de sa routine quotidienne s’il faut l’appliquer tous les jours.

Le travail et la routinisation

L’un des domaines dans lesquels la routine est perçue comme la plus traître est la sphère professionnelle. Dans certaines machines de production de masse gérées par des hommes et des femmes, la routine correspond à une série de mouvements automatiques qui font perdre toute conscience.

Toutefois, ce type d’actions stéréotypées comporte des risques. Notamment avec des machines qui coupent, tordent, serrent et qui, en cas de distraction, peuvent blesser la personne qui occupe le poste et effectue les mouvements.

Les automatismes routiniers entraînent la perte de l’attention ainsi que la somnolenceIl faut savoir que le cerveau n’accumule pas de glucose, mais le consomme dans un pourcentage de 25 % des dépenses de l’organisme.

Il se peut donc qu’après une heure ou deux, il n’y ait plus de carburant, et que cela génère des symptômes d’hypoglycémie. Comme, par exemple, une perte de contrôle, d’attention, une somnolence, une distraction, etc. Le risque est alors important à ce moment !

La vie quotidienne est également constituée d’un enchaînement de routines qui nous organisent. Chaque jour, des millions de personnes se lèvent à une certaine heure (en fonction du début de la journée de travail), se douchent, se lavent les dents, s’habillent, déjeunent (pas toujours sainement), se rendent au travail (à pied, en train, en bus, moto, vélo ou voiture) et arrivent enfin à leur destination.

En plus de ce modèle basique de la routine, il existe un certain nombre de rituels qui viennent apporter quelques couleurs : je me sers un café que j’ai acheté au Starbucks au coin de la rue, je me passe le fil dentaire après avoir mangé des céréales, j’utilise un parfum en fonction de la journée, etc.

Le ritualisme de la routine

Le ritualisme est une partie importante de la routine. En effet, les rituels sont comme des organisateurs. Cependant, nous ne parlons pas de ritualisme qui se base sur la pensée magique, qui consiste à répéter une certaine action pour atteindre les résultats souhaités.

Par exemple, manger toujours la même chose lorsque mon équipe favorite joue, car “elle gagne à chaque fois” quand je mange le même plat.

Nous ne parlons pas non plus de ritualisme pathologique du trouble obsessionnel compulsif, où l’on marche toujours sur le même trottoir, ou l’on se lave les mains 18 fois exactement. Tous ces rituels sont ruminants, épuisants et n’ont pas grand chose à voir avec l’ordre et la routine.

Les rituels sains

Il existe des rituels sains qui font partie de la routine générale d’une personne. Par exemple la pratique d’un sport plusieurs fois à un certain moment de la semaine. Prendre une après-midi de libre pour couper le travail de la semaine. Ou s’autoriser un mercredi matin pour lire dans notre bar préféré.

Certains de ces rituels sains sont dispensés dans les séances de psychothérapie comme une prescription thérapeutique. L’idée est d’insérer la personne dans une habitude qui la déstresse, la connecte à sa santé. Ainsi qu’à une activité source de plaisir.

  • Si ce rituel parvient à être systématisé comme une habitude, un changement s’est produit chez la personne. Un changement qui entraînera, par l’effet domino, d’autres changements ou une modification plus importante. Les habitudes et les rituels sont donc les soldats qui encadrent la routine.

Néanmoins, il faut souligner que la routine n’a pas bonne figure. Il s’agit de l’un des états de l’homme les plus martelés, critiqués et disqualifiés de l’histoire. Elle est effectivement associée à une certaine rigidité, à l’ennui, à l’apathie et au spleen.

Par ailleurs, la routine est généralement considérée comme le contraire de la créativitéRaison pour laquelle les vacances sont la période où on laisse la routine de côté, et où l’on se projette dans d’autres activités qui ne peuvent être effectuées le reste de l’année.

Routinisation et routine ne sont pas la même chose

Un homme souriant à son bureau.

La routine nous indique qu’il n’est pas nécessaire d’inventer quoi que ce soit de nouveau. Si quelque chose fonctionne parfaitement dans le cadre d’une routine, pourquoi l’améliorer !

Parfois, nous essayons de perfectionner ou de modifier une chose qui va parfaitement bien. Il s’agit d’un mécanisme qui procure une certaine sécurité puisqu’il réduit les surprises et les imprévus.

Néanmoins, cela peut conduire à la routinisation, qui correspond à l’abus de la routine. Lorsqu’une personne se routinise, elle systématise sa vie de telle façon qu’elle met fin à la créativité. La ritualisation et la systématisation des habitudes à l’extrême, peut rendre l’existence ennuyeuse, monotone et terne.

Ce n’est donc pas la routine qu’il faut critiquer. Mais plutôt la routinisation. C’est ce que le Docteur Marcelo R. Ceberio appelle se routiniser, une attitude qui ampute la créativité, gâche le temps libre et peut conduire -comme l’observent les statistiques des grandes urbanisations- à la dépression, au stress et au suicide.

La routine peut être une grande alliée

Nous sommes conscients de la limite entre la bonne routine et son abus. Casser certaines habitudes peut stimuler l’originalité, modifier certaines étapes, éliminer la rigidité et imaginer de nouveaux programmes.

L’abus de la routine perpétue toujours les mêmes voies de réseaux neuroplastiques. Les activer implique de créer et d’avoir de nouvelles idées qui constituent de nouveaux chemins alternatifs. Enfin, lorsque nous cassons la routinisation, nous créons de nouveaux sentiers qui favorisent la créativité et, bien évidemment, une meilleure vie.

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