Incontinence urinaire : causes et traitements

10 août 2019
L'incontinence urinaire est un problème qui concerne plus fréquemment les enfants, les personnes du troisième âge et les femmes. Nous vous invitons ici à découvrir quelles sont les causes de cette affection ainsi que les traitements possibles.

L’incontinence urinaire n’est pas une maladie en soi. Elle apparaît comme la conséquence d’altérations de base qui affectent la vessie. Le processus de remplissage et d’expulsion d’urine subit des altérations ; l’incontinence constitue le symptôme de ces altérations.

L’incontinence urinaire peut se définir comme une perte involontaire d’urine. Les personnes qui souffrent d’incontinence urinaire ne parviennent pas à contrôler la rétention d’urine ni à déterminer à quel moment elles doivent uriner. Conséquence de cela : des fuites d’urine se produisent à des moments inappropriés, c’est-à-dire non à la suite d’une décision volontaire.

Parfois, les fuites d’urine se produisent à cause d’un effort physique, comme un éternuement, par exemple. D’autres fois, la vessie est pleine et la quantité d’urine excède alors la limite.

L’incontinence urinaire ne constitue pas seulement un problème sanitaire d’un point de vue pathologique. Cette maladie affecte également la vie sociale des personnes qui en souffrent, car ces personnes ont alors peur que des fuites d’urine se produisent en présence d’autres personnes, à des moments inopportuns.

Les causes de l’incontinence urinaire transitoire

L’incontinence urinaire transitoire est celle qui ne se prolonge pas dans le temps. En général, elle est causée par des aliments, boissons ou médicaments qui stimulent la production d’urine. Une fois l’effet diurétique contrôlé, l’incontinence disparaît.

Ainsi, les sodas, l’alcool, les agrumes et certains médicaments pour soigner l’hypertension artérielle peuvent être à l’origine de l’incontinence urinaire transitoire.

Mais la consommation de certains produits alimentaires ou la prise de certains médicaments ne sont pas les seules causes…

  • Infections urinaires. L’irritation de la vessie peut être si intense qu’elle peut provoquer des fuites d’urine.
  • Constipation. L’intestin se trouvant proche de la vessie, il peut alors la stimuler lors de selles dures qui traversent le rectum.
  • Grossesse. Pendant la grossesse, aussi bien les changements hormonaux que l’agrandissement de l’utérus peuvent être à l’origine de l’hyperactivité vésicale.

Les causes de l’incontinence urinaire chronique

Une personne qui souffre d'incontinence urinaire

De la même façon, plusieurs causes peuvent être à l’origine de l’incontinence urinaire qui se prolonge dans le temps :

  • Le prolapsus : lorsque les muscles du périnée sont affaiblis, tel que cela peut être le cas chez une femme qui a vécu un accouchement compliqué ou qui a accouché plusieurs fois, la descente des organes pelviens peut être à l’origine de l’incontinence urinaire
  • L’âge : le vieillissement fragilise les muscles du corps, y compris ceux de la vessie. Par ailleurs, chez les femmes, la ménopause diminue la quantité d’œstrogènes et détériore les tissus du système urinaire
  • Les chirurgies gynécologiques : la vessie est un organe qui se tient en place grâce à la présence d’autres organes, notamment grâce à la présence de l’utérus. Lorsqu’une femme est soumise à une chirurgie dans cette zone, elle peut être amenée à souffrir d’incontinence urinaire
  • Les problèmes de prostate : chez les hommes, ce sont les problèmes de prostate qui sont le plus fréquemment à l’origine de l’incontinence urinaire. L’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) est l’un de ces problèmes. Le cancer de la prostate est un autre de ces problèmes
  • Les troubles neurologiques : certains troubles du système nerveux peuvent exercer une influence sur les nerfs qui innervent la vessie et qui commandent l’acte d’uriner. D’un point de vue clinique, on parle de vessie neurologique ou de neurovessie. Cette affectation peut constituer un symptôme de la maladie de Parkinson ou encore de la sclérose en plaques (SEP)
  • Les causes psychologiques : les états de stress ou l’impossibilité de résoudre des situations problématiques de la vie quotidienne peuvent se manifester cliniquement par de l’incontinence urinaire. L’énurésie chez les enfants de moins de six ans est un exemple de cela

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Le traitement non médicamenteux

Un enfant qui a fait pipi au lit et qui est concerné par l'incontinence urinaire

Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir recours à des médicaments pour soigner l’incontinence urinaire. L’une des principales recommandations consiste à réguler la consommation de liquides au cours de la journée.

Cela ne veut pas nécessairement dire que vous devez diminuer la quantité de liquides consommée, mais que vous devez améliorer la distribution au cours de la journée afin d’éviter la formation rapide de grandes quantités d’urine et les fuites d’urine involontaires.

L’idéal serait sans doute de diminuer la quantité de liquides consommée au fur et à mesure de la journée. Le matin est donc le moment de la journée où la consommation de liquides devrait être la plus importante.

En ce qui concerne les enfants qui souffrent d’énurésie, il est parfois préférable d’avancer l’heure du dîner pour que l’enfant ait plus de temps entre le repas et l’heure du coucher.

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Le traitement médicamenteux pour soigner l’incontinence urinaire

Malgré les mesures hygiéno-diététiques, il est parfois nécessaire d’avoir recours à un traitement médicamenteux pour résoudre le problème. C’est notamment le cas lorsque la cause à l’origine de ce symptôme est une maladie qui ne se soigne qu’avec la prise de médicaments.

Les médicaments utilisés ont alors pour objectif d’éviter la contraction involontaire de la vessie et de maintenir l’urètre fermé pendant que l’urine entre dans la vessie. Les anticholinergiques sont des substances adéquates pour cela : leur fonction est de réduire la capacité de contraction de la vessie.

L’anticholinergique le plus courant est l’oxybutynine. Néanmoins, ce médicament est contre-indiqué pour certaines personnes à cause de leurs effets secondaires. Les personnes qui souffrent de glaucome et d’arythmie cardiaque ne peuvent pas prendre de l’oxybutynine.

Chez les personnes qui peuvent consommer ce médicament, si les effets secondaires sont très intenses, elles doivent arrêter le traitement.

Lorsque les mesures hygiéno-diététiques ni le traitement médicamenteux donnent des résultats satisfaisants, la chirurgie est la dernière option.

 

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