Identités de genre : combien y en a-t-il ?

Il existe plusieurs identités de genre. Nous vous en présentons ici 10.
Identités de genre : combien y en a-t-il ?

Dernière mise à jour : 09 août, 2022

L’être humain comprend mieux les idées et les concepts à travers des étiquettes. S’il est vrai que dans certains cas celles-ci peuvent être limitantes, dans d’autres elles sont très pratiques. Le meilleur exemple se trouve dans les identités de genre, qui se comptent par dizaines, et qui se sont popularisées ces dernières années.

Nous nous intéressons ici aux caractéristiques des identités de genre les plus courantes. Nous avons opté à chaque fois pour la définition générale, mais il est à noter qu’elles peuvent être nuancées.

La différence entre le genre et le sexe

Avant de passer en revue les identités de genre les plus utilisées, il faut d’abord clarifier la différence entre sexe et genre. Par sexe, on entend une série de traits physiques, biologiques, génétiques et hormonaux qui caractérisent une personne. Le genre est la façon dont une personne s’identifie sur le plan psychologique : une personne peut s’identifier psychologiquement loin de la division homme/femme.

Il est également pertinent de clarifier la différence entre identité de genre et expression de genre. Le premier terme fait référence à la perception personnelle que l’on a de son genre. Le second fait référence à la façon dont le genre se manifeste extérieurement dans la société.

Il est important de noter que les identités de genre ne sont pas liées à l’orientation sexuelle. Ce dernier terme est utilisé pour décrire l’attirance physique ou émotionnelle envers les membres du même sexe ou de sexe différent (hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, pansexualité et autres).



10 identités de genre

Le terme identité de genre a été inventée par le psychiatre américain Robert Stoller en 1964. Cette idée a muté au cours de l’histoire, au point qu’on a parlé de trouble de l’identité de genre ou de dysphorie de genre comme synonyme ou idée plus globale.

Ces derniers termes ne sont utilisés que dans la littérature médicale. Les membres de la communauté LGBT+ préfèrent le terme identité de genre. Puisqu’il existe des préjugés autour des différentes identités, en partie développés par l’ignorance, découvrez ci-dessous les plus courantes.

1. Cisgenre

Cisgenre est un terme utilisé pour décrire ceux dont l’identité de genre correspond au sexe qui leur a été assigné à la naissance. Une autre définition de cette étiquette est la correspondance qui existe entre l’identité de genre par rapport au phénotype sexuel. Le terme a été créé par le psychiatre allemand Volkmar Sigusch.

Comme nous l’avons expliqué, l’identité de genre n’est pas liée à l’orientation sexuelle. Ainsi, une personne gaie, lesbienne ou bisexuelle peut être cisgenre dans la mesure où son identité correspond au sexe assigné à la naissance. C’est-à-dire qu’elle s’identifie comme un homme ou une femme indépendamment de ses préférences sexuelles ou romantiques.

2. Transgenre

Le terme transgenre est l’inverse du précédent terme. Cis est un préfixe latin qui correspond à ce côté ou à ici. Trans se traduit par “de l’autre côté” ou “au-delà”. Par conséquent, un transgenre est quelqu’un qui ne s’identifie pas au sexe qui lui a été assigné à la naissance. Autrement dit, sin identité ne correspond pas à son phénotype sexuel.

Comme le cas précédent, cette identification n’est pas lié à l’orientation sexuelle. Un transgenre peut être hétérosexuel, bisexuel, homosexuel ou asexuel, et même se passer de ces étiquettes. Ceux qui ont fait la transition vers le sexe qui correspond à leur genre sont souvent appelés transsexuels, mais de nombreux membres de la communauté rejettent ce terme.

La transexualité.
Aujourd’hui, il existe de nombreuses méthodes permettant aux personnes transgenres de faire la transition en toute sécurité.

3. Intersexe

Le terme intersexe est très souvent confondu avec transgenre, et vice versa. Certains ne considèrent pas l’intersexe comme faisant partie des types d’identité de genre. Si nous laissons de côté les polémiques, un intersexuel est une personne dont les caractéristiques physiques, biologiques, hormonales ou génétiques l’empêchent d’être classée comme homme ou femme.

Ce n’est pas une condition unique : elle regroupe des dizaines de manifestations qui ont certaines caractéristiques en commun. Par exemple, certains individus sont nés avec des tissus ovariens et des tissus testiculaires. Les personnes intersexes peuvent donc avoir des organes génitaux ambigus.

4. Queer

Queer est un néologisme qui rassemble toutes les personnes qui ne se sentent pas identifiées avec les idées de la société concernant le genre et la sexualité. Sa définition a muté au cours de l’histoire, puisqu’à ses débuts il était utilisé de manière péjorative pour décrire les homosexuels.

Il est aujourd’hui associé à un engagement politique fort, ou du moins à un engagement qui cherche à changer les préceptes de la société. En tout cas, les personnes concernées ne se décrivent pas comme hommes ou femmes, ni comme une combinaison de ces deux genres.

5. Gender fluid 

Gender fluid est une autre identité de genre qui crée encore plus de confusion. Une personne gender fluid passent par des transitions temporaires, sporadiques ou permanentes à travers différents genres.

Le nombre de genres auxquels elle s’identifie varie selon les cas. Il est possible de s’en tenir au binaire masculin/féminin ou, au contraire, d’explorer d’autres possibilités. La transition peut se faire sans raison particulière ou au contraire en fonction des humeurs ou des interactions avec l’environnement.

6. Sans genre

Cette étiquette est devenue populaire ces dernières années. Elle désigne tous ceux qui ne s’identifient à aucun genre en particulier. Certains se définissent comme neutres, de genre blanc ou sans genre.

Encore une fois, ce terme n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle, et n’a donc rien à avoir avec l’asexualité. Comme nous l’avons déjà expliqué à plusieurs reprises, les identités de genre ne correspondent pas à l’attirance sexuelle. Existe-t-il des sans genres asexués ? Oui, bien sûr. Comme des binaires asexués et les transgenres asexués.

7. Bigenre

Ce terme est souvent confondu avec la bisexualité. Quelqu’un qui s’identifie comme bigorne est à l’aise à l’idée de passer d’un homme à une femme.

Il peut se se percevoir comme un homme, comme une femme ou les deux avec l’interdépendance du sexe assigné à la naissance. En d’autres termes, il a deux genres.

8. Intergenre ou intersexe

Très similaire au cas précédent, on retrouve l’étiquette intergenre. Les différences sont minimes mais suffisantes pour qu’ils soient des concepts distincts. Comme le terme l’indique, les personnes concernées ne se sentent ni hommes ni femmes, mais une facette intermédiaire entre les deux.

C’est-à-dire qu’elles peuvent manifester des comportements, des idées et des façons d’agir communément associés aux hommes et aux femmes, sans se sentir identifiées à un sexe en particulier.

9. Troisième genre

Le troisième genre est une étiquette aux significations multiples. Certains États l’incluent comme alternative légale lors de l’exécution d’une procédure judiciaire, d’autres l’utilisent pour inclure toutes les identités de genre. Il y a ceux qui l’utilisent pour décrire un état indéfini entre l’homme et la femme, mais aussi comme une catégorie éloignée de ces concepts.

Beaucoup préfèrent reprendre cette dernière définition. Bien qu’il s’agisse d’un concept devenu populaire ces derniers temps, des dizaines de civilisations à travers l’histoire ont reconnu un troisième genre indépendant de l’homme et de la femme.

Le troisième genre.
Nombreuses sont les personnes qui ne se sentent pas à l’aise avec l’identité sexuelle traditionnelle binaire, d’où l’apparition du troisième genre.

10. Pangender

Enfin, on retrouve ceux qui préfèrent l’étiquette de pangender. Le préfixe grec pan désigne un ensemble, un tout. Ainsi, ceux qui s’identifient de la sorte estiment que leur genre englobe tous les genres.

Et ce au sens strict du terme, puisque certains qui se définissent comme tels traversent des épisodes dans lesquels ils déambulent à travers des genres spécifiques. La plupart des personnes qui utilisent cette terminologie reprennent tout le spectre des genres et les assument dans leur vie.



Nous espérons que nos explications n’ont pas été déroutantes pour vous. La différence est souvent subtile, et l’absence de consensus dans la communauté n’aide pas à résoudre le problème. Nous pouvons donc toujours trouver des axes différenciateurs entre les différentes identités de genre.

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